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    Le pétrole du projet Bourque serait exploité par fracturation

    La plateforme de forage Bourque
    Photo: Source Pétrolia La plateforme de forage Bourque

    Quelques mois après avoir mis fin à l’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti, le gouvernement Couillard se retrouve directement associé à un autre projet pétrolier qui devrait nécessiter des opérations de fracturation, a constaté Le Devoir. Québec a d’ailleurs déjà investi plus de 20 millions de dollars dans le projet Bourque, aujourd’hui contrôlé par Pieridae Energy.

     

    Avant sa fusion avec cette entreprise albertaine, Pétrolia a commandé une étude sur le potentiel du projet Bourque, situé en Gaspésie, à la firme Sproule. Il s’agit de la même firme qui avait évalué le potentiel pétrolier sur Anticosti.

     

    Dans un communiqué publié la semaine dernière, Pieridae Energy soulignait d’ailleurs que ce « gisement » présenté jusqu’à maintenant pour son potentiel en gaz naturel serait en fait propice à la découverte de pétrole. Dans le meilleur des cas, le sous-sol pourrait contenir un « volume de pétrole initialement en place » de plus de 800 millions de barils. Les « ressources » pourraient toutefois se situer entre 4 et 16 millions de barils.

     

    Fracturation

     

    Contrairement au communiqué publié par l’entreprise de Calgary, le rapport de Sproule souligne par ailleurs que l’exploitation des ressources en pétrole et en gaz du projet Bourque nécessitera probablement de recourir à des forages horizontaux jumelés à des opérations de fracturation en plusieurs étapes.

     

    Le rapport compare d’ailleurs la formation géologique convoitée en Gaspésie à d’autres formations du même genre, où des opérations de fracturation ont permis de « développer avec succès » l’exploitation d’énergies fossiles. Le document souligne du même coup que les succès obtenus ailleurs en Amérique du Nord constituent un « facteur positif » pour l’exploitation éventuelle du gisement de Bourque.

     

    L’évaluation de Sproule, datée du 30 septembre, souligne également que Pétrolia cherche à obtenir davantage d’« information » sur la « viabilité économique » du projet en évaluant la possibilité de développer un « projet-pilote » de fracturation hydraulique en 18 étapes pour deux puits du projet Bourque. « Les résultats de ce projet-pilote pourraient être obtenus en 2018 », selon ce qu’on peut lire dans le document de 66 pages.

     

    Le rapport reconnaît cependant que ces projets de fracturation risquent de se heurter à une « résistance sociale et politique » au Québec. Le gouvernement Couillard compte toutefois autoriser les opérations de fracturation, selon ce qui est inscrit dans les projets de règlement conçus pour la mise en oeuvre de la Loi sur les hydrocarbures.

     

    Est-ce que Pieridae Energy entend présenter une demande d’autorisation au gouvernement pour mener un projet-pilote de fracturation ? « Tout d’abord, il est important de préciser que le projet Bourque est géré par une coentreprise détenue, dans l’ordre, par Pieridae Energy, Ressources Québec et Tugliq. Pour l’instant, la coentreprise n’a pas statué sur la suite à donner aux conclusions du rapport de Sproule », a répondu son porte-parole, Jean-François Belleau.

     

    Il est vrai que Ressources Québec, filiale d’Investissement Québec, est le partenaire principal de Pieridae dans ce projet. La société d’État contrôle en fait 45 % du projet Bourque. Celui-ci a d’ailleurs reçu des appuis politiques et financiers de la part du gouvernement Couillard. L’entreprise Pétrolia a notamment obtenu 12,3 millions provenant du fonds Capital Mines Hydrocarbures, en plus d’avoir bénéficié d’un autre investissement de 9,4 millions de la part d’Investissement Québec.

     

    Le gouvernement a l’intention de demeurer partenaire dans le développement de ce projet, selon ce qu’a précisé le cabinet du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau. Avec le projet de loi no 150, Québec entend aussi élargir l’accès au financement public pour les projets d’exploitation d’énergies fossiles.

     

    « Nous sommes conscients que nous ne pouvons éviter l’utilisation des hydrocarbures, mais la stratégie énergétique a pour objectif de réduire la dépendance aux énergies fossiles et de développer les nouvelles sources d’énergie plus propres », a souligné le bureau du ministre.

     

    « Nous tenons à le rappeler, le développement éventuel des ressources naturelles doit se faire dans le respect de l’environnement, et cela, de façon ordonnée, en fonction d’un plan réfléchi, en respectant les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre établies par le gouvernement », a également assuré le cabinet de M. Moreau.

    Amende à Pétrolia Dans le cadre du développement du projet d’exploration Bourque, l’entreprise Pétrolia a écopé d’une amende de 5000 $ en mars 2017 « pour avoir exercé une activité sans obtenir préalablement l’autorisation » du ministère de l’Environnement. En fait, Pétrolia a effectué « des prélèvements d’eau supérieurs à 75 000 litres par jour les 16 et 17 septembre 2016 dans le cadre du forage de Bourque 1 », a confirmé le ministère. Une série de documents obtenus par Le Devoir en vertu de la Loi sur l’accès à l’information indiquent par ailleurs que l’entreprise a effectué des opérations de « stimulation » d’un puits à l’aide d’acide chlorhydrique. Plusieurs informations ont toutefois été caviardées. Il n’est donc pas possible de connaître les quantités de produits utilisés, ni leur nature.













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