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Bond de 19 % de la production porcine en 18 mois

La production porcine au Québec aurait augmenté de 19 % en un an et demi, selon l'Union paysanne (UP), qui dit détenir ces chiffres du ministère des Affaires municipales.

Selon l'Union, le nombre de porcs élevés au Québec aurait augmenté de 1,3 million en 18 mois et non pas d'environ 100 000 par année comme l'a prétendu l'Union des producteurs agricoles (UPA) au moment de la sortie de Bacon, le film.


Au ministère québécois de l'Environnement, on notait que les derniers chiffres connus couvraient la période 1996-2000 au cours de laquelle la production porcine avait augmenté de 17 %.


Les quelque 150 demandes d'agrandissement ou pour de nouvelles porcheries, actuellement pendantes en raison du moratoire d'un mois décrété par Québec, pourraient, à elles seules, hausser d'encore 425 000 porcs l'augmentation dont fait état l'Union paysanne.


Pour le président de l'Union paysanne, Roméo Bouchard, le Québec compte déjà une moyenne de 1,8 porc par habitant, ce qui est cinq fois plus élevé, dit-il, que la moyenne aux États-Unis, où elle se situe à un porc pour 2,8 personnes.


Pour l'Union paysanne, les projets de réforme du ministre de l'Environnement, André Boisclair, ne vont rien donner parce qu'ils ne visent pas, fondamentalement, à réduire la production porcine à une moyenne d'un porc par humain, ce qu'il qualifie de «norme» scientifique généralement utilisée comme barème en Europe.


Les négociations qui vont se dérouler pendant le moratoire d'un mois décrété par Québec ont peu de chances, ajoute Roméo Bouchard, de régler quoi que ce soit parce qu'elles reproduisent avec des variantes les mêmes solutions à l'origine des problèmes actuels, soit l'autorégulation, les plans de fertilisation individuels incontrôlables et des bilans de phosphore partiels «plutôt qu'une limite stricte de densité animale à l'hectare», parce qu'elles misent aussi sur des traitements de lisiers subventionnés plutôt qu'un retour à la gestion solide des fumiers et sur la réduction du pouvoir des élus locaux au lieu de renforcer le droit des citoyens de décider de leur milieu, en limitant la taille des porcheries et en édictant des règles d'épandage propres à chaque milieu.


L'Union paysanne a réitéré que les quelque 50 comités de citoyens engagés dans l'action contre la production porcine intensive n'ont confiance ni dans ce processus derrière des portes closes qui exclut les principaux intéressés ni à l'endroit des écologistes de l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN), qui ne représentent qu'eux-mêmes, précise Roméo Bouchard.


L'attitude des élus à contourner les véritables victimes de cette production, conclut M. Bouchard, «ne peut que pousser ces citoyens à utiliser des moyens de pression de plus en plus conflictuels et à faire de la crise en cours un enjeu électoral à l'échelle du milieu rural».
 
 
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