Et si on passait à l'action?
Photo : Agence France-Presse
Des milliers de mètres carrés de déchets flottent sur une rivière de Jakarta.
En environnement, le «gros bon sens» ne sert à rien pour évaluer la situation. Supposons un sondage quelconque où le citoyen serait questionné sur l'effort que consentent les divers pays pour garantir la qualité de leur système écologique et, disons, une évaluation portée sur le couple États-Unis-Canada. La réponse irait de soi pour la majorité des interrogés.
Le Canada n'a-t-il pas admis les principes qui soutiennent le Protocole de Kyoto? L'ancien premier ministre Chrétien n'a-t-il pas dans le passé répété, au risque de perdre les quelques chances électorales qu'il avait en Alberta, que le gouvernement canadien ne reculerait devant rien pour protéger l'environnement? Même au Québec, tout politicien trop laxiste dans ce secteur ne risque-t-il pas d'être lapidé sur la place publique?
En contrepartie, un George W. Bush est décrié par la majeure partie des observateurs de la scène politique américaine en tant que néolibéral prêt à mettre à mal toute la planète afin de permettre le profit facile et de ne jamais nuire à l'entrepreneurship de sa base électorale. Pour preuve: la déréglementation dans le secteur automobile, l'augmentation des droits d'exploitation pétrolière dans l'Arctique, les droits de coupe dans les réserves fédérales, le laisser-faire dans le secteur énergétique, et ainsi de suite.
Laisser-faire
Mais dans les faits, la réalité est autre. Parlons-nous des gaz à effet de serre et force est alors d'admettre, devant les données statistiques, que tout va mal au nord du 49e parallèle. Entre 1990 et 2000, les émissions canadiennes ont ainsi augmenté d'environ 20 % et au Québec, selon les données du ministère des Ressources naturelles, si rien ne change d'ici 2011, ces mêmes émissions dépasseront de 19 % le niveau de 1990.
Bref, si les Américains légifèrent moins, sur le terrain, il semble y avoir une responsabilité collective accrue. Il faut dire que la conscience est vive, surtout si l'on est Californien et que le smog est depuis longtemps une réalité trop présente dans un secteur comme Los Angeles, secteur qui concentre sur un faible territoire un population quasi équivalente à toute la population canadienne: d'où, en retour, et pour le plus grand malheur des fabricants automobiles, ces normes qui obligent à la production de véhicules hybrides et moins énergivores.
Pendant ce temps, il est toujours possible, dans ce vaste territoire peu peuplé qui est le nôtre, de donner priorité à des projets comme le Suroît au détriment de l'énergie éolienne, tout comme il est pensable, dans une période de contraintes budgétaires, de ne pas renouveler les fonds québécois consacrés au développement durable. Dans un cas, il s'agit pour une société d'État de trouver moyen d'augmenter la production d'énergie à partir des propositions reçues, et dans l'autre, de respecter des priorités où les réductions d'impôt doivent accompagner des déboursés supplémentaires dans les secteurs «sensibles» que sont la santé et (peut-être) l'éducation.
Laisser-aller
Pour sûr, il est toujours possible de se consoler. Si au Québec la pollution envahit même la nappe phréatique dans plus d'une région, nous n'avons pas ici comme en Chine de rivières qui littéralement tuent, et il serait aussi impensable comme en Amérique du Sud de mettre à mal des écosystèmes en faisant brûler systématiquement des forêts. Rien de tel mais...
Depuis le temps que le mot recyclage est dans toutes les bouches, on pourrait croire que cela est fait: les grandes communautés métropolitaines ont pourtant 10 ans devant elles pour mettre en place des mécanismes qui permettront de finalement recycler 60 % des matières résiduelles. Dans le secteur immobilier, l'«efficacité» énergétique ne suffit plus et on parle de «maîtrise» de l'énergie. Comme l'indique un intervenant dans ce domaine: «Les maisons que l'on construit aujourd'hui sont plus efficaces sur le plan énergétique que celles d'hier, mais elles sont aussi plus spacieuses.»
En fait, si tous admettent, même quand ils ont en main une tasse de café en polystyrène (un cadeau de la distributrice du bureau), que le gaspillage est une pratique honteuse, force est d'admettre qu'il faut faire beaucoup plus. Nos sociétés de consommation ont établi la démesure comme norme et, tant qu'il y aura de l'eau, des milliers de litres seront nécessaires pour la fabrication d'une seule puce électronique et, tant qu'il y aura de l'air, il y aura place pour emmagasiner la fumée des multiples pots d'échappement qui émettent dans les paysages.
