Communautés métropolitaines - Priorité au recyclage
«Ce qui est important, c'est d'avoir une vision globale de la région»
Les deux communautés métropolitaines, celles de Montréal et de Québec, doivent tenir compte sérieusement du dossier environnemental dans le cadre de l'ensemble des responsabilités et obligations qui leur sont dévolues. Il revient à ces administrations municipales élargies d'associer le développement durable aux compétences économiques, sociales et environnementales qui leur appartiennent en vertu de la loi.
Dans son énoncé de vision 2025, «Cap sur le monde», la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) propose de bâtir une communauté compétitive, attrayante, solidaire et responsable. Pour le directeur général de la CMM, Massimo Iezzoni, son organisme considère le développement durable dans cette perspective: «On fait le pari de cet objectif environnemental et cela est enchâssé dans notre mission. Autrement dit, nous, on souscrit au concept selon lequel le développement qu'on va réaliser aujourd'hui ne doit pas compromettre la qualité de vie des générations futures.»
Il situe à une place stratégique cette notion du développement, à l'intérieur des rouages de l'administration régionale: «Celle-ci est intégrée dans chacune de nos compétences, que ce soit celle en aménagement du territoire, en transport, en développement économique ou en environnement proprement dit. Par exemple, quand on s'occupe de transport en commun, ça veut dire la possibilité de réduire les effets des gaz à effet de serre; ça signifie l'utilisation de moins de véhicules, qui résulte en une réduction de la pollution. On essaie de mettre de l'avant de semblables politiques.» Et il ajoute encore: «C'est une préoccupation horizontale et cette dimension environnementale est présente dans chacun des dossiers que l'on conduit.»
Des pas en avant ont été franchis
Il signale que la CMM a déjà posé des gestes concrets dans cette direction: «Notre règlement de contrôle intérimaire a été adopté à l'unanimité et il porte notamment sur la protection des boisés à valeur métropolitaine; on est présent dans ce domaine et on a le souci de préserver nos espaces verts.» Il signale d'autres éléments positifs: «Un plan de gestion des matières résiduelles a lui aussi été entériné unanimement par les membres du conseil; celui-ci va faire en sorte que la CMM recycle 60 % de ses déchets.»
Le conseil de la CMM s'est prononcé favorablement sur le projet de plan métropolitain de gestion des matières résiduelles (PMGMR) le 17 juin dernier. À ce sujet, il aborde la question du financement: «Ce dossier est basé essentiellement sur les positions municipales connues, c'est-à-dire sur une diversification des sources de revenu. Il est surtout question de faire en sorte que le pollueur contribue. Ce ne sont pas seulement les villes qui doivent financer le virage vert, mais aussi les entreprises partenaires et tous les gens qui sont à la source de la production des déchets qu'il faut mettre à contribution.» Tous doivent participer collectivement à ce projet pour que les objectifs soient atteints.
Le directeur mentionne en outre deux règlements qui seront déposés d'ici la fin de l'année sur la qualité de l'air: «Il faut savoir qu'il y a déjà deux mesures qui s'appliquent présentement à cette question sur l'île de Montréal; on couvrira maintenant l'ensemble du territoire de la région métropolitaine.» Enfin, le Conseil se penchera d'ici la fin de l'année sur un autre règlement portant sur la gestion plus efficace des cours d'eau. Il apporte cette nuance au sujet de ces projets en voie de réalisation: «Évidemment, le plan est adopté, mais un processus de consultations publiques se déroulera au cours duquel tout le monde pourra s'exprimer et apporter des suggestions pour bonifier nos propositions avant l'adoption par le conseil.»
Massimo Iezzoni refuse d'aborder le dossier environnemental sous l'angle local de la controverse en milieu municipal: «Ce qui est important, c'est d'avoir une vision globale de la région. Si on s'entend sur un plan régional, je pense que chacune des institutions a le choix de le réaliser, mais je crois que nous partageons tous les mêmes objectifs. L'idée, c'est de dire: on fait consensus sur la vision, donc mettons celle-ci en oeuvre.»
Du côté de la capitale
Du côté de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), le directeur général, Marc Rondeau, est persuadé que le développement durable structure une très grande partie des travaux de cette entité municipale: «Ça s'inscrit directement dans les compétences obligatoires de l'organisme. On prend en compte ce dernier, que ce soit par la réflexion ou par l'action, dans le domaine de l'aménagement du territoire. Ça fait partie de notre loi d'adopter une vision stratégique de développement à long terme.» Il existe un cadre légal inspiré des trois thèmes gravitant autour du développement durable, soit le social, l'économie et l'environnement: «On doit développer en tenant compte de chacun d'eux et, tout à la fois, des trois pris ensemble.»
