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    Un futur terminal à Montréal utilisera un pipeline âgé de 65 ans

    Le projet de la CIAM nécessitera la construction de huit réservoirs d’entreposage de carburant en bordure du fleuve Saint-Laurent.
    Photo: Maquettes Corporation internationale d’avitaillement de Montréal Le projet de la CIAM nécessitera la construction de huit réservoirs d’entreposage de carburant en bordure du fleuve Saint-Laurent.

    La construction d’un nouveau terminal maritime dans l’est de Montréal, destiné à l’importation de carburant d’avion, nécessitera l’utilisation du pipeline Trans-Nord pour le transport du kérosène jusqu’à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. Mais les enjeux soulevés par ce pipeline construit en 1952 et ayant connu plusieurs problèmes ne font pas partie de l’étude d’impact du projet.

     

    Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a publié mardi plusieurs centaines de pages de documents techniques liés à l’étude d’impact produite par le promoteur de ce projet, la Corporation internationale d’avitaillement de Montréal (CIAM).

     

    La CIAM souhaite construire un nouveau terminal pour recevoir, à Montréal-Est, du carburant d’avion destiné aux aéroports de Montréal, d’Ottawa et de Toronto. La construction de ce nouveau terminal, qui remplacera une bonne partie des transbordements effectués présentement au port de Québec, pourrait débuter en 2018.

     

    Ce projet prévoit notamment la construction de huit réservoirs qui permettront de stocker 164 millions de litres de kérosène, en bordure du fleuve Saint-Laurent. Ces produits pétroliers, amenés par bateau, pourront ensuite être chargés à bord de convois ferroviaires (7300 à 10 950 wagons-citernes par année), de camions ou de barges, pour alimenter Ottawa et Toronto.

    Examinez le tracé projeté du pipeline.

    Déversements

     

    Pour ce qui est de l’aéroport de Montréal, situé à Dorval, la CIAM prévoit de construire un tronçon de pipeline de sept kilomètres afin de se connecter sur le « pipeline existant » de Trans-Nord, à Montréal-Est. Cette conduite traverse ensuite Montréal-Nord, puis la rivière des Prairies, une partie de Laval d’est en ouest, avant de redescendre vers le sud, de retraverser la rivière des Prairies, puis de rejoindre l’aéroport.

     

    Même si ce pipeline fait partie des « critères de sélection » du site choisi, il est seulement mentionné dans les documents produits par la CIAM et publiés par le BAPE. Selon le promoteur, il est question de l’utiliser jusqu’à trois jours par semaine pour transporter du kérosène jusqu’à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. Ce pipeline a une capacité de transport de 27,5 millions de litres par jour, soit plus de 172 000 barils.

     

    Ce pipeline, construit en bonne partie en 1952, a connu plusieurs problèmes au cours des dix dernières années. Il est responsable à lui seul de six des treize incidents liés aux pipelines au Québec répertoriés par l’ONE, et ce, depuis 2008.

     

    Il est notamment à l’origine d’un déversement de plus de 14 000 litres survenu près de la rivière des Prairies, en 2010. La même année, un autre déversement de plus de 1500 litres a eu lieu dans Montréal-Est. En septembre dernier, Trans-Nord a également annoncé son intention de remplacer une portion de 500 mètres de conduite, en raison de l’érosion de celle-ci.

     

    Sécuritaire

     

    L’entreprise a assuré mardi que le pipeline sera utilisé de façon « sécuritaire » dans le cadre du projet de la CIAM. « Nous travaillons depuis plusieurs années avec les responsables de ce projet pour nous assurer que nous avons une compréhension claire de leur approche et de leur échéancier, ainsi que pour nous assurer que le futur pipeline de la CIAM s’arrimera de manière sécuritaire au réseau de Pipeline Trans-Nord », a fait valoir une porte-parole de Trans-Nord.

     

    Le projet de la CIAM, évalué à 150 millions de dollars, doit faire l’objet d’une période d’information de 45 jours. Après cela, la ministre de l’Environnement Isabelle Melançon décidera si elle mandatera le BAPE pour mener des audiences publiques.

     

    La CIAM estime à 738 le nombre d’emplois directs et indirects pendant la construction du terminal et à 20 le nombre d’emplois permanents en phase d’exploitation. Selon la documentation du promoteur, le projet permettra de « diversifier les sources d’approvisionnement de carburant », mais aussi de « répondre à l’augmentation de la demande » et de réduire le coût du carburant pour les compagnies aériennes.













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