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Les CRE demandent à Québec de résister aux pressions des industriels forestiers

Québec ne doit pas céder au «terrorisme économique» que pratiquent présentement certaines multinationales de la forêt pour tenter de faire reculer le gouvernement, qui a décidé de réduire de 20 % le potentiel officiel des forêts régionales en résineux d'ici à ce qu'une meilleure évaluation de la productivité des forêts en assure la pérennité.

C'est ce qu'a réclamé hier le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement (RNCRE), lequel a accordé hier un appui public au gouvernement Charest et au ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil, dans leurs efforts pour appliquer les recommandations de la commission Coulombe.

La réduction de 20 % du potentiel forestier, par une loi récente et à la suite des recommandations de la commission, n'implique pas toutefois que les allocations de bois aux industriels vont fondre dans une proportion aussi importante. Généralement, on parle d'une réduction d'environ 10 % de la véritable récolte.

Selon le président du RNCRE, Guy Lessard, le fait que l'opposition la plus virulente à la réforme forestière se concentre dans une ou deux régions chauffées à blanc par certains industriels et leurs ténors de service confirme qu'une vision renouvelée du dossier permet d'envisager et d'appliquer des solutions viables, ce qui se produit dans d'autres régions.

Mais présentement, explique Guy Lessard, plusieurs grandes entreprises attribuent faussement à la commission Coulombe et à la réduction du «calcul de la possibilité forestière» les rationalisations causées par leur endettement ou les difficultés qu'ils rencontrent à faire face aux contractions de leur marché ou à leurs concurrents. Les pertes d'emplois qu'ils brandissent, ajoute-t-il, non seulement «sont généralement attribuables à d'autres facteurs que l'application du principe de précaution à la forêt québécoise, mais pourraient être évitées dans bien des cas».

Il en donne pour exemple le fait que la forêt privée pourrait trouver profit à court terme en prenant le relais du secteur public. Guy Garant craint même qu'on exagère dans le secteur forestier privé au point d'y transférer, faute de règles précises, certaines pratiques abusives qui avaient cours dans le territoire public. C'est pourquoi, ajoute-t-il, il faut rapidement que Québec mette en place des règles d'exploitation et de gestion, «minimales et qui s'appliqueraient partout». Des règles s'imposent dans la forêt privée, dit-il, laquelle «ne doit pas être perçue strictement comme une réserve privée de bois à valeur marchande, mais aussi comme un patrimoine» qui commande des régions une attitude de fiduciaires responsables.

Dans certaines régions comme la Côte-Nord ou la Gaspésie, où l'on n'assiste pas aux débordements propres au Lac-Saint-Jean, par exemple, des exploitants forestiers veulent raffiner l'exploitation forestière en ramassant les têtes d'arbres pour en faire des copeaux, ce qui était tout simplement gaspillé jusqu'à présent. C'est dans ce sens, explique Guy Garand, ou c'est à des expériences de ce genre que Québec doit accorder une aide financière aux régions qui voudront développer de nouvelles pratiques pour rendre la «nécessaire» transition possible.

«Si on récoltait, dit-il, seulement 50 % de ce qu'on gaspille présentement, on réduirait sensiblement le problème d'ajustement ou de transition au nouveau système.»

Les Conseils régionaux de l'environnement, conclut leur président, estiment incontournable la refonte du calcul de la possibilité forestière, malgré les difficultés que suscite l'opération en régions, si on veut sauver cette industrie et ceux qui en dépendent à long terme en leur évitant un effondrement d'un capital que le pillage des dernières années était en train de compromettre.
 
 
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