Cansolv Technologies inc. - Mettre fin aux pluies acides
«Les compagnies considéreront l'avantage économique seulement lorsqu'elles seront forcées de tenir compte de l'environnement»
Les raffineries de pétrole, les centrales thermiques et autres papetières disposent maintenant d'un outil de pointe pour éliminer les rejets de leurs usines dans l'atmosphère qui sont à la source des pluies acides. La société québécoise Cansolv Technologies inc. (CTI) a en effet élaboré un procédé permettant non seulement de piéger les émissions gazeuses de soufre, mais aussi de récupérer le SO2 sous une forme à valeur marchande. Coup d'oeil sur un produit à l'avenir prometteur.
Chaque mois, Cansolv Technologies inc. reçoit entre 25 et 30 demandes d'information pour l'installation de ses unités de récupération de dioxyde de soufre. Bientôt, la PME sise à l'angle de l'avenue Christophe-Colomb et du boulevard Métropolitain pourrait bien voir ce nombre exploser. «Au fur et à mesure que les gouvernements hausseront les normes environnementales, les compagnies seront forcées de faire de la récupération et d'utiliser notre technologie», prévoit Marcel Ayotte, président de CTI.
Pour l'heure, l'utilisation du procédé se fait principalement en Europe et aux États-Unis, où la réglementation en matière d'environnement est beaucoup plus sévère qu'au Québec. On retrouve ainsi une unité de récupération dans la raffinerie de pétrole de la société ConocoPhilips en Californie, une autre dans l'usine d'incinération de produits sulfurés de la société Bayer en Belgique, et bientôt deux autres aux États-Unis, une en Inde et une encore en Chine. Au Québec, seule la société Noranda, une usine de production d'acide sulfurique à Valleyfield, se prévaut des services de Cansolv.
Pur recyclage
Récipiendaire du Prix canadien d'innovation en développement durable 2003, deux fois finaliste aux Phénix de l'environnement dans la catégorie «Entreprise exportatrice de produits, de technologies ou de savoir-faire liés à la protection de l'environnement», Cansolv Technologies inc. a la ferme intention de se positionner comme un fournisseur à l'échelle mondiale de produits et de services spécialisés destinés aux multinationales de l'industrie lourde — raffineries de pétrole, usines d'affinage de métaux, usines de production d'acide sulfurique, papetières, usines d'incinération, centrales thermiques au charbon, etc. Le but de l'entreprise: traiter les émissions de dioxyde de soufre (SO2), les oxydes d'azote et le gaz carbonique (CO2) crachées par les usines, qui sont en grande partie responsables des pluies acides, du smog et de l'effet de serre. «On travaille à l'élaboration de technologies offrant une gamme complète de produits de recouvrement des émissions dangereuses pour l'environnement», précise Marcel Ayotte.
Brevetée en 1989 par Union Carbide Corporation, rachetée en 1997 par CTI et mise au point par cette dernière, la technologie d'épuration du SO2 est la seule à être commercialisée pour le moment. Le procédé de recyclage du CO2 n'a pas encore fait ses preuves sur le marché, tandis que celui visant à capturer le mercure est toujours en chantier.
Le procédé de recouvrement du SO2 est relativement simple. Il consiste à sélectionner, dans un premier temps, le dioxyde de soufre (SO2) dans les écoulements d'air contaminé. Un procédé de régénération récupère ensuite le SO2 sous une forme qui peut éventuellement être vendue en tant que sous-produit ayant une valeur. «Il n'y a pratiquement pas de création de déchets», lance Marcel Ayotte. De façon plus systématique, l'installation de l'unité se présente sous la forme de deux tours, l'une d'adsorption, l'autre de désorption. Par exemple, les gaz s'échappant d'une raffinerie de pétrole s'infiltrent par le bas de la première tour et sont captés par un liquide absorbant à base d'amine. Le composé chimique voyage ensuite vers la seconde tour où il est chauffé à l'aide d'un bouilleur. Du SO2 pur se dégage alors de la solution d'amine, prêt à être envoyé à toute usine utilisant le SO2 en tant que produit.
Facteur coût
CTI ne s'occupe que de la vente du procédé sous licence aux compagnies, qui doivent veiller à installer le système à proximité de l'usine hôte et à l'opérer. «Nous fournissons aux compagnies un design, une licence et l'absorbant. C'est à elles de construire le modèle et de le faire fonctionner», dit M. Ayotte. Il fait remarquer que, très souvent, les sociétés qui s'intéressent à la technologie Cansolv disposent déjà d'une usine d'acide sulfurique. «Le procédé leur permet de réutiliser un produit normalement rejeté dans l'air et d'augmenter leur production.»
