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    Agrandissement d'un site d'enfouissement - Le BAPE rejette le projet d'EBI

    Plusieurs élus municipaux et leaders environnementaux de Lanaudière se demandaient hier si le ministre de l'Environnement, Thomas Mulcair, est en train de contourner le verdict du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) qui jugeait «inacceptable» et dangereux pour l'avenir de l'agriculture locale le projet de la société Dépôt Rive-Nord de porter de 9 à 30 millions de tonnes d'ici à 25 ans la capacité de son site d'enfouissement situé près de Berthierville.

    C'est aujourd'hui que les représentants des municipalités de Sainte-Geneviève-de-Berthier et de Lanoraie, deux municipalités opposées au projet, vont réagir officiellement aux conclusions du BAPE, rendues publiques vendredi dernier.

    Les commissaires du BAPE ont conclu que le projet de la société EBI et de sa filiale Dépôt Rive-Nord était «inacceptable» parce qu'il ne répondait à aucun des trois critères du développement durable, soit sur le plan social, économique et environnemental.

    Sur le plan social, les ententes du promoteur avec la MRC de Joliette et la municipalité de Saint-Thomas, qui prévoyaient des compensations financières en échange de leur appui en audiences, ont amené les commissaires à remettre en question ces pratiques et à noter que ces stratégies ont opposé entre elles les municipalités de la région, brisant un tissu social contrairement aux exigences d'acceptabilité du développement durable. La présence d'un aussi important site d'enfouissement dans la région a aussi été jugé contraire aux objectifs de recyclage de la politique nationale sur les déchets. Il faut dire que Montréal y enfouit une part importante de ses déchets.

    Mais c'est sur le plan environnemental, et en particulier sur la protection des ressources en eau, que les critiques ont été les plus dures. Pour les commissaires, ajouter 21,2 millions de mètres cubes aux 9 millions présents dans le vieux site «représenterait une menace grave pour la pérennité de la ressource en eau, autant en qualité qu'en quantité». Ni le ministère ni le promoteur, note le rapport du BAPE, ne sont présentement en mesure de déterminer l'importance de la contamination de la nappe d'eau souterraine, une menace pour l'agriculture locale.

    C'est d'ailleurs cette conclusion qui semble avoir incité le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), Thomas Mulcair, à diffuser vendredi dernier un communiqué qui a soulevé de vives inquiétudes localement. Ce communiqué précisait que le ministre «demande une étude indépendante sur la qualité des eaux souterraines et des eaux de surface de la rivière Saint-Joseph».

    Or c'est en mars dernier que le ministre a décidé de faire réaliser cette étude, soit dans le décret d'urgence autorisant EBI à ajouter 1,2 million de tonnes d'ici 2006 au vieux site d'enfouissement installé dans un lit sablonneux. Quelques mois plus tôt, les adversaires du projet révélaient que le site EBI posait des problèmes pour la nappe d'eau locale, et ce, par une analyse des prélèvements réalisés par le promoteur. Le ministre a alors ordonné à EBI de construire un mur souterrain de bentonite pour confiner les lixiviats du vieux site.

    Autant du côté des groupes environnementaux de Lanaudière que des deux municipalités, on ne comprenait pas hier pourquoi le ministre disait vouloir tenir compte de cette étude portant sur les impacts souterrains du vieux site dans sa décision sur le nouveau projet.

    «Ça n'a aucun rapport, et on va vous montrer pourquoi demain», expliquait le maire de Lanoraie, André Villeneuve.

    Du côté de Dépôt Rive-Nord, on a réagi dès la divulgation du rapport. Cette société s'est dite stupéfaite et outrée des conclusions du BAPE, qu'elle a qualifiées «d'allégations sans fondement qui ne tiennent pas compte des faits réels et de 400 pages d'expertise technique».












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