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    Québec mandate le BAPE pour le projet d’expansion du parc de résidus d’ArcelorMittal

    La minière souhaite y stocker plus de 825 millions de tonnes de résidus d’ici 2045

    ArcelorMittal exploite une mine de fer à Fermont, sur la Côte-Nord, dont les différentes fosses devraient à terme atteindre une superficie totale de 11,3 km2.
    Photo: Géraldine Woessner Archives Agence France-Presse ArcelorMittal exploite une mine de fer à Fermont, sur la Côte-Nord, dont les différentes fosses devraient à terme atteindre une superficie totale de 11,3 km2.

    Le gouvernement Couillard a décidé de mandater le BAPE pour qu’il mène des audiences publiques sur le projet d’expansion de l’imposant parc de résidus de la mine de fer du Mont-Wright d’ArcelorMittal, a appris Le Devoir. La minière souhaite y stocker plus de 825 millions de tonnes de résidus d’ici 2045.

     

    Le nouveau président du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), Philippe Bourke, a en effet désigné deux membres de l’organisme afin qu’ils mènent une enquête et des audiences publiques sur ce projet, situé dans la région de Fermont.

     

    Le Devoir avait fait état du projet de l’entreprise dans son édition du 9 novembre, soit la veille de la date butoir pour la période d’information et de consultation sur le projet.

     

    Interpellée la journée même, la ministre de l’Environnement Isabelle Melançon avait déclaré : « À la lumière de ce que je lis ce matin, tout me laisse croire qu’il y aura des audiences publiques. » Selon les règles en vigueur, c’est elle qui devait décider de mandater le BAPE dans ce dossier.

     

    Il faut dire que le projet est important. ArcelorMittal exploite une mine dont les différentes fosses devraient à terme atteindre une superficie totale de 11,3 kilomètres carrés, selon les données du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles. C’est trois fois plus que la superficie qu’aura la mine d’or de Malartic, à la fin de l’expansion de cette dernière.

     

    ArcelorMittal prévoit aussi de produire 1318 millions de tonnes de résidus miniers sur une période de 30 ans, soit six fois plus que la mine de Malartic.

     

    825 millions de tonnes

     

    Pour poursuivre son expansion, l’entreprise doit agrandir les sites où sont entreposés les résidus de l’exploitation, selon ce que précise ArcelorMittal dans une volumineuse étude d’impact de 534 pages. Un document qui a mené à la rédaction d’un autre document de 939 pages de réponses aux questions du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

     

    Selon les plans de l’entreprise, le « futur scénario d’entreposage des résidus » permettra de stocker 825 millions de tonnes de 2026 à 2045, pour un total de 1318 millions de tonnes entre 2014 et 2045. Pour mener à bien ce projet, l’entreprise souhaite construire par la même occasion deux nouveaux bassins pour « optimiser la gestion de l’eau », dont un bassin d’« eau de procédé » de 3,6 km2 et un « bassin de sédimentation » 420 000 m2.

     

    Selon ce qu’indique le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) dans sa description du projet, « le promoteur prévoit de commencer les travaux de construction à l’été 2018 », afin que les infrastructures soient prêtes en 2025. Il s’agit d’un projet majeur, puisque le coût des infrastructures et de la gestion de l’eau jusqu’en 2045 est évalué à 458 millions de dollars.

     

    Destruction de lacs

     

    Dans son étude d’impact, ArcelorMittal reconnaît aussi que la croissance des quantités de résidus miniers à gérer « causera un empiétement dans certains lacs, les étangs et cours d’eau ». Le BAPE précise que ce projet entraînera « la destruction de 11 lacs, 15 étangs et 25 ruisseaux ». À cela s’ajoute une perte d’habitat de 11,2 km2 pour la faune terrestre.

     

    « Toutefois, écrit la minière, les milieux touchés sont situés à proximité des surfaces actuellement utilisées pour l’entreposage des résidus de la mine de Mont-Wright ainsi qu’à proximité du site minier du lac Bloom, ce qui en réduit leur qualité. » Qui plus est, un programme de « restauration » est prévu pour compenser la perte de milieux naturels.

     

    Le porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine, Ugo Lapointe, avait réclamé la tenue d’audiences publiques du BAPE. Selon lui, il faut s’assurer que le site sera « sécuritaire », mais aussi que les garanties financières sont suffisantes pour la restauration du site.













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