Stratégies pour un 22 avril
La chose est connue: le Canada est l'un des signataires du protocole de Kyoto, cette entente internationale qui a pour objet d'instaurer une politique active de protection de l'environnement planétaire. Pour atteindre les objectifs fixés sur une base internationale, le gouvernement actuellement en place a dévoilé sa stratégie: à l'exemple de son grand frère américain, tout se fera sur une base volontaire.
Ici aussi donc, des programmes qui s'inspirent du Clean Air Act de l'ami Bush, à savoir que des entreprises se déclarent volontaires pour assurer une réduction de leurs diverses émissions polluantes, le tout sans pénalisation pour toutes les autres qui se contenteront de laisser les choses dans l'état où elles se trouvent, et ce, tout en oubliant les dégradations subies au cours de toutes ces années où le mouvement écologique dénonçait une situation déjà inacceptable.
Il suffit pour comprendre ce qui se passe de relire, dans Le Devoir, l'article de samedi dernier d'un Louis-Gilles Francoeur et d'ainsi constater la «démission» de l'État. Dans un monde néolibéral, il faut donc souscrire au credo entrepreneurial, à savoir que la recherche de profits ne peut être que bénéfique à tous. (Là-dessus, on démontrera la valeur de ce modèle en s'appuyant sur un autre secteur, celui des arts, où les financiers avancent par centaines les millions et permettent ainsi la rénovation et l'entretien des institutions remarquables que sont le Museum of Modern Art ou le Metropolitan de New York.)
Divergences
Tous les grands coups d'éclat ne justifieront toutefois jamais l'immobilisme et, avant de critiquer ce qui se passe ailleurs, il faut oser regarder dans sa propre cour. Un exemple, à ce sujet, peut être ainsi lourd d'enseignement.
La dernière campagne électorale fédérale a donné lieu à des promesses d'investissement dans le secteur des infrastructures municipales: des rêves pourraient ainsi devenir réalité. Dans le domaine des transports, la Communauté métropolitaine de Montréal, par la voix de son président qui est aussi maire de la métropole québécoise, dépose donc un programme d'actions visant à assurer un service de transport public dans toute la région. Pendant ce temps, sur la colline parlementaire, des déclarations d'une autre nature se font: on y propose de nouvelles autoroutes, parachevant les 30 et 25 existantes, et ce, à coups de milliards.
On le voit: deux visions s'affrontent. Il faudrait, se fait-on dire, soutenir les activités de camionnage: la santé de l'économie en dépend et il n'est pas question de modifier les façons maintenant usuelles adoptées par les entreprises. De plus, l'agrandissement du réseau routier a aussi l'avantage de contenter une base électorale ayant pour principe premier que la vie en banlieue est possible uniquement dans la mesure où l'automobile est la reine du paysage.
Au même moment, il s'en trouve pour affirmer que la qualité de vie peut être obtenue tout en respectant l'environnement, grâce à la mise en place d'un réseau efficace de dessertes par autobus ou voies ferroviaires, appuyé par un service de métro amélioré. Qui sera vainqueur dans ce débat, les environnementalistes métropolitains ou les tenants libéraux de la roue libre?
Jour de grâce
Après-demain, vendredi, une journée est offerte en espace pour la réflexion. Depuis 35 ans, un «Jour de la Terre» est devenu réalité. Le Québec, tout comme le Canada, y souscrit. Cette année, une thématique revient, celle qui veut que l'on «réinvente la roue», non pas pour que l'on gaspille encore plus vite les ressources, mais plutôt que l'on ralentisse cette course du temps, dans un monde où le besoin de produire ne peut souffrir aucun retard.
Le 22 avril se veut donc un jour de réflexion sur l'avenir collectif. Est-il toujours possible de croire que la planète Terre a suffisamment de ressources pour survivre, elle, à toutes les dégradations que son espèce principale, l'humaine, lui impose? Doit-on, au contraire, se dire que, si rien n'est fait, c'est la voie du non-retour, où les lacs meurent, les fleuves se rétrécissent, les arbres tombent, et où l'air vicié est devenu la norme?
