samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 00h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Accord sur l'élimination virtuelle de la totalité des toxiques d'ici 2020

Deux accords importants ont été conclus hier au Sommet de Johannesburg, l'un pour éliminer d'ici 2020 les produits chimiques toxiques des milieux naturels de façon à ce que leurs effets toxiques dans l'eau et l'air deviennent sans effet sur la santé humaine et les espèces vivantes, alors que l'autre fixait à 2015 la date limite pour restaurer les stocks de poissons en déclin.

L'accord sur l'élimination virtuelle de la totalité des toxiques est l'un des premiers vraiment importants qu'ait produits le Sommet de Johannesburg, un sommet auquel l'ONU assigne comme objectif principal de définir dans plusieurs domaines des objectifs opérationnels et des échéanciers qui permettront de mesurer sans complaisance, ni faux-fuyants, la performance environnementale des différents gouvernements.

Cet accord a été présenté comme un déblocage majeur dans un contexte où plusieurs gouvernements, en particulier ceux du JUSCANZ (Japon, États-Unis, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande), ont plutôt tendance à dire que la bonne gestion environnementale est d'abord une question de flexibilité et qu'il est imprudent d'assujettir des politiques à des échéanciers aussi précis... L'Europe, qui se situe pourtant au même niveau technologique, est d'accord pour fixer de tels objectifs et échéanciers, une question de responsabilité et de crédibilité, font valoir ses porte-parole.

Il en est de même de l'accord intervenu sur la restauration des pêcheries, qui touche beaucoup le Canada, un des plus grands fiduciaires du patrimoine marin de la planète. L'entente intervenue se double d'une invitation à joindre la Convention sur les lois de la mer et les autres conventions sur la sécurité maritime, la pollution maritime et les dégâts causés par les navires.

Des progrès ont par ailleurs été enregistrés hier sur plusieurs questions importantes, y compris dans l'épineux dossier de la globalisation des marchés, dont les textes sont à 95 % l'objet d'accord de principe, du moins au niveau des «groupes de contacts».

Ces groupes informels constituent en réalité le coeur des unités de négociation du processus informel dit «de Vienne». C'est ce processus informel, qui réunit les pays intéressés autour d'une même table, qui élabore les projets de textes, soumis ensuite à une assemblée plus large qui fonctionne par consensus. Lorsque cette deuxième étape est franchie, le texte passe au niveau formel des comités de la grande plénière où «rien n'est définitif tant que l'ensemble ne fait pas l'objet d'un accord global», précisait un négociateur hier.

Selon la dernière version obtenue par Le Devoir des ententes conclues dans le dossier de la globalisation, les États-Unis et le Canada demandent que les exigences et les programmes environnementaux puissent être renforcés, mais «d'une manière compatible [consistent, en anglais] avec les droits et obligations» définis par l'Organisation mondiale du commerce (OMC). L'Europe pousse de son côté pour que l'on réduise à la fois les pratiques commerciales déloyales ainsi que celles qui seraient dommageables à l'environnement, ce qui placerait les normes environnementales sur un pied d'égalité avec les règles du commerce. D'autre part, les négociateurs des deux camps se penchaient hier soir sur un nouvel article 20 visant à «reconnaître l'importance de maintenir à la fois les deux ensembles de règles» (environnementales et commerciales), ce qui placerait pour la première fois les normes environnementales au niveau des règles de libre-échange, du moins dans les règles d'interprétation en cas de conflit, puisque l'éventuelle Déclaration de Johannesburg n'a pas valeur de traité contraignant. Il n'y avait cependant pas d'accord sur cette dernière proposition formellement à l'étude.

De plus, le projet d'entente sur la globalisation en fournit une définition qui reconnaîtrait par ailleurs qu'une «plus grande intégration des économies et des sociétés peut susciter de l'instabilité dans les relations internationales, sur les plans économique et financier, que cela peut avoir des effets négatifs sur le plan environnemental, des impacts sociaux et une perte de diversité culturelle». Cette reconnaissance, qui obligerait l'OMC à atténuer ces impacts dans ses décisions, demeure l'objet de négociations et le texte pourrait bien rester à l'agenda des négociateurs jusqu'à la fin. Il en est de même de l'application du principe de précaution, reconnu par la Déclaration de Rio, que plusieurs pays industrialisés veulent biffer du projet de Déclaration sur la globalisation parce qu'il pourrait constituer une entrave à plusieurs projets de multinationales, par exemple, dans les domaines agricole, minier, industriel, etc.

Sur la question de la bonne gestion, que les pays industrialisés veulent exiger en échange de leur aide financière, les État-Unis et le G77 sont venus très près d'un accord hier. Mais le dossier des énergies renouvelables faisait l'objet d'un blocage total et divisait profondément les pays du G77 (en voie de développement) et de l'OPEP.

La proposition du Brésil de hausser à 10 % la part des énergies renouvelables nouvelles (sans la biomasse et l'hydroélectricité) a été publiquement appuyée hier par le Venezuela, le Mexique et la Norvège, trois membres de l'OPEP qui assistait, abasourdie, à cet effritement du front uni qu'elle opposait jusqu'ici à tout ce qui pouvait réduire ses parts du marché de l'énergie. La position de la Norvège, qui accepte de sortir l'hydroélectricité du groupe des énergies renouvelables à développer prioritairement, est probablement avec le Québec le seul pays à produire 90 % de son électricité avec l'eau. La Norvège ne dit pas que l'hydroélectricité est une mauvaise filière: elle estime cependant que les énergies renouvelables «nouvelles», comme le solaire et l'éolien, sont «nettement meilleures».

Quant aux États-Unis, toujours réfractaires comme le Canada à atteindre un pourcentage précis d'énergie nouvelle d'ici 2010, ils ont dû accuser le coup hier alors que plusieurs sénateurs américains présents au Sommet ont réaffirmé la nécessité de replacer les politiques américaines sous le signe du développement durable.

«En tant que nation la plus riche du globe et en tant que premier pollueur mondial, les États-Unis doivent saisir cette occasion très spéciale et se faire une obligation de régler leur part du problème des gaz à effet de serre. Si nous devons ne pas ratifier le protocole de Kyoto, nous avons toutefois l'obligation de proposer une solution équivalente», a déclaré Earl Blumenauer, de l'Oregon. Son collègue George Miller, de la Californie, a demandé à l'administration Bush d'appuyer la proposition du Brésil d'atteindre les 10 % d'énergies renouvelables nouvelles d'ici 2010. Le sénateur pense que la chose est d'autant plus possible que le Congrès étudie présentement un projet de loi qui créerait un fonds de 50 milliards pour développer aux États-Unis l'énergie solaire, un programme qui se financerait par l'abolition progressive des subsides directs et indirects au pétrole et aux combustibles fossiles.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012