Le directeur se montre très préoccupé par le défi majeur de la gestion des matières résiduelles, qui concerne tout le monde. À l'heure actuelle, le taux de mise en valeur des déchets se situe à 24 % dans la région de Québec. Pour 2008, l'objectif est d'atteindre 60 %: «Ça implique un très important virage et un effort de premier plan, non seulement d'ordre municipal, mais aussi de la population.» Le plan de gestion, préparé par la CMQ à la suite de consultations publiques, sera présenté au conseil à des fins d'adoption le 23 septembre prochain; par la suite, il sera transmis au ministre de l'Environnement: «La population est prête à prendre ce virage, mais il y a encore de gros efforts de sensibilisation à faire dans ce sens-là.»
Un dossier émerge, parmi bien d'autres, dans la région de la capitale: celui de l'eau, qui semble omniprésente dans le quotidien des citoyens. M. Iezzoni aborde ce sujet sous cet angle: «C'est l'eau considérée sous l'aspect de la mise en valeur du fleuve Saint-Laurent; celui-ci [...] unit les 26 municipalités de la région sur le plan métropolitain. Il y a donc un effort considérable consenti pour sa mise en valeur, tant en ce qui concerne la qualité de l'eau et de l'aménagement de ses abords que du côté des rivières qui sont connectées sur ce plan d'eau.» Le milieu s'est livré à une sérieuse réflexion multidimensionnelle sur la qualité des eaux, qui aura des répercussions notamment sur les concepts «vert» et «bleu» et sur l'aménagement du territoire. En parallèle aux problèmes environnementaux liés à la qualité de l'eau, le débat déborde sur toute la problématique de l'accessibilité de la population aux cours d'eau à des fins récréatives.
Le pouls des citoyens
La CMQ a entrepris une vaste consultation publique sur la question de la vision stratégique en matière d'aménagement du territoire le 28 septembre. Marc Rondeau décrit cette opération: «On s'en va dans chaque territoire et l'objectif, à la fin de l'année, c'est d'adopter une vision d'ensemble qui va faire partie intégrante du schéma d'aménagement.» La finalité de cette démarche consiste ultimement à obtenir un point de vue commun du développement qui débouche sur une solidarité dans l'action. Près de 350 à 400 organismes ont été invités à déposer des mémoires sur un énoncé de vision préparé par les municipalités, qui a été rendu public en mai dernier.
Dans son énoncé de vision 2025, «Cap sur le monde», la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) propose de bâtir une communauté compétitive, attrayante, solidaire et responsable. Pour le directeur général de la CMM, Massimo Iezzoni, son organisme considère le développement durable dans cette perspective: «On fait le pari de cet objectif environnemental et cela est enchâssé dans notre mission. Autrement dit, nous, on souscrit au concept selon lequel le développement qu'on va réaliser aujourd'hui ne doit pas compromettre la qualité de vie des générations futures.»
Il situe à une place stratégique cette notion du développement, à l'intérieur des rouages de l'administration régionale: «Celle-ci est intégrée dans chacune de nos compétences, que ce soit celle en aménagement du territoire, en transport, en développement économique ou en environnement proprement dit. Par exemple, quand on s'occupe de transport en commun, ça veut dire la possibilité de réduire les effets des gaz à effet de serre; ça signifie l'utilisation de moins de véhicules, qui résulte en une réduction de la pollution. On essaie de mettre de l'avant de semblables politiques.» Et il ajoute encore: «C'est une préoccupation horizontale et cette dimension environnementale est présente dans chacun des dossiers que l'on conduit.»
Des pas en avant ont été franchis
Il signale que la CMM a déjà posé des gestes concrets dans cette direction: «Notre règlement de contrôle intérimaire a été adopté à l'unanimité et il porte notamment sur la protection des boisés à valeur métropolitaine; on est présent dans ce domaine et on a le souci de préserver nos espaces verts.» Il signale d'autres éléments positifs: «Un plan de gestion des matières résiduelles a lui aussi été entériné unanimement par les membres du conseil; celui-ci va faire en sorte que la CMM recycle 60 % de ses déchets.»