Aux citoyens de répondre. Par des actions isolées. Par des soutiens affichés aux politiques de conservation de la nature. Ou tout simplement en opérant une halte pour regarder l'état du monde qui nous entoure.
Ici aussi donc, des programmes qui s'inspirent du Clean Air Act de l'ami Bush, à savoir que des entreprises se déclarent volontaires pour assurer une réduction de leurs diverses émissions polluantes, le tout sans pénalisation pour toutes les autres qui se contenteront de laisser les choses dans l'état où elles se trouvent, et ce, tout en oubliant les dégradations subies au cours de toutes ces années où le mouvement écologique dénonçait une situation déjà inacceptable.
Il suffit pour comprendre ce qui se passe de relire, dans Le Devoir, l'article de samedi dernier d'un Louis-Gilles Francoeur et d'ainsi constater la «démission» de l'État. Dans un monde néolibéral, il faut donc souscrire au credo entrepreneurial, à savoir que la recherche de profits ne peut être que bénéfique à tous. (Là-dessus, on démontrera la valeur de ce modèle en s'appuyant sur un autre secteur, celui des arts, où les financiers avancent par centaines les millions et permettent ainsi la rénovation et l'entretien des institutions remarquables que sont le Museum of Modern Art ou le Metropolitan de New York.)
Divergences
Tous les grands coups d'éclat ne justifieront toutefois jamais l'immobilisme et, avant de critiquer ce qui se passe ailleurs, il faut oser regarder dans sa propre cour. Un exemple, à ce sujet, peut être ainsi lourd d'enseignement.
La dernière campagne électorale fédérale a donné lieu à des promesses d'investissement dans le secteur des infrastructures municipales: des rêves pourraient ainsi devenir réalité. Dans le domaine des transports, la Communauté métropolitaine de Montréal, par la voix de son président qui est aussi maire de la métropole québécoise, dépose donc un programme d'actions visant à assurer un service de transport public dans toute la région. Pendant ce temps, sur la colline parlementaire, des déclarations d'une autre nature se font: on y propose de nouvelles autoroutes, parachevant les 30 et 25 existantes, et ce, à coups de milliards.
On le voit: deux visions s'affrontent. Il faudrait, se fait-on dire, soutenir les activités de camionnage: la santé de l'économie en dépend et il n'est pas question de modifier les façons maintenant usuelles adoptées par les entreprises. De plus, l'agrandissement du réseau routier a aussi l'avantage de contenter une base électorale ayant pour principe premier que la vie en banlieue est possible uniquement dans la mesure où l'automobile est la reine du paysage.
Au même moment, il s'en trouve pour affirmer que la qualité de vie peut être obtenue tout en respectant l'environnement, grâce à la mise en place d'un réseau efficace de dessertes par autobus ou voies ferroviaires, appuyé par un service de métro amélioré. Qui sera vainqueur dans ce débat, les environnementalistes métropolitains ou les tenants libéraux de la roue libre?
Jour de grâce
Après-demain, vendredi, une journée est offerte en espace pour la réflexion. Depuis 35 ans, un «Jour de la Terre» est devenu réalité. Le Québec, tout comme le Canada, y souscrit. Cette année, une thématique revient, celle qui veut que l'on «réinvente la roue», non pas pour que l'on gaspille encore plus vite les ressources, mais plutôt que l'on ralentisse cette course du temps, dans un monde où le besoin de produire ne peut souffrir aucun retard.
Le 22 avril se veut donc un jour de réflexion sur l'avenir collectif. Est-il toujours possible de croire que la planète Terre a suffisamment de ressources pour survivre, elle, à toutes les dégradations que son espèce principale, l'humaine, lui impose? Doit-on, au contraire, se dire que, si rien n'est fait, c'est la voie du non-retour, où les lacs meurent, les fleuves se rétrécissent, les arbres tombent, et où l'air vicié est devenu la norme?
Aux citoyens de répondre. Par des actions isolées. Par des soutiens affichés aux politiques de conservation de la nature. Ou tout simplement en opérant une halte pour regarder l'état du monde qui nous entoure.
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