Savoir profiter de Kyoto
L'annonce faite par le premier ministre Jean Chrétien à propos de la décision de son gouvernement de présenter une résolution de ratification du protocole de Kyoto devant le Parlement avant la fin de la présente année est certes une excellente nouvelle pour l'environnement, mais c'est aussi une bonne orientation à donner à l'économie canadienne.
Il y a toujours au moins deux façons d'aborder les situations de crise: la première consiste à conclure que voilà la fin du monde, la fin d'une ère où tout allait pourtant si bien; la seconde, au contraire, veut que si crise il y a, c'est que le temps est venu de profiter de la situation pour faire un bond qualitatif vers un monde différent.
En matière d'environnement, les bouleversements climatiques des dernières années sont la preuve que le développement économique ne peut pas se poursuivre dans les mêmes termes que par le passé, notamment en ce qui a trait à la consommation d'énergie productrice de gaz à effet de serre (GES). Bien sûr, le même raisonnement vaut pour le développement humain, et c'est pourquoi les grands rendez-vous internationaux comme celui de Johannesburg sont essentiels, malgré la lourdeur et la lenteur à générer des résultats tangibles. L'humanité n'a pas été construite en une semaine de congrès, et il est normal qu'il faille persévérer si l'on veut réorienter le paquebot planétaire, ne serait-ce que d'un petit degré.
C'est pourquoi il faut applaudir à la décision du premier ministre Chrétien de ratifier un protocole auquel les négociateurs canadiens avaient donné leur accord en 1997. Jusqu'à la dernière minute, la plupart des observateurs s'attendaient à ce que le Canada reporte le plus loin possible le moment de se prononcer de façon définitive, influencé en cela par les Américains, qui refusent de façon radicale de ratifier le protocole. Ce sont certainement les pressions des Canadiens et d'un grand nombre de députés qui ont incité M. Chrétien à profiter de son passage à Johannesburg pour faire connaître sa position.
Cela étant, les jeux sont loin d'être faits. Au cours des prochains mois, Ottawa devra travailler à forger un consensus entre les provinces, dont l'Alberta, quant aux moyens à prendre pour réduire d'ici dix ans les émissions de GES de quelque 22 % par rapport à leur niveau actuel. Parce qu'elle est grande productrice de pétrole et de gaz, l'Alberta souhaite reporter de plusieurs années l'atteinte de l'objectif, une position qui reçoit l'appui des associations d'entreprises, qui parlent de quelque 40 milliards de dollars en coûts supplémentaires si la Canada ratifie le protocole.
Or d'autres études aussi crédibles avancent des données contraires. Comme toujours, les résultats dépendent directement des hypothèses de travail. Si les entreprises, les gouvernements et les particuliers profitent de la situation pour investir dans des modes de transport et de production industrielle modernes, moins destructeurs de l'environnement, l'adhésion à Kyoto peut être une occasion de faire d'une pierre deux coups: accroître les investissements et la croissance tout en améliorant la qualité de l'environnement. Qui, aujourd'hui, voudrait revenir 20 ans en arrière alors que les producteurs de pâte et papier étaient parmi les plus grands pollueurs de nos cours d'eau? Qui peut prétendre que les exigences posées à cette époque ont nui à l'économie et aux profits de l'industrie?
Ratifier Kyoto n'est pas un luxe ou une coquetterie de riche: c'est devenu une exigence dont il faut savoir profiter pour améliorer notre qualité de vie, sur le plan tant économique qu'environnemental.
Il y a toujours au moins deux façons d'aborder les situations de crise: la première consiste à conclure que voilà la fin du monde, la fin d'une ère où tout allait pourtant si bien; la seconde, au contraire, veut que si crise il y a, c'est que le temps est venu de profiter de la situation pour faire un bond qualitatif vers un monde différent.
En matière d'environnement, les bouleversements climatiques des dernières années sont la preuve que le développement économique ne peut pas se poursuivre dans les mêmes termes que par le passé, notamment en ce qui a trait à la consommation d'énergie productrice de gaz à effet de serre (GES). Bien sûr, le même raisonnement vaut pour le développement humain, et c'est pourquoi les grands rendez-vous internationaux comme celui de Johannesburg sont essentiels, malgré la lourdeur et la lenteur à générer des résultats tangibles. L'humanité n'a pas été construite en une semaine de congrès, et il est normal qu'il faille persévérer si l'on veut réorienter le paquebot planétaire, ne serait-ce que d'un petit degré.
C'est pourquoi il faut applaudir à la décision du premier ministre Chrétien de ratifier un protocole auquel les négociateurs canadiens avaient donné leur accord en 1997. Jusqu'à la dernière minute, la plupart des observateurs s'attendaient à ce que le Canada reporte le plus loin possible le moment de se prononcer de façon définitive, influencé en cela par les Américains, qui refusent de façon radicale de ratifier le protocole. Ce sont certainement les pressions des Canadiens et d'un grand nombre de députés qui ont incité M. Chrétien à profiter de son passage à Johannesburg pour faire connaître sa position.
Cela étant, les jeux sont loin d'être faits. Au cours des prochains mois, Ottawa devra travailler à forger un consensus entre les provinces, dont l'Alberta, quant aux moyens à prendre pour réduire d'ici dix ans les émissions de GES de quelque 22 % par rapport à leur niveau actuel. Parce qu'elle est grande productrice de pétrole et de gaz, l'Alberta souhaite reporter de plusieurs années l'atteinte de l'objectif, une position qui reçoit l'appui des associations d'entreprises, qui parlent de quelque 40 milliards de dollars en coûts supplémentaires si la Canada ratifie le protocole.
Or d'autres études aussi crédibles avancent des données contraires. Comme toujours, les résultats dépendent directement des hypothèses de travail. Si les entreprises, les gouvernements et les particuliers profitent de la situation pour investir dans des modes de transport et de production industrielle modernes, moins destructeurs de l'environnement, l'adhésion à Kyoto peut être une occasion de faire d'une pierre deux coups: accroître les investissements et la croissance tout en améliorant la qualité de l'environnement. Qui, aujourd'hui, voudrait revenir 20 ans en arrière alors que les producteurs de pâte et papier étaient parmi les plus grands pollueurs de nos cours d'eau? Qui peut prétendre que les exigences posées à cette époque ont nui à l'économie et aux profits de l'industrie?
Ratifier Kyoto n'est pas un luxe ou une coquetterie de riche: c'est devenu une exigence dont il faut savoir profiter pour améliorer notre qualité de vie, sur le plan tant économique qu'environnemental.
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