En marge du Sommet de Johannesburg - L'ombre du Zimbabwe plane sur l'Afrique du Sud
Johannesburg — Tandis qu'une bonne partie de la planète a le regard tourné vers le Sommet de Johannesburg, certains Sud-Africains n'ont de leur côté qu'une seule préoccupation: la situation au Zimbabwe.
Les descendants d'Européens, juifs et Indiens redoutent en effet la contagion dans leur pays de la réforme agraire accompagnée d'une expropriation des fermiers blancs, menée dans le pays voisin par le président Robert Mugabe.
«Ici ou là, chez nous, des fermes ont déjà brûlé et on assiste à un début d'exode des non-Africains», dit un officier de l'armée de l'air qui souhaite conserver l'anonymat.
Tout en conduisant un minibus sur une route de Johannesburg, il monte le son de la radio de bord, où le premier ministre britannique Tony Blair tient, sur une station locale, des propos extrêmement durs contre le président Mugabe. «Vous devriez rester plus longtemps pour comprendre ce qui se passe, nous risquons d'aller vers le chaos», commente le militaire.
Comme d'autres cadres de l'armée de l'air, il a loué ses services à une délégation au Sommet de la Terre afin d'arrondir ses fins de mois. Lui-même fait office de chauffeur, mais d'autres soldats assurent la protection rapprochée de congressistes.
Changement de régime
La location de deux voitures de protection avec quatre hommes en armes — dans un pays où quatre millions de personnes possèdent un port d'arme — coûte environ 800 euros par jour.
L'officier décrit un pays en crise, déclin qu'il attribue au changement de régime qui a mis fin à l'apartheid il y a dix ans.
Il affirme que les Blancs n'ont plus le pouvoir dans l'armée et la police, où le gouvernement fait tout pour les inciter à partir en bloquant leurs promotions, et que la violence endémique a atteint l'un des taux les plus élevés du monde.
«Il y a plus de 200 000 viols par an, par exemple. Il y a peu, on dénombrait un policier tué par jour, mais ça s'est amélioré: à présent, c'est un tous les trois jours», dit-il, l'air résigné.
Quand, de l'aéroport militaire de Waterkloof, on prend la route de Johannesburg ou de Pretoria, distante de 65 kilomètres, l'impression est plutôt celle d'un pays riche, moderne et tranquille.
Si ce n'était la terre rouge d'Afrique et les barbelés qui protègent l'accès de nombreux bâtiments, tout évoque plutôt Los Angeles ou Francfort que Yaoundé ou même Abuja, la capitale du Nigeria.
Toutefois, la démographie de la capitale économique et financière du pays a changé depuis le changement de régime.
Les Noirs, qui étaient autrefois tenus à l'écart dans les immenses bidonvilles ceinturant la ville, sont venus vivre dans le centre-ville et les Blancs sont partis dans des ghettos superprotégés, avant les townships ou au delà, dans la lointaine périphérie.
Quelques-uns ont déjà quitté le pays, mais d'autres songent à en faire autant.
«Officiellement, 4000 familles sont parties, mais le chiffre réel est bien supérieur. Beaucoup n'annoncent pas leur départ et conservent une maison en Afrique du Sud», explique Jean-Marie Lebon, attaché à l'ambassade de France.
Les descendants d'Européens, juifs et Indiens redoutent en effet la contagion dans leur pays de la réforme agraire accompagnée d'une expropriation des fermiers blancs, menée dans le pays voisin par le président Robert Mugabe.
«Ici ou là, chez nous, des fermes ont déjà brûlé et on assiste à un début d'exode des non-Africains», dit un officier de l'armée de l'air qui souhaite conserver l'anonymat.
Tout en conduisant un minibus sur une route de Johannesburg, il monte le son de la radio de bord, où le premier ministre britannique Tony Blair tient, sur une station locale, des propos extrêmement durs contre le président Mugabe. «Vous devriez rester plus longtemps pour comprendre ce qui se passe, nous risquons d'aller vers le chaos», commente le militaire.
Comme d'autres cadres de l'armée de l'air, il a loué ses services à une délégation au Sommet de la Terre afin d'arrondir ses fins de mois. Lui-même fait office de chauffeur, mais d'autres soldats assurent la protection rapprochée de congressistes.
Changement de régime
La location de deux voitures de protection avec quatre hommes en armes — dans un pays où quatre millions de personnes possèdent un port d'arme — coûte environ 800 euros par jour.
L'officier décrit un pays en crise, déclin qu'il attribue au changement de régime qui a mis fin à l'apartheid il y a dix ans.
Il affirme que les Blancs n'ont plus le pouvoir dans l'armée et la police, où le gouvernement fait tout pour les inciter à partir en bloquant leurs promotions, et que la violence endémique a atteint l'un des taux les plus élevés du monde.
«Il y a plus de 200 000 viols par an, par exemple. Il y a peu, on dénombrait un policier tué par jour, mais ça s'est amélioré: à présent, c'est un tous les trois jours», dit-il, l'air résigné.
Quand, de l'aéroport militaire de Waterkloof, on prend la route de Johannesburg ou de Pretoria, distante de 65 kilomètres, l'impression est plutôt celle d'un pays riche, moderne et tranquille.
Si ce n'était la terre rouge d'Afrique et les barbelés qui protègent l'accès de nombreux bâtiments, tout évoque plutôt Los Angeles ou Francfort que Yaoundé ou même Abuja, la capitale du Nigeria.
Toutefois, la démographie de la capitale économique et financière du pays a changé depuis le changement de régime.
Les Noirs, qui étaient autrefois tenus à l'écart dans les immenses bidonvilles ceinturant la ville, sont venus vivre dans le centre-ville et les Blancs sont partis dans des ghettos superprotégés, avant les townships ou au delà, dans la lointaine périphérie.
Quelques-uns ont déjà quitté le pays, mais d'autres songent à en faire autant.
«Officiellement, 4000 familles sont parties, mais le chiffre réel est bien supérieur. Beaucoup n'annoncent pas leur départ et conservent une maison en Afrique du Sud», explique Jean-Marie Lebon, attaché à l'ambassade de France.
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