Ainsi, les avantages d'un tel produit sont d'ordre tant écologique qu'économique. «Mais les compagnies considéreront l'avantage économique seulement lorsqu'elles seront forcées de tenir compte de l'environnement», commente le président. Car il faut dire que les coûts d'installation du procédé peuvent en décourager plus d'un. Selon la quantité de SO2 et le volume de gaz à traiter, le diamètre des tours peut varier de 16 pouces à 40 pieds et présenter des frais allant de un million à... 20 millions de dollars. «Les coûts d'utilisation du procédé demeurent compétitifs, soutient Marcel Ayotte. Il est inférieur de 15 % à 25 % à celui des procédés conventionnels.» Mieux encore, la technologie Cansolv a démontré la capacité de fournir des résultats supérieurs à ceux des procédés existants, ce qui lui a valu rien de moins que la mention américaine de Best available commercial technology (BACT).
Traitement complet
Autre avantage significatif, selon le président: le procédé CTI génère très peu de sous-produits indésirables, contrairement à certains procédés tels que le gypse synthétique utilisé dans les centrales thermiques. «C'est un avantage majeur lorsque l'on sait qu'à elles seules, les centrales thermiques ont produit 36 millions de tonnes métriques de gypse synthétique, dont à peine 7,1 millions de tonnes ont trouvé un débouché sur le marché. Le reste doit être enfoui, ce qui génère d'autres coûts.»
Cansolv Technologies inc. compte maintenant faire valoir son expertise auprès des raffineries de pétrole qui souhaitent être conformes aux nouvelles réglementations du Clean Air Act (loi sur l'assainissement de l'air). La direction entend aussi mettre le cap sur le secteur de l'affinage des métaux, qui a récemment repris de la vigueur, et sur celui des papetières et des usines d'incinération de produits sulfurés. Quant au segment des centrales thermiques, Cansolv se frotte les mains devant les chiffres: il existe 1024 centrales thermiques au charbon aux États-Unis seulement. Un bémol toutefois, selon Marcel Ayotte: les propriétaires de ces centrales sont réfractaires aux nouvelles technologies. Qui plus est, lesdites centrales requièrent de gros systèmes très dispendieux. «Il faudra du temps pour faire évoluer les mentalités, estime-t-il. Mais dès que les normes seront plus sévères, elles n'auront plus le choix.»
Chaque mois, Cansolv Technologies inc. reçoit entre 25 et 30 demandes d'information pour l'installation de ses unités de récupération de dioxyde de soufre. Bientôt, la PME sise à l'angle de l'avenue Christophe-Colomb et du boulevard Métropolitain pourrait bien voir ce nombre exploser. «Au fur et à mesure que les gouvernements hausseront les normes environnementales, les compagnies seront forcées de faire de la récupération et d'utiliser notre technologie», prévoit Marcel Ayotte, président de CTI.
Pour l'heure, l'utilisation du procédé se fait principalement en Europe et aux États-Unis, où la réglementation en matière d'environnement est beaucoup plus sévère qu'au Québec. On retrouve ainsi une unité de récupération dans la raffinerie de pétrole de la société ConocoPhilips en Californie, une autre dans l'usine d'incinération de produits sulfurés de la société Bayer en Belgique, et bientôt deux autres aux États-Unis, une en Inde et une encore en Chine. Au Québec, seule la société Noranda, une usine de production d'acide sulfurique à Valleyfield, se prévaut des services de Cansolv.
Pur recyclage
Récipiendaire du Prix canadien d'innovation en développement durable 2003, deux fois finaliste aux Phénix de l'environnement dans la catégorie «Entreprise exportatrice de produits, de technologies ou de savoir-faire liés à la protection de l'environnement», Cansolv Technologies inc. a la ferme intention de se positionner comme un fournisseur à l'échelle mondiale de produits et de services spécialisés destinés aux multinationales de l'industrie lourde — raffineries de pétrole, usines d'affinage de métaux, usines de production d'acide sulfurique, papetières, usines d'incinération, centrales thermiques au charbon, etc. Le but de l'entreprise: traiter les émissions de dioxyde de soufre (SO2), les oxydes d'azote et le gaz carbonique (CO2) crachées par les usines, qui sont en grande partie responsables des pluies acides, du smog et de l'effet de serre. «On travaille à l'élaboration de technologies offrant une gamme complète de produits de recouvrement des émissions dangereuses pour l'environnement», précise Marcel Ayotte.
