Changer le monde
David Anderson n'y croyait pas, mais le Sommet de Johannesburg a été un succès, dit-il
Le ministre canadien de l'Environnement, David Anderson, principal négociateur du Canada et porte-parole du JUSCANZ à la table des négociations, estime que le succès de Johannesburg est sans ambiguïté.
Mais au Canada comme ailleurs dans le monde, les avis sont partagés sur la question.
Le plan d'action adopté hier soir par la plénière du Sommet mondial sur le développement durable sera vraiment «bon», a ajouté le ministre, si évidemment la communauté internationale y donne suite, ce que David Anderson anticipe avec «optimisme».
Invité à dire ce que la communauté internationale dirait du Sommet de Johannesburg avec un recul de dix ans si on donnait suite à son plan d'action, David Anderson a déclaré: «Elle dirait probablement que le Sommet de Johannesburg est l'événement le plus important depuis la Deuxième Guerre mondiale si tout ce qu'il contient est réalisé. En effet, cela provoquerait un renversement de plusieurs tendances lourdes actuelles, qu'il s'agisse de la détérioration de l'environnement, de la pauvreté qui a continué de croître au cours des deux dernières décennies, des guerres qui se multiplient et de leurs impacts sur l'humanité. Je pense que si ce plan se réalise, nous nous retrouverons dans un monde différent.»
Le ministre a ajouté que le sommet est d'autant plus un «succès» que ses conférences préparatoires s'étaient avérées peu productives. Au point, a-t-il précisé, qu'il prévoyait presque un échec d'entrée de jeu. Mais la véritable appréciation qu'on pourra en faire, selon lui, dépendra de la force et de la qualité de sa mise en oeuvre, le but premier du sommet par rapport aux objectifs de Rio.
À Rio, a ajouté le ministre, «on parlait de grands rêves, de grands desseins, de l'avenir, d'une façon qui n'était pas réaliste. Ici, le défi a consisté à mettre au point des programmes réalistes pour provoquer de véritables changements dans le monde».
Le ministre délégué à l'Eau et à l'Environnement du Québec, Jean-François Simard, s'est voulu «plus nuancé» et a jugé les résultats du sommet en fonction de critères plus provinciaux, pourrait-on dire.
«Ce sommet a été très positif pour le Québec, a-t-il déclaré. Le Canada y a appuyé pratiquement le protocole de Kyoto, comme on le souhaite depuis longtemps, ainsi que la Russie et la Chine. En matière d'énergies renouvelables, le plan d'action englobe l'hydroélectricité dans les énergies renouvelables, un gain pour le Québec. Et la francophonie a été en bonne place: la diversité culturelle a finalement fait beaucoup de chemin dans les documents et nous avons pu faire valoir à plusieurs endroits la paix des Braves.» Il a ajouté, dans une optique plus globale, que le Sommet de Johannesburg «a évité à celui de Rio d'être transformé en accident de parcours» si on y avait pris une direction différente.
Au contraire, a dit le ministre, Rio n'a pas donné l'impression d'être dépassé: on y a réaffirmé ses principes fondamentaux et, en somme, relancé le projet de Rio. Par contre, a convenu Jean-François Simard, les grands objectifs opérationnels auraient pu, voire auraient dû être «resserrés» pour une plus grande imputabilité des gouvernements.
Environnement Jeunesse (Enjeu), le groupe environnemental du mouvement étudiant québécois, a déploré hier à Johannesburg «le manque de volonté politique commune» au sommet. Selon son président, Robert Ménard, on peut se demander «comment les États du monde vont relever les défis qui nous attendent alors que le plan d'action contient peu d'objectifs et d'échéanciers précis et que plusieurs échappatoires parsèment les textes par l'utilisation d'un langage faible comme "si nécessaire" ou "lorsque possible"».
