La Prairie soulève la colère des écologistes
Cette fois, l'administration municipale serait responsable d'un déboisement sauvage
Photo : Jacques Nadeau
En se promenant dans le secteur du Grand Boisé de La Prairie, vendredi, la biologiste Andrée Gendron a pu constater que la Ville avait procédé à une grande coupe d’arbres devant permettre le passage d’une rue et, ultérieurement, la création d
Moins de deux semaines après l'intervention à La Prairie du ministère fédéral de Pêches et Océans (MPO) qui décidait, en déclenchant la Loi sur l'évaluation environnementale (LEE), de bloquer temporairement un projet d'ensemble résidentiel, voilà qu'un autre projet du même type dans la même ville ramène les environnementalistes de la région au front.
En se promenant vendredi soir dans le secteur du Grand Boisé, situé à quelques centaines de mètres du marais Smitter's — visé par la LEE et le MPO —, la biologiste et citoyenne de La Prairie Andrée Gendron a en effet été stupéfaite de découvrir que la Ville venait d'y déboiser l'équivalent de toute une rue. Les arbres ont été déchiquetés, tout le reste broyé par la machinerie lourde. Un véritable «champ de bataille» dans ce qui était quelques jours auparavant un «superbe milieu naturel humide», dit-elle.
La Ville confirme cette partie: «Le propriétaire des terrains nous a demandé l'autorisation de faire un projet domiciliaire», explique l'ingénieur Richard Lamarche. Dans l'optique d'établir un plan de devis qui sera soumis au ministère de l'Environnement du Québec (MENV), «il fallait déboiser l'emprise de [la future] rue pour nous permettre de faire des prélèvements de sol autour. On pourrait déboiser moins large, mais ce serait plus compliqué. C'est ce qu'on fait depuis au moins cinq ans, c'est ce qu'on a fait la semaine dernière. Maintenant on s'arrête là», en attendant les autorisations.
Andrée Gendron trouve le procédé absurde. «Pas besoin d'ouvrir aussi large pour faire des relevés, voyons! Là, tout est déjà détruit.» Elle et Denis Blanchet, un citoyen écologiste opposé à l'administration actuelle, note que la pratique reflète bien le peu de cas que fait la Ville de l'environnement. L'ingénieur Lamarche est d'ailleurs actuellement poursuivi par le syndic de l'Ordre des ingénieurs, pour avoir précédemment fait «défaut de tenir compte des conséquences de [ses] travaux sur l'environnement et sur la vie, la santé et propriété de toute personne».
Mme Gendron, M. Blanchet et Tommy Montpetit — de la coalition Sauvons nos boisés et milieux humides — , reprochent aujourd'hui à la Ville de ne pas avoir attendu que la zone visée par la procédure d'évaluation environnementale soit clairement déterminée avant d'agir pour d'autres projets situés non loin de celui bloqué. La LEE peut en effet s'appliquer à plus large échelle que celle prédéterminée (le marais Smitter's et le ruisseau de la Grande coulée dans ce cas), si les études d'impact en démontrent le besoin (un même écosystème, par exemple).
Au MPO — qui s'occupe de tout ce qui concerne l'habitat du poisson —, on confirmait hier qu'on attendait encore d'étudier les documents que la Ville devait fournir avant de prendre cette décision. «L'étude environnementale peut déborder, dit Daniel Hardy, mais ça nous prend des preuves avant de statuer. Nous ne pouvons pas bloquer des travaux sans raison.»
La Ville n'est pas obligée d'attendre d'avoir la décision du MPO avant de procéder à d'autres travaux limitrophes, dit aussi M. Hardy. «Mais si elle donne le OK pour des travaux, c'est de son propre chef et à ses risques et périls. Elle fait alors la gestion de ce risque.»
Au MENV-Montérégie, il a été impossible de savoir hier si les travaux jusqu'ici effectués avaient été autorisés ou non, et si le procédé était habituel. Normalement, selon l'article 22-B de la Loi sur la qualité de l'environnement, on ne peut effectuer sans permis des «travaux» (au sens large) dans toute zone marécageuse.
Richard Lamarche juge justement de son côté qu'il n'est aucunement question de marais dans ce secteur. Mais pour les environnementalistes, c'est plutôt que ce marais a été drainé, vidé. «À la base, ce secteur était une série de marais tous reliés, dit Denis Blanchet. Ensuite, la Ville a construit un boulevard [encore en gravier] qui a séparé en deux le réseau de milieux humides. Dans une des moitiés créées [celle où une route a été tracée cette semaine], on a drainé le marais, on peut encore voir le drain qui a été posé en catimini. Comment voulez-vous ensuite qu'on trouve du poisson dans un marais vidé?»
«Le MPO doit considérer l'ensemble du secteur dans sa procédure d'évaluation, souhaite Andrée Gendron. On ne peut attendre après la Ville ou le MENV pour protéger notre patrimoine naturel».