Brevetée en 1989 par Union Carbide Corporation, rachetée en 1997 par CTI et mise au point par cette dernière, la technologie d'épuration du SO2 est la seule à être commercialisée pour le moment. Le procédé de recyclage du CO2 n'a pas encore fait ses preuves sur le marché, tandis que celui visant à capturer le mercure est toujours en chantier.
Le procédé de recouvrement du SO2 est relativement simple. Il consiste à sélectionner, dans un premier temps, le dioxyde de soufre (SO2) dans les écoulements d'air contaminé. Un procédé de régénération récupère ensuite le SO2 sous une forme qui peut éventuellement être vendue en tant que sous-produit ayant une valeur. «Il n'y a pratiquement pas de création de déchets», lance Marcel Ayotte. De façon plus systématique, l'installation de l'unité se présente sous la forme de deux tours, l'une d'adsorption, l'autre de désorption. Par exemple, les gaz s'échappant d'une raffinerie de pétrole s'infiltrent par le bas de la première tour et sont captés par un liquide absorbant à base d'amine. Le composé chimique voyage ensuite vers la seconde tour où il est chauffé à l'aide d'un bouilleur. Du SO2 pur se dégage alors de la solution d'amine, prêt à être envoyé à toute usine utilisant le SO2 en tant que produit.
Facteur coût
CTI ne s'occupe que de la vente du procédé sous licence aux compagnies, qui doivent veiller à installer le système à proximité de l'usine hôte et à l'opérer. «Nous fournissons aux compagnies un design, une licence et l'absorbant. C'est à elles de construire le modèle et de le faire fonctionner», dit M. Ayotte. Il fait remarquer que, très souvent, les sociétés qui s'intéressent à la technologie Cansolv disposent déjà d'une usine d'acide sulfurique. «Le procédé leur permet de réutiliser un produit normalement rejeté dans l'air et d'augmenter leur production.»
Ainsi, les avantages d'un tel produit sont d'ordre tant écologique qu'économique. «Mais les compagnies considéreront l'avantage économique seulement lorsqu'elles seront forcées de tenir compte de l'environnement», commente le président. Car il faut dire que les coûts d'installation du procédé peuvent en décourager plus d'un. Selon la quantité de SO2 et le volume de gaz à traiter, le diamètre des tours peut varier de 16 pouces à 40 pieds et présenter des frais allant de un million à... 20 millions de dollars. «Les coûts d'utilisation du procédé demeurent compétitifs, soutient Marcel Ayotte. Il est inférieur de 15 % à 25 % à celui des procédés conventionnels.» Mieux encore, la technologie Cansolv a démontré la capacité de fournir des résultats supérieurs à ceux des procédés existants, ce qui lui a valu rien de moins que la mention américaine de Best available commercial technology (BACT).
Traitement complet
Autre avantage significatif, selon le président: le procédé CTI génère très peu de sous-produits indésirables, contrairement à certains procédés tels que le gypse synthétique utilisé dans les centrales thermiques. «C'est un avantage majeur lorsque l'on sait qu'à elles seules, les centrales thermiques ont produit 36 millions de tonnes métriques de gypse synthétique, dont à peine 7,1 millions de tonnes ont trouvé un débouché sur le marché. Le reste doit être enfoui, ce qui génère d'autres coûts.»
Cansolv Technologies inc. compte maintenant faire valoir son expertise auprès des raffineries de pétrole qui souhaitent être conformes aux nouvelles réglementations du Clean Air Act (loi sur l'assainissement de l'air). La direction entend aussi mettre le cap sur le secteur de l'affinage des métaux, qui a récemment repris de la vigueur, et sur celui des papetières et des usines d'incinération de produits sulfurés. Quant au segment des centrales thermiques, Cansolv se frotte les mains devant les chiffres: il existe 1024 centrales thermiques au charbon aux États-Unis seulement. Un bémol toutefois, selon Marcel Ayotte: les propriétaires de ces centrales sont réfractaires aux nouvelles technologies. Qui plus est, lesdites centrales requièrent de gros systèmes très dispendieux. «Il faudra du temps pour faire évoluer les mentalités, estime-t-il. Mais dès que les normes seront plus sévères, elles n'auront plus le choix.»
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