Enjeu, comme les grands groupes internationaux, revient de Johannesburg avec la brûlure de l'échec des pourparlers sur les énergies renouvelables et en particulier celui de la proposition du Brésil de porter à 10 % sa part dans la consommation globale, hydroélectricité et biomasse exclues.
Mais au Canada comme ailleurs dans le monde, les avis sont partagés sur la question.
Le plan d'action adopté hier soir par la plénière du Sommet mondial sur le développement durable sera vraiment «bon», a ajouté le ministre, si évidemment la communauté internationale y donne suite, ce que David Anderson anticipe avec «optimisme».
Invité à dire ce que la communauté internationale dirait du Sommet de Johannesburg avec un recul de dix ans si on donnait suite à son plan d'action, David Anderson a déclaré: «Elle dirait probablement que le Sommet de Johannesburg est l'événement le plus important depuis la Deuxième Guerre mondiale si tout ce qu'il contient est réalisé. En effet, cela provoquerait un renversement de plusieurs tendances lourdes actuelles, qu'il s'agisse de la détérioration de l'environnement, de la pauvreté qui a continué de croître au cours des deux dernières décennies, des guerres qui se multiplient et de leurs impacts sur l'humanité. Je pense que si ce plan se réalise, nous nous retrouverons dans un monde différent.»
Le ministre a ajouté que le sommet est d'autant plus un «succès» que ses conférences préparatoires s'étaient avérées peu productives. Au point, a-t-il précisé, qu'il prévoyait presque un échec d'entrée de jeu. Mais la véritable appréciation qu'on pourra en faire, selon lui, dépendra de la force et de la qualité de sa mise en oeuvre, le but premier du sommet par rapport aux objectifs de Rio.
À Rio, a ajouté le ministre, «on parlait de grands rêves, de grands desseins, de l'avenir, d'une façon qui n'était pas réaliste. Ici, le défi a consisté à mettre au point des programmes réalistes pour provoquer de véritables changements dans le monde».
Le ministre délégué à l'Eau et à l'Environnement du Québec, Jean-François Simard, s'est voulu «plus nuancé» et a jugé les résultats du sommet en fonction de critères plus provinciaux, pourrait-on dire.
«Ce sommet a été très positif pour le Québec, a-t-il déclaré. Le Canada y a appuyé pratiquement le protocole de Kyoto, comme on le souhaite depuis longtemps, ainsi que la Russie et la Chine. En matière d'énergies renouvelables, le plan d'action englobe l'hydroélectricité dans les énergies renouvelables, un gain pour le Québec. Et la francophonie a été en bonne place: la diversité culturelle a finalement fait beaucoup de chemin dans les documents et nous avons pu faire valoir à plusieurs endroits la paix des Braves.» Il a ajouté, dans une optique plus globale, que le Sommet de Johannesburg «a évité à celui de Rio d'être transformé en accident de parcours» si on y avait pris une direction différente.
Au contraire, a dit le ministre, Rio n'a pas donné l'impression d'être dépassé: on y a réaffirmé ses principes fondamentaux et, en somme, relancé le projet de Rio. Par contre, a convenu Jean-François Simard, les grands objectifs opérationnels auraient pu, voire auraient dû être «resserrés» pour une plus grande imputabilité des gouvernements.
Environnement Jeunesse (Enjeu), le groupe environnemental du mouvement étudiant québécois, a déploré hier à Johannesburg «le manque de volonté politique commune» au sommet. Selon son président, Robert Ménard, on peut se demander «comment les États du monde vont relever les défis qui nous attendent alors que le plan d'action contient peu d'objectifs et d'échéanciers précis et que plusieurs échappatoires parsèment les textes par l'utilisation d'un langage faible comme "si nécessaire" ou "lorsque possible"».
Enjeu, comme les grands groupes internationaux, revient de Johannesburg avec la brûlure de l'échec des pourparlers sur les énergies renouvelables et en particulier celui de la proposition du Brésil de porter à 10 % sa part dans la consommation globale, hydroélectricité et biomasse exclues.
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