Cascades inc. - Une vision écologiste qui rapporte gros
«La réutilisation maximale de tout ce qui peut l'être»
Chez Cascades, les hommages ne manquent pas: deux prix Phénix de l'environnement (en 2002 et 2003) et des produits chaudement recommandés par Greenpeace de même que par l'événement environnemental Le Jour de la Terre. Qui plus est, le slogan «Moi, en environnement, j'agis aujourd'hui car je tiens à demain» traduit assez bien l'esprit de cette multinationale en matière de politique environnementale.
Le slogan de Cascades, aux visées manifestement écologistes, s'articule sur plusieurs axes, soit notamment: former et responsabiliser chaque employé en matière de protection de l'environnement; déterminer les aspects environnementaux des entreprises et activités connexes qui peuvent avoir un impact environnemental significatif; utiliser des modes de gestion et d'opération basés sur la prévention de la pollution et la vigilance; et enfin, appliquer des technologies favorisant l'économie d'énergie.
Va pour la théorie. Sur le plancher des vaches, la firme Cascades, basée à Kingsey Falls (Centre-du-Québec), n'a pas non plus de leçons à recevoir de personne car, bien avant l'incorporation de Cascades en 1964, la famille Lemaire s'était déjà engagée sur le chemin de la récupération. «Mon père a débuté les opérations dans les années 1950. Nous étions une famille pauvre, vous savez. Au départ, on s'est lancé dans le recyclage de vieux linges, du vieux fer, et le recyclage du papier est venu par la suite. En fait, nous étions une famille de chômeurs qui voulaient s'en sortir et c'est ainsi que l'entreprise a démarré à Drummondville, en y faisant notamment la collecte des ordures ménagères, chose que l'on fait toujours», fait valoir Alain Lemaire, président et chef de la direction de Cascades.
Papiers d'abord
Le secteur environnemental chez Cascades, c'est avant tout «la réutilisation maximale de tout ce qui peut l'être. Par exemple, dit-il, les vieux papiers comptent pour 80 % de notre approvisionnement en matière première pour la fabrication de papier, et le 20 % restant est à base de fibre de bois vierge».
«Il est vrai que l'on fait du recyclage, mais nos opérations ["vertes"] ne s'arrêtent pas là, précise-t-il. Les données statistiques démontrent que l'industrie des pâtes et papiers consomme dans son ensemble entre 50 et 60 m3 d'eau par tonne de papier produit, alors que chez Cascades nous consommons en deçà de 20 m3. C'est ce genre d'approche environnementale que nous préconisons.»
De plus, «les concentrations en BPC ont été complètement éliminées dans nos usines et nous avons en outre implanté des systèmes de récupération des huiles». Et pour qui n'est pas tout à fait convaincu de l'approche écologiste de ce fleuron québécois, il est à souligner que même le secteur de la distribution passe à la casserole... verte! «Notre flotte de transport fonctionne au diesel dernier cri. En plus, nos camions sont munis de pneus qui consomment peu et chez nous, insiste-t-il, il est interdit de fournir à quiconque un véhicule qui consomme plus de 10 litres aux 100 kilomètres.»
Le reste aussi
En clair, chez Cascades, il est question de réduction de la consommation d'eau et du débit d'effluent des usines, de réduction du volume de déchets enfouis, de réduction de la consommation des émissions de gaz à effet de serre et d'une implantation progressive de systèmes de gestion environnementale ISO 14 001. Les matières recyclées par Cascades se déclinent, pour l'essentiel, comme suit: aérosols, peintures, pellicules plastiques, piles, poussières de conversion, solvants usagés, verres, métaux, bois, caoutchouc, fils électriques, lampes, huiles usées et plus de deux millions de tonnes de papier et carton.
Solidement implantée en Amérique du Nord et en Europe (France, Angleterre, Allemagne et Suède) par le biais de ses 150 unités d'exploitation en tous genres (centres de tri, usines de pâtes et papiers, usines de désencrage, etc.), Cascades donne de l'emploi à plus de 15 400 personnes.
Esprit mercantile
Un autre aspect qui distingue son entreprise, dit Alain Lemaire, c'est qu'«on achète du vieil équipement à travers le monde aux fins de réutilisation à l'interne. Et ça, c'est également notre marque de commerce, sans compter la remise en forme par Cascades de plusieurs entreprises qui étaient condamnées à fermer». Il y a tout de même un «esprit un peu mercantile derrière tout ça car, lorsqu'on recycle du vieil équipement, c'est parce qu'on prétend faire quelque chose de très potable [sic] à moindre coût».
Toutes activités confondues, faire du neuf avec du vieux rapportera cette année à Cascades pas moins de quatre milliards de dollars. Ce qui, en soi — il faut le souligner — est remarquable pour une entreprise familiale qui sillonnait les artères de Drummondville dans les années 1950 en quête de... vieilles fringues.