Rappelons que le MENV-Montérégie a signé une entente cet hiver avec la Ville et le promoteur immobilier, pour notamment créer un parc régional de conservation près des développements immobiliers. Un accord que les environnementalistes jugent mauvais, parce que les zones les plus riches en biodiversité se trouveront quand même à l'extérieur des limites protégées.
En se promenant vendredi soir dans le secteur du Grand Boisé, situé à quelques centaines de mètres du marais Smitter's — visé par la LEE et le MPO —, la biologiste et citoyenne de La Prairie Andrée Gendron a en effet été stupéfaite de découvrir que la Ville venait d'y déboiser l'équivalent de toute une rue. Les arbres ont été déchiquetés, tout le reste broyé par la machinerie lourde. Un véritable «champ de bataille» dans ce qui était quelques jours auparavant un «superbe milieu naturel humide», dit-elle.
La Ville confirme cette partie: «Le propriétaire des terrains nous a demandé l'autorisation de faire un projet domiciliaire», explique l'ingénieur Richard Lamarche. Dans l'optique d'établir un plan de devis qui sera soumis au ministère de l'Environnement du Québec (MENV), «il fallait déboiser l'emprise de [la future] rue pour nous permettre de faire des prélèvements de sol autour. On pourrait déboiser moins large, mais ce serait plus compliqué. C'est ce qu'on fait depuis au moins cinq ans, c'est ce qu'on a fait la semaine dernière. Maintenant on s'arrête là», en attendant les autorisations.
Andrée Gendron trouve le procédé absurde. «Pas besoin d'ouvrir aussi large pour faire des relevés, voyons! Là, tout est déjà détruit.» Elle et Denis Blanchet, un citoyen écologiste opposé à l'administration actuelle, note que la pratique reflète bien le peu de cas que fait la Ville de l'environnement. L'ingénieur Lamarche est d'ailleurs actuellement poursuivi par le syndic de l'Ordre des ingénieurs, pour avoir précédemment fait «défaut de tenir compte des conséquences de [ses] travaux sur l'environnement et sur la vie, la santé et propriété de toute personne».
Mme Gendron, M. Blanchet et Tommy Montpetit — de la coalition Sauvons nos boisés et milieux humides — , reprochent aujourd'hui à la Ville de ne pas avoir attendu que la zone visée par la procédure d'évaluation environnementale soit clairement déterminée avant d'agir pour d'autres projets situés non loin de celui bloqué. La LEE peut en effet s'appliquer à plus large échelle que celle prédéterminée (le marais Smitter's et le ruisseau de la Grande coulée dans ce cas), si les études d'impact en démontrent le besoin (un même écosystème, par exemple).
Au MPO — qui s'occupe de tout ce qui concerne l'habitat du poisson —, on confirmait hier qu'on attendait encore d'étudier les documents que la Ville devait fournir avant de prendre cette décision. «L'étude environnementale peut déborder, dit Daniel Hardy, mais ça nous prend des preuves avant de statuer. Nous ne pouvons pas bloquer des travaux sans raison.»
La Ville n'est pas obligée d'attendre d'avoir la décision du MPO avant de procéder à d'autres travaux limitrophes, dit aussi M. Hardy. «Mais si elle donne le OK pour des travaux, c'est de son propre chef et à ses risques et périls. Elle fait alors la gestion de ce risque.»
Au MENV-Montérégie, il a été impossible de savoir hier si les travaux jusqu'ici effectués avaient été autorisés ou non, et si le procédé était habituel. Normalement, selon l'article 22-B de la Loi sur la qualité de l'environnement, on ne peut effectuer sans permis des «travaux» (au sens large) dans toute zone marécageuse.
Richard Lamarche juge justement de son côté qu'il n'est aucunement question de marais dans ce secteur. Mais pour les environnementalistes, c'est plutôt que ce marais a été drainé, vidé. «À la base, ce secteur était une série de marais tous reliés, dit Denis Blanchet. Ensuite, la Ville a construit un boulevard [encore en gravier] qui a séparé en deux le réseau de milieux humides. Dans une des moitiés créées [celle où une route a été tracée cette semaine], on a drainé le marais, on peut encore voir le drain qui a été posé en catimini. Comment voulez-vous ensuite qu'on trouve du poisson dans un marais vidé?»
«Le MPO doit considérer l'ensemble du secteur dans sa procédure d'évaluation, souhaite Andrée Gendron. On ne peut attendre après la Ville ou le MENV pour protéger notre patrimoine naturel».
Rappelons que le MENV-Montérégie a signé une entente cet hiver avec la Ville et le promoteur immobilier, pour notamment créer un parc régional de conservation près des développements immobiliers. Un accord que les environnementalistes jugent mauvais, parce que les zones les plus riches en biodiversité se trouveront quand même à l'extérieur des limites protégées.
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