La Russie aussi ratifiera le protocole de Kyoto
Les États-Unis se trouvent ainsi isolés de la communauté internationale
Johannesburg — La Chine et la Russie ont annoncé hier au Sommet de Johannesburg sur le développement durable qu'ils vont adhérer au protocole de Kyoto, ce qui achève d'isoler d'une manière sans précédent dans un dossier à forte incidence économique les États-Unis et leur dernier allié industriel, l'Australie.
Si l'adhésion de la Chine, le deuxième producteur mondial de gaz à effet de serre, n'a pas d'effet juridique, la ratification éventuelle par la Russie, annoncée juste après la décision du premier ministre Jean Chrétien de présenter une motion en ce sens au Parlement avant la fin de l'année, pourrait enclencher la mise en oeuvre juridique du protocole, dix ans et quelques mois après l'adoption de la Convention de Rio sur les changements climatiques.
Pour entrer en vigueur, le protocole de Kyoto doit être signé par un certain nombre de pays de son Annexe 1, i.e. les pays industrialisés, en tant que premiers responsables de l'amplification de l'effet de serre, dont les émissions globales totalisent au moins 55 % du total du groupe. La Russie est du nombre des pays de l'Annexe 1, mais pas la Chine, qui fait partie du bloc des pays en voie de développement dont les réductions obligatoires ne devraient démarrer qu'autour de 2010. Ce principe, dit de la «responsabilité différenciée», a été adopté pour permettre aux pays en voie de développement de bénéficier d'un répit en matière de production énergétique malpropre afin de rattraper le niveau économique des pays riches.
D'après les spécialistes, la ratification par le Canada et la Russie permettrait de franchir le seuil des 55 % d'émissions au-delà desquels le protocole deviendra un traité liant juridiquement ses parties.
Mais il reste des incertitudes, tant au Canada qu'en Russie. Hier, le ministre de l'Environnement, David Anderson, ne cessait de dire, en entrevue, «si le Canada ratifie... » plutôt que «lorsque le Canada... ». Cela a suffi à relancer les conjectures. Certains évoquaient la possibilité d'un vote libre aux Communes, ce qui priverait cependant le Parti libéral du crédit politique de ce geste historique.
Du côté de la Russie, tout n'est pas acquis. Pour le premier ministre Mikhail Kasyanov, les étapes de la ratification dans son pays sont complexes, mais il estime pouvoir l'obtenir cette année. Quant au premier ministre chinois, Zhu Rongji, il a souhaité que «d'autres pays industrialisés» adhèrent aussitôt que possible au protocole, une allusion non voilée aux États-Unis, qui s'autorisent à aller en sens contraire de la communauté internationale malgré leur responsabilité de premier pollueur de la planète.
Si l'adhésion de la Chine, le deuxième producteur mondial de gaz à effet de serre, n'a pas d'effet juridique, la ratification éventuelle par la Russie, annoncée juste après la décision du premier ministre Jean Chrétien de présenter une motion en ce sens au Parlement avant la fin de l'année, pourrait enclencher la mise en oeuvre juridique du protocole, dix ans et quelques mois après l'adoption de la Convention de Rio sur les changements climatiques.
Pour entrer en vigueur, le protocole de Kyoto doit être signé par un certain nombre de pays de son Annexe 1, i.e. les pays industrialisés, en tant que premiers responsables de l'amplification de l'effet de serre, dont les émissions globales totalisent au moins 55 % du total du groupe. La Russie est du nombre des pays de l'Annexe 1, mais pas la Chine, qui fait partie du bloc des pays en voie de développement dont les réductions obligatoires ne devraient démarrer qu'autour de 2010. Ce principe, dit de la «responsabilité différenciée», a été adopté pour permettre aux pays en voie de développement de bénéficier d'un répit en matière de production énergétique malpropre afin de rattraper le niveau économique des pays riches.
D'après les spécialistes, la ratification par le Canada et la Russie permettrait de franchir le seuil des 55 % d'émissions au-delà desquels le protocole deviendra un traité liant juridiquement ses parties.
Mais il reste des incertitudes, tant au Canada qu'en Russie. Hier, le ministre de l'Environnement, David Anderson, ne cessait de dire, en entrevue, «si le Canada ratifie... » plutôt que «lorsque le Canada... ». Cela a suffi à relancer les conjectures. Certains évoquaient la possibilité d'un vote libre aux Communes, ce qui priverait cependant le Parti libéral du crédit politique de ce geste historique.
Du côté de la Russie, tout n'est pas acquis. Pour le premier ministre Mikhail Kasyanov, les étapes de la ratification dans son pays sont complexes, mais il estime pouvoir l'obtenir cette année. Quant au premier ministre chinois, Zhu Rongji, il a souhaité que «d'autres pays industrialisés» adhèrent aussitôt que possible au protocole, une allusion non voilée aux États-Unis, qui s'autorisent à aller en sens contraire de la communauté internationale malgré leur responsabilité de premier pollueur de la planète.
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