Double économie
Constatant une augmentation substantielle de ses coûts énergétiques, Cascades à mis sur pied il y a trois ans un groupe d'intervention en énergie afin «d'aider nos entreprises à mieux "performer" en matière d'énergie». Ce groupe, constitué d'experts, offre ses conseils aux différentes unités de l'entreprise tout en établissant une politique d'ensemble visant l'émulation, «c'est-à-dire que, si on a établi un bon programme à Thunder Bay par exemple, on tentera de l'implanter en Europe» et ainsi de suite.
Résultat? «En trois ans, nos données indiquent que nous avons réduit notre consommation d'énergie de 7 %.»
De plus, Cascades s'est dotée d'un centre de recherche et développement afin d'être en phase avec les exigences du marché en mettant au point des procédés de désencrage plus performants et écologiques, et de trouver des solutions novatrices dans le domaine du blanchiment des pâtes recyclées et vierges.
Un centre de recherche qui permet aussi «d'aider nos clients à mieux "performer" en ce qui a trait aux colles, c'est-à-dire de ne pas nécessairement utiliser des colles chaudes, mais des colles qui seront solubles avec les papiers recyclés, ou encore de développer des utilisations différentes des boîtes de carton ciré servant aux légumes. En fait, l'un des objectifs du centre de recherche est de trouver des moyens de manipuler des produits qui, en soi, sont plus ou moins recyclables pour en faire des produits recyclables», explique le président Lemaire.
Kyoto en mémoire
Il va sans dire que celui-ci inscrit sans retenue sa firme aux principes écologistes paraphés dans le Protocole de Kyoto. «Il faut se préparer aux nouvelles normes atmosphériques. En ce sens, notre programme environnemental vise à obtenir des crédits en vertu du Protocole de Kyoto.»
Pour ce faire, «nous avons installé cette année, dit-il, de nouvelles chaudières à résidus offrant de très hautes performances à l'usine de Cabano [dans le Témiscouata] qui permettront de brûler des écorces, par exemple, au lieu de les enfouir comme c'était le cas auparavant». Et d'autre part, «nous sommes sur le point de signer une entente avec le site d'enfouissement de la région de Saint-Jérôme afin d'utiliser tous les gaz qui en émanent aux fins de production d'énergie».
Si Alain Lemaire est d'avis que les entreprises du Québec font les efforts nécessaires pour respecter les normes atmosphériques, il pense tout le contraire de nos voisins du sud. «Ce qui nous fatigue, c'est que nos voisins américains, eux, peuvent polluer l'air avec leurs centrales au charbon [et autres matières irrespirables] et qu'ils nous envoient ces "beaux" gaz-là au-dessus de nos têtes.»
Vivement préoccupé par cette question, Alain Lemaire conserve toutefois l'espoir que les Américains finiront par entendre raison en matière de pollution atmosphérique, eux «qui se pensent rois et maîtres dans certaines situations».
Le slogan de Cascades, aux visées manifestement écologistes, s'articule sur plusieurs axes, soit notamment: former et responsabiliser chaque employé en matière de protection de l'environnement; déterminer les aspects environnementaux des entreprises et activités connexes qui peuvent avoir un impact environnemental significatif; utiliser des modes de gestion et d'opération basés sur la prévention de la pollution et la vigilance; et enfin, appliquer des technologies favorisant l'économie d'énergie.
Va pour la théorie. Sur le plancher des vaches, la firme Cascades, basée à Kingsey Falls (Centre-du-Québec), n'a pas non plus de leçons à recevoir de personne car, bien avant l'incorporation de Cascades en 1964, la famille Lemaire s'était déjà engagée sur le chemin de la récupération. «Mon père a débuté les opérations dans les années 1950. Nous étions une famille pauvre, vous savez. Au départ, on s'est lancé dans le recyclage de vieux linges, du vieux fer, et le recyclage du papier est venu par la suite. En fait, nous étions une famille de chômeurs qui voulaient s'en sortir et c'est ainsi que l'entreprise a démarré à Drummondville, en y faisant notamment la collecte des ordures ménagères, chose que l'on fait toujours», fait valoir Alain Lemaire, président et chef de la direction de Cascades.
Papiers d'abord
Le secteur environnemental chez Cascades, c'est avant tout «la réutilisation maximale de tout ce qui peut l'être. Par exemple, dit-il, les vieux papiers comptent pour 80 % de notre approvisionnement en matière première pour la fabrication de papier, et le 20 % restant est à base de fibre de bois vierge».
«Il est vrai que l'on fait du recyclage, mais nos opérations ["vertes"] ne s'arrêtent pas là, précise-t-il. Les données statistiques démontrent que l'industrie des pâtes et papiers consomme dans son ensemble entre 50 et 60 m3 d'eau par tonne de papier produit, alors que chez Cascades nous consommons en deçà de 20 m3. C'est ce genre d'approche environnementale que nous préconisons.»
