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Collecte sélective - Québec vient au secours de Montréal

L'appel a été entendu. La Ville de Montréal vient d'être exemptée jusqu'au 28 mars prochain de l'obligation de demander des soumissions pour les contrats de collecte sélective, dont plusieurs arrivent à échéance dans plusieurs arrondissements à la fin du mois d'août. Ainsi en a décidé le ministère des Affaires municipales en réponse à la requête de l'administration Tremblay, visiblement déstabilisée depuis plusieurs semaines par l'explosion annoncée du coût du ramassage des matières recyclables.

Cette bouffée d'air était espérée par la Ville tout comme par les arrondissements de l'ancien Montréal qui, au début du mois d'août, ont été surpris par le montant des soumissions présentées par les entreprises spécialisées dans la collecte sélective. Les chiffres, rendus publics hier sous le regard protecteur d'un Jésus en croix accroché au mur de la salle Peter McGill de l'hôtel de ville par Alan DeSousa, responsable du développement durable au comité exécutif de la Ville de Montréal, sont en effet sans équivoque.

Dans les arrondissements Ville-Marie, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et Plateau Mont-Royal, le coût de la collecte aurait dû augmenter, sur la base des nouvelles soumissions, de 75 à... 229,1 %. Une augmentation imputable entre autres, selon les soumissionnaires, à l'augmentation du prix de l'essence, mais aussi à une nouvelle réglementation de la Commission de la santé et sécurité au travail (CSST) qui, en modifiant les façons de faire pour le bien-être des employés, engendre du même coup une hausse des coûts de fonctionnement.

À point

La dérogation temporaire à la procédure habituelle d'appel d'offres arrive donc à point. «Car elle va nous permettre de prendre le temps nécessaire afin de trouver des solutions pour poursuivre le programme de collecte sélective à des coûts raisonnables pour les citoyens», a indiqué M. DeSousa.

Et les solutions sont nombreuses sur les planches à dessin, a assuré hier Yves Provost, directeur adjoint au Service de l'environnement, voirie et réseaux. «Nous pourrions par exemple envisager des modifications dans les modalités de paiement, au tonnage de matière recyclable plutôt qu'à la porte comme c'est le cas en ce moment, dit-il. Les jours de collecte et les lieux de collecte pourraient aussi être réorganisés afin de limiter les coûts de fonctionnement.»

Les traditionnels bacs verts risquent-ils également d'être mis au rancart au profit du sac de recyclage ou du sac d'épicerie, comme le préconisait dans nos pages cette semaine Écosyst'aime urbain? «Pas vraiment, poursuit le fonctionnaire. Ce qui nous préoccupe en ce moment, c'est de revoir nos façons de gérer. Le service donné aux citoyens, lui, devrait rester le même. D'autant que le sac de recyclage engendre beaucoup trop de rejets de matières recyclables souillées par des matières organiques.»

Les nouvelles règles — temporaires — du jeu dans l'univers du recyclage ont été accueillies froidement par l'industrie du recyclage. Cinq entreprises, sur l'île de Montréal, se partagent à ce jour 14 contrats de collecte. Parmi elles, Rebuts solides canadiens reconnaît que la situation actuelle lui occasionne des préjudices mais entend toutefois «collaborer avec la Ville de Montréal afin de trouver une solution satisfaisante pour toutes les parties», dixit son communiqué de presse laconique.

Une collaboration nécessaire. Car d'ici mars 2003, la Ville a désormais le droit de prolonger, de modifier ou de conclure de nouveaux contrats de gré à gré avec les entreprises de collecte. À des tarifs inférieurs à ceux présentés dans les dernières soumissions? «Il serait naïf de le croire, commente Yvon Le Duc, président de l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Les deux principales compagnies responsables de 90 % de la collecte sélective à Montréal, Colsel Transit et Matrec, vont-elles revoir à la baisse les chiffres qu'elles ont soumis il y a quelques semaines à peine?» La question est posée.
 
 
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