Comment, en fait, est-il possible de convaincre que, accord de Kyoto ou pas, il y a urgence d'agir si l'on veut seulement conserver la qualité de l'environnement? Pour l'instant, la priorité est ailleurs et il importe de plus, pour les individus et les sociétés, de satisfaire les besoins, si futiles soient-ils.
Le Canada n'a-t-il pas admis les principes qui soutiennent le Protocole de Kyoto? L'ancien premier ministre Chrétien n'a-t-il pas dans le passé répété, au risque de perdre les quelques chances électorales qu'il avait en Alberta, que le gouvernement canadien ne reculerait devant rien pour protéger l'environnement? Même au Québec, tout politicien trop laxiste dans ce secteur ne risque-t-il pas d'être lapidé sur la place publique?
En contrepartie, un George W. Bush est décrié par la majeure partie des observateurs de la scène politique américaine en tant que néolibéral prêt à mettre à mal toute la planète afin de permettre le profit facile et de ne jamais nuire à l'entrepreneurship de sa base électorale. Pour preuve: la déréglementation dans le secteur automobile, l'augmentation des droits d'exploitation pétrolière dans l'Arctique, les droits de coupe dans les réserves fédérales, le laisser-faire dans le secteur énergétique, et ainsi de suite.
Laisser-faire
Mais dans les faits, la réalité est autre. Parlons-nous des gaz à effet de serre et force est alors d'admettre, devant les données statistiques, que tout va mal au nord du 49e parallèle. Entre 1990 et 2000, les émissions canadiennes ont ainsi augmenté d'environ 20 % et au Québec, selon les données du ministère des Ressources naturelles, si rien ne change d'ici 2011, ces mêmes émissions dépasseront de 19 % le niveau de 1990.
Bref, si les Américains légifèrent moins, sur le terrain, il semble y avoir une responsabilité collective accrue. Il faut dire que la conscience est vive, surtout si l'on est Californien et que le smog est depuis longtemps une réalité trop présente dans un secteur comme Los Angeles, secteur qui concentre sur un faible territoire un population quasi équivalente à toute la population canadienne: d'où, en retour, et pour le plus grand malheur des fabricants automobiles, ces normes qui obligent à la production de véhicules hybrides et moins énergivores.
Pendant ce temps, il est toujours possible, dans ce vaste territoire peu peuplé qui est le nôtre, de donner priorité à des projets comme le Suroît au détriment de l'énergie éolienne, tout comme il est pensable, dans une période de contraintes budgétaires, de ne pas renouveler les fonds québécois consacrés au développement durable. Dans un cas, il s'agit pour une société d'État de trouver moyen d'augmenter la production d'énergie à partir des propositions reçues, et dans l'autre, de respecter des priorités où les réductions d'impôt doivent accompagner des déboursés supplémentaires dans les secteurs «sensibles» que sont la santé et (peut-être) l'éducation.
Laisser-aller
Pour sûr, il est toujours possible de se consoler. Si au Québec la pollution envahit même la nappe phréatique dans plus d'une région, nous n'avons pas ici comme en Chine de rivières qui littéralement tuent, et il serait aussi impensable comme en Amérique du Sud de mettre à mal des écosystèmes en faisant brûler systématiquement des forêts. Rien de tel mais...
Depuis le temps que le mot recyclage est dans toutes les bouches, on pourrait croire que cela est fait: les grandes communautés métropolitaines ont pourtant 10 ans devant elles pour mettre en place des mécanismes qui permettront de finalement recycler 60 % des matières résiduelles. Dans le secteur immobilier, l'«efficacité» énergétique ne suffit plus et on parle de «maîtrise» de l'énergie. Comme l'indique un intervenant dans ce domaine: «Les maisons que l'on construit aujourd'hui sont plus efficaces sur le plan énergétique que celles d'hier, mais elles sont aussi plus spacieuses.»
En fait, si tous admettent, même quand ils ont en main une tasse de café en polystyrène (un cadeau de la distributrice du bureau), que le gaspillage est une pratique honteuse, force est d'admettre qu'il faut faire beaucoup plus. Nos sociétés de consommation ont établi la démesure comme norme et, tant qu'il y aura de l'eau, des milliers de litres seront nécessaires pour la fabrication d'une seule puce électronique et, tant qu'il y aura de l'air, il y aura place pour emmagasiner la fumée des multiples pots d'échappement qui émettent dans les paysages.
Comment, en fait, est-il possible de convaincre que, accord de Kyoto ou pas, il y a urgence d'agir si l'on veut seulement conserver la qualité de l'environnement? Pour l'instant, la priorité est ailleurs et il importe de plus, pour les individus et les sociétés, de satisfaire les besoins, si futiles soient-ils.
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