De plus, «les concentrations en BPC ont été complètement éliminées dans nos usines et nous avons en outre implanté des systèmes de récupération des huiles». Et pour qui n'est pas tout à fait convaincu de l'approche écologiste de ce fleuron québécois, il est à souligner que même le secteur de la distribution passe à la casserole... verte! «Notre flotte de transport fonctionne au diesel dernier cri. En plus, nos camions sont munis de pneus qui consomment peu et chez nous, insiste-t-il, il est interdit de fournir à quiconque un véhicule qui consomme plus de 10 litres aux 100 kilomètres.»
Le reste aussi
En clair, chez Cascades, il est question de réduction de la consommation d'eau et du débit d'effluent des usines, de réduction du volume de déchets enfouis, de réduction de la consommation des émissions de gaz à effet de serre et d'une implantation progressive de systèmes de gestion environnementale ISO 14 001. Les matières recyclées par Cascades se déclinent, pour l'essentiel, comme suit: aérosols, peintures, pellicules plastiques, piles, poussières de conversion, solvants usagés, verres, métaux, bois, caoutchouc, fils électriques, lampes, huiles usées et plus de deux millions de tonnes de papier et carton.
Solidement implantée en Amérique du Nord et en Europe (France, Angleterre, Allemagne et Suède) par le biais de ses 150 unités d'exploitation en tous genres (centres de tri, usines de pâtes et papiers, usines de désencrage, etc.), Cascades donne de l'emploi à plus de 15 400 personnes.
Esprit mercantile
Un autre aspect qui distingue son entreprise, dit Alain Lemaire, c'est qu'«on achète du vieil équipement à travers le monde aux fins de réutilisation à l'interne. Et ça, c'est également notre marque de commerce, sans compter la remise en forme par Cascades de plusieurs entreprises qui étaient condamnées à fermer». Il y a tout de même un «esprit un peu mercantile derrière tout ça car, lorsqu'on recycle du vieil équipement, c'est parce qu'on prétend faire quelque chose de très potable [sic] à moindre coût».
Toutes activités confondues, faire du neuf avec du vieux rapportera cette année à Cascades pas moins de quatre milliards de dollars. Ce qui, en soi — il faut le souligner — est remarquable pour une entreprise familiale qui sillonnait les artères de Drummondville dans les années 1950 en quête de... vieilles fringues.
Double économie
Constatant une augmentation substantielle de ses coûts énergétiques, Cascades à mis sur pied il y a trois ans un groupe d'intervention en énergie afin «d'aider nos entreprises à mieux "performer" en matière d'énergie». Ce groupe, constitué d'experts, offre ses conseils aux différentes unités de l'entreprise tout en établissant une politique d'ensemble visant l'émulation, «c'est-à-dire que, si on a établi un bon programme à Thunder Bay par exemple, on tentera de l'implanter en Europe» et ainsi de suite.
Résultat? «En trois ans, nos données indiquent que nous avons réduit notre consommation d'énergie de 7 %.»
De plus, Cascades s'est dotée d'un centre de recherche et développement afin d'être en phase avec les exigences du marché en mettant au point des procédés de désencrage plus performants et écologiques, et de trouver des solutions novatrices dans le domaine du blanchiment des pâtes recyclées et vierges.
Un centre de recherche qui permet aussi «d'aider nos clients à mieux "performer" en ce qui a trait aux colles, c'est-à-dire de ne pas nécessairement utiliser des colles chaudes, mais des colles qui seront solubles avec les papiers recyclés, ou encore de développer des utilisations différentes des boîtes de carton ciré servant aux légumes. En fait, l'un des objectifs du centre de recherche est de trouver des moyens de manipuler des produits qui, en soi, sont plus ou moins recyclables pour en faire des produits recyclables», explique le président Lemaire.
Kyoto en mémoire
Il va sans dire que celui-ci inscrit sans retenue sa firme aux principes écologistes paraphés dans le Protocole de Kyoto. «Il faut se préparer aux nouvelles normes atmosphériques. En ce sens, notre programme environnemental vise à obtenir des crédits en vertu du Protocole de Kyoto.»
Pour ce faire, «nous avons installé cette année, dit-il, de nouvelles chaudières à résidus offrant de très hautes performances à l'usine de Cabano [dans le Témiscouata] qui permettront de brûler des écorces, par exemple, au lieu de les enfouir comme c'était le cas auparavant». Et d'autre part, «nous sommes sur le point de signer une entente avec le site d'enfouissement de la région de Saint-Jérôme afin d'utiliser tous les gaz qui en émanent aux fins de production d'énergie».
Si Alain Lemaire est d'avis que les entreprises du Québec font les efforts nécessaires pour respecter les normes atmosphériques, il pense tout le contraire de nos voisins du sud. «Ce qui nous fatigue, c'est que nos voisins américains, eux, peuvent polluer l'air avec leurs centrales au charbon [et autres matières irrespirables] et qu'ils nous envoient ces "beaux" gaz-là au-dessus de nos têtes.»
Vivement préoccupé par cette question, Alain Lemaire conserve toutefois l'espoir que les Américains finiront par entendre raison en matière de pollution atmosphérique, eux «qui se pensent rois et maîtres dans certaines situations».
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