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Résidus de peintures - Un coup de pinceau pour l'environnement

Près de 3000 tonnes seront recyclées au cours de la présente année

Chaque fois que vous décidez de repeindre la cuisine ou la chambre du petit dernier, vous contribuez peut-être sans le savoir à recycler les résidus de peinture au Québec. En percevant 25 ¢ par gallon de peinture vendue, Éco-peinture finance ses activités depuis 2001, et cette année, l'organisme prévoit récupérer près de 3000 tonnes de peinture.

Depuis sa création en 1997, Éco-peinture, un organisme sans but lucratif regroupant la majorité des fabricants et manufacturiers de peinture du Québec, s'est donné pour mission de promouvoir et faciliter la récupération et la réutilisation des résidus et contenants de peinture. Cette mission s'est vue renforcée par la promulgation, en 2000, du règlement sur la récupération et la valorisation des peintures et des contenants de peinture mis au rebut, lequel fixe les objectifs de récupération que doit atteindre l'industrie de la peinture au Québec. Ainsi, dès 2002,

25 % des résidus de peinture vendue dans la province devaient être récupérés. Ce taux augmentera à 50 % à partir de 2005 et à 75 % en 2008.

«Aujourd'hui, 80 % de la peinture est à base d'eau, explique Georges Portelance, directeur général d'Éco-peinture. Il y a des progrès considérables qui ont été faits, du côté de la peinture, pour en arriver à un produit beaucoup moins toxique qu'avant. Mais il reste que ce sont des déchets et il y a des dangers pour l'environnement lorsqu'ils sont enfouis.»

Éco-peinture offre donc une option alternative écologique à l'enfouissement des résidus de peinture. «On travaille avec les municipalités. On finance des collectes de peinture. On a même développé un système de bac étanche pour la récupération de la peinture», poursuit M. Portelance. Ces résidus de peinture sont ensuite retravaillés par Peintures récupérées du Québec et remis en marché sous le nom de Boomerang ou Peinture récupérée. Et c'est le montant de 25 ¢, perçu au moment de l'achat de chaque pot de peinture, qui permet la collecte et la revalorisation de celui-ci.

Mais le recyclage ne s'arrête pas là. Ces pots de peinture recyclée peuvent à leur tour être revalorisés! «On voit maintenant des contenants de peinture récupérée qui sont récupérés une deuxième fois», explique M. Portelance. Même le contenant peut être recyclé. L'an dernier, selon le directeur général d'Éco-peinture, 2600 tonnes de peinture ont été recyclées au Québec. De ce nombre, 65 % a été remis en marché, 20 % — constitué de contenants en métal et en plastique — a été recyclé, et seulement 15 % a été enfoui. En 2004, on prévoit pouvoir récupérer 3000 tonnes de résidus de peinture. «Et encore une fois, on pense réussir à remettre en marché au-delà de 80-85 % du matériel revalorisé», croit M. Portelance.

Peinture récupérée

«Toutes les sortes de peinture architecturale, teintures, vernis à base d'eau ou de latex peuvent être récupérées, poursuit Georges Portelance. On commencera au mois de janvier 2005 à récupérer aussi la peinture en aérosol.»

La peinture ainsi recyclée par Éco-peinture — la seule peinture récupérée à être mise en marché au Québec — ne comporte pas autant de coloris différents que la peinture ordinaire. Mais, selon M. Portelance, il s'agit d'une peinture de qualité et elle a l'avantage d'être beaucoup moins chère que les autres.

«La peinture est un produit qui a été conçu pour améliorer notre environnement, explique M. Portelance. Non seulement Éco-peinture contribue à ce que la planète soit moins polluée en sauvant des matières premières, mais on contribue aussi à ce qu'elle soit plus belle à regarder.»

Déjà, le Québec est à l'avant-garde pour ce qui est de la récupération et, surtout, de la revalorisation des résidus de peinture. Ailleurs au Canada, en Colombie-Britannique et en Nouvelle-Écosse par exemple, la récupération est beaucoup moins importante et, la plupart du temps, on se contente de collecter la peinture inutilisée afin de l'enfouir adéquatement, sans penser à la recycler. C'est le cas des États-Unis également, avec qui Éco-peinture partage son expertise, entre autres en ce qui concerne la comptabilisation des résidus récupérés.

M. Portelance déplore le fait qu'encore peu de gens connaissent l'organisme Éco-peinture, même s'ils contribuent tous à son financement chaque fois qu'ils achètent un gallon de peinture. «La pénétration n'est pas aussi rapide qu'on le voudrait. Dans les prochaines années, on essaiera de mettre les efforts sur l'information du public.»

Éco-peinture est d'abord née sous la forme d'une initiative sociale. En 1996, Normand Maurice, enseignant à Victoriaville, crée le CFER (Centre de formation en entreprise de récupération) afin de permettre à ses élèves en difficulté d'apprentissage de s'intégrer socialement. Le centre de revalorisation des déchets s'est ensuite spécialisé en recyclage de résidus de peinture, pour plus tard laisser ce rôle à Peintures récupérées du Québec. Aujourd'hui, 40 % de la production de Peintures récupérées est exportée, entre autres à Cuba, Haïti, en Guinée et en Angola, des pays attirés par le rapport qualité-prix que leur propose l'entreprise québécoise.
 
 
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