Effet de serre - Même les végétaux peuvent faire une indigestion de CO2
La faculté des végétaux de contrecarrer l'effet de serre aurait été surestimée, avance une équipe de chercheurs de l'université McGill. L'affirmation, qui contredit l'hypothèse répandue selon laquelle la végétation est en mesure d'absorber le supplément de gaz carbonique présent dans l'environnement, a tillé la curiosité du géant Nature, qui a choisi de publier aujourd'hui dans ses pages les résultats de l'étonnante étude montréalaise.
Sous la direction de Graham Bell, professeur de biologie à l'université McGill, la chercheuse Sinead Collins a étudié la réaction d'algues soumises à de fortes concentrations de gaz carbonique, des travaux qu'elle a échelonnés sur mille générations de chlamydomonas. «Les algues sont de bons modèles parce qu'elles évoluent très vite. Le chlamydomonas — une algue que l'on retrouve dans la terre — est d'ailleurs très prisé par les scientifiques», explique Mme Collins.
Deux ans d'observation attentive et mille générations plus tard, la chercheuse est arrivée à des conclusions surprenantes. Si les premières générations qu'elle avait observées s'étaient adaptées facilement à un apport accru en CO2, les dernières générations, elles, ont montré de variables mais sérieux problèmes d'adaptation.
En effet, ce n'est pas parce que la quantité de nourriture augmente que les cellules deviennent forcément plus efficaces, a découvert Mme Collins. «On a montré que, si on donne beaucoup de CO2 pendant quelques jours ou même quelques semaines aux algues, on obtient des cellules qui sont très grandes et très nombreuses.» Mais il n'y a pas là une tendance sur laquelle on peut se fier. «Après mille générations, on se retrouve avec des cellules plus petites et beaucoup moins nombreuses», a noté Mme Collins.
Une pareille évolution est d'autant plus inquiétante que certaines cellules deviennent alors paresseuses ou même inefficaces à assimiler le CO2, allant parfois jusqu'à dégénérer et mourir. Selon les chercheurs de McGill, ce phénomène est attribuable au fait que, avec le niveau de CO2 qu'on a dans l'atmosphère, les cellules doivent toujours travailler pour ingérer le CO2. Avec des niveaux plus élevés toutefois, elles n'ont plus à travailler, ce qui atrophie leur mécanisme d'assimilation du CO2 pourtant essentiel à leur survie.
Du point de vue environnemental, ces résultats frappent l'imaginaire puisqu'ils laissent supposer que des végétaux pourraient devenir si saturés de CO2 qu'ils cesseraient de l'assimiler. Selon Graham Bell, ces conclusions peuvent d'ailleurs tout aussi bien s'appliquer à d'autres espèces végétales. Des effets que l'on pourrait bien voir en direct dans les prochaines décennies.
Sous la direction de Graham Bell, professeur de biologie à l'université McGill, la chercheuse Sinead Collins a étudié la réaction d'algues soumises à de fortes concentrations de gaz carbonique, des travaux qu'elle a échelonnés sur mille générations de chlamydomonas. «Les algues sont de bons modèles parce qu'elles évoluent très vite. Le chlamydomonas — une algue que l'on retrouve dans la terre — est d'ailleurs très prisé par les scientifiques», explique Mme Collins.
Deux ans d'observation attentive et mille générations plus tard, la chercheuse est arrivée à des conclusions surprenantes. Si les premières générations qu'elle avait observées s'étaient adaptées facilement à un apport accru en CO2, les dernières générations, elles, ont montré de variables mais sérieux problèmes d'adaptation.
En effet, ce n'est pas parce que la quantité de nourriture augmente que les cellules deviennent forcément plus efficaces, a découvert Mme Collins. «On a montré que, si on donne beaucoup de CO2 pendant quelques jours ou même quelques semaines aux algues, on obtient des cellules qui sont très grandes et très nombreuses.» Mais il n'y a pas là une tendance sur laquelle on peut se fier. «Après mille générations, on se retrouve avec des cellules plus petites et beaucoup moins nombreuses», a noté Mme Collins.
Une pareille évolution est d'autant plus inquiétante que certaines cellules deviennent alors paresseuses ou même inefficaces à assimiler le CO2, allant parfois jusqu'à dégénérer et mourir. Selon les chercheurs de McGill, ce phénomène est attribuable au fait que, avec le niveau de CO2 qu'on a dans l'atmosphère, les cellules doivent toujours travailler pour ingérer le CO2. Avec des niveaux plus élevés toutefois, elles n'ont plus à travailler, ce qui atrophie leur mécanisme d'assimilation du CO2 pourtant essentiel à leur survie.
Du point de vue environnemental, ces résultats frappent l'imaginaire puisqu'ils laissent supposer que des végétaux pourraient devenir si saturés de CO2 qu'ils cesseraient de l'assimiler. Selon Graham Bell, ces conclusions peuvent d'ailleurs tout aussi bien s'appliquer à d'autres espèces végétales. Des effets que l'on pourrait bien voir en direct dans les prochaines décennies.
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