Le conseil de la CMM s'est prononcé favorablement sur le projet de plan métropolitain de gestion des matières résiduelles (PMGMR) le 17 juin dernier. À ce sujet, il aborde la question du financement: «Ce dossier est basé essentiellement sur les positions municipales connues, c'est-à-dire sur une diversification des sources de revenu. Il est surtout question de faire en sorte que le pollueur contribue. Ce ne sont pas seulement les villes qui doivent financer le virage vert, mais aussi les entreprises partenaires et tous les gens qui sont à la source de la production des déchets qu'il faut mettre à contribution.» Tous doivent participer collectivement à ce projet pour que les objectifs soient atteints.
Le directeur mentionne en outre deux règlements qui seront déposés d'ici la fin de l'année sur la qualité de l'air: «Il faut savoir qu'il y a déjà deux mesures qui s'appliquent présentement à cette question sur l'île de Montréal; on couvrira maintenant l'ensemble du territoire de la région métropolitaine.» Enfin, le Conseil se penchera d'ici la fin de l'année sur un autre règlement portant sur la gestion plus efficace des cours d'eau. Il apporte cette nuance au sujet de ces projets en voie de réalisation: «Évidemment, le plan est adopté, mais un processus de consultations publiques se déroulera au cours duquel tout le monde pourra s'exprimer et apporter des suggestions pour bonifier nos propositions avant l'adoption par le conseil.»
Massimo Iezzoni refuse d'aborder le dossier environnemental sous l'angle local de la controverse en milieu municipal: «Ce qui est important, c'est d'avoir une vision globale de la région. Si on s'entend sur un plan régional, je pense que chacune des institutions a le choix de le réaliser, mais je crois que nous partageons tous les mêmes objectifs. L'idée, c'est de dire: on fait consensus sur la vision, donc mettons celle-ci en oeuvre.»
Du côté de la capitale
Du côté de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), le directeur général, Marc Rondeau, est persuadé que le développement durable structure une très grande partie des travaux de cette entité municipale: «Ça s'inscrit directement dans les compétences obligatoires de l'organisme. On prend en compte ce dernier, que ce soit par la réflexion ou par l'action, dans le domaine de l'aménagement du territoire. Ça fait partie de notre loi d'adopter une vision stratégique de développement à long terme.» Il existe un cadre légal inspiré des trois thèmes gravitant autour du développement durable, soit le social, l'économie et l'environnement: «On doit développer en tenant compte de chacun d'eux et, tout à la fois, des trois pris ensemble.»
Le directeur se montre très préoccupé par le défi majeur de la gestion des matières résiduelles, qui concerne tout le monde. À l'heure actuelle, le taux de mise en valeur des déchets se situe à 24 % dans la région de Québec. Pour 2008, l'objectif est d'atteindre 60 %: «Ça implique un très important virage et un effort de premier plan, non seulement d'ordre municipal, mais aussi de la population.» Le plan de gestion, préparé par la CMQ à la suite de consultations publiques, sera présenté au conseil à des fins d'adoption le 23 septembre prochain; par la suite, il sera transmis au ministre de l'Environnement: «La population est prête à prendre ce virage, mais il y a encore de gros efforts de sensibilisation à faire dans ce sens-là.»
Un dossier émerge, parmi bien d'autres, dans la région de la capitale: celui de l'eau, qui semble omniprésente dans le quotidien des citoyens. M. Iezzoni aborde ce sujet sous cet angle: «C'est l'eau considérée sous l'aspect de la mise en valeur du fleuve Saint-Laurent; celui-ci [...] unit les 26 municipalités de la région sur le plan métropolitain. Il y a donc un effort considérable consenti pour sa mise en valeur, tant en ce qui concerne la qualité de l'eau et de l'aménagement de ses abords que du côté des rivières qui sont connectées sur ce plan d'eau.» Le milieu s'est livré à une sérieuse réflexion multidimensionnelle sur la qualité des eaux, qui aura des répercussions notamment sur les concepts «vert» et «bleu» et sur l'aménagement du territoire. En parallèle aux problèmes environnementaux liés à la qualité de l'eau, le débat déborde sur toute la problématique de l'accessibilité de la population aux cours d'eau à des fins récréatives.
Le pouls des citoyens
La CMQ a entrepris une vaste consultation publique sur la question de la vision stratégique en matière d'aménagement du territoire le 28 septembre. Marc Rondeau décrit cette opération: «On s'en va dans chaque territoire et l'objectif, à la fin de l'année, c'est d'adopter une vision d'ensemble qui va faire partie intégrante du schéma d'aménagement.» La finalité de cette démarche consiste ultimement à obtenir un point de vue commun du développement qui débouche sur une solidarité dans l'action. Près de 350 à 400 organismes ont été invités à déposer des mémoires sur un énoncé de vision préparé par les municipalités, qui a été rendu public en mai dernier.
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