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    Des mandats municipaux sous le signe du développement durable

    23 novembre 2017 | Hélène Roulot-Ganzmann - Collaboration spéciale | Actualités sur l'environnement
    Transports actifs et collectifs, électrification et problèmes de congestion ont fait partie des débats durant la dernière campagne électorale.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Transports actifs et collectifs, électrification et problèmes de congestion ont fait partie des débats durant la dernière campagne électorale.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Il y a deux ans déjà, un millier de maires du monde entier se réunissaient dans la capitale française, en marge de la Conférence de l’ONU sur le climat COP21. Les participants à ce Sommet des élus locaux pour le climat visaient à faire pression sur leurs gouvernements et à se poser en partenaires critiques dans la mise en oeuvre de l’Accord de Paris sur le climat, fixant des objectifs chiffrés assez ambitieux quant à la baisse des émissions de gaz à effet de serre, les fameux GES. Parmi eux, une délégation de maires affiliés à l’Union des municipalités du Québec (UMQ), dont Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie.

     

    « Le développement durable et la lutte contre le réchauffement climatique touchent une bonne partie des responsabilités municipales, indique-t-elle. Et en premier lieu bien sûr, la mobilité. Les transports actifs et collectifs, l’électrification, les problèmes de congestion, etc. Tout cela a fait partie des débats durant la dernière campagne électorale. »

     

    Mme Roy ajoute que même les candidats les moins investis en faveur du développement durable ont dû faire leur ce dossier. Parce qu’il s’agit de faire en sorte que nous vivions tous dans un meilleur environnement. Mais qu’il s’agit aussi de développement économique.

     

    « Des camions à l’arrêt dans le trafic sur les autoroutes 10 ou 30, c’est un risque environnemental, mais c’est aussi un problème économique, souligne-t-elle. Parce que ce sont des produits, des matériaux qui stationnent, mais aussi des travailleurs qui arrivent en retard au travail. »

     

    Transport et énergie

     

    Dans la lutte contre les changements climatiques, les municipalités sont en première ligne. Parce que, lorsqu’il y a des désordres atmosphériques — tempête, inondation, sécheresse, etc. —, c’est en effet à elles d’intervenir. Parce qu’aussi, aujourd’hui, plus de la moitié de la planète vit dans des zones urbaines et que celles-ci sont responsables de 70 % des GES. Des émissions qui proviennent majoritairement de deux sources, le transport et l’énergie.

     

    Disposant, avec l’hydro-électricité, d’une source d’énergie à faible impact carbone, le Québec ne peut cependant pas compter, pour atteindre les cibles de réduction d’émissions qu’il s’est fixées, sur la fermeture de quelques centrales au charbon. Pour alléger le bilan de la province, où le secteur des transports compte pour près de la moitié, il faudra modifier ses habitudes.

     

    « Les citoyens sont aujourd’hui prêts à le faire, assure Suzanne Roy. Mais encore faut-il leur proposer des solutions qui ne leur compliquent pas trop l’existence. Ces dernières années, dans toute la couronne sud, des pistes cyclables ont été aménagées. À Sainte-Julie, elles sont maintenant déneigées l’hiver et nous aurons bientôt une vélo-station recouverte, de sorte que les bicyclettes pourront demeurer à l’abri. Il y a également le très beau projet du REM [Réseau électrique métropolitain]. Tout cela, ce sont des automobiles en moins sur les routes. »

     

    Sujet mobilisateur

     

    Autre secteur, autre réalité. À Victoriaville, le maire, André Bellavance, dit avoir lui-même besoin de rouler en voiture parce que le transport en commun est presque inexistant et que l’étalement urbain fait en sorte que les distances à parcourir sont grandes. Il affirme cependant que son administration réfléchit grandement à la question, en raison notamment du succès des taxisbus. Ici, pas de circuits fixes, les trajets sont élaborés selon l’horaire, en fonction des réservations des usagers. Le Taxibus s’apparente à un service traditionnel de transport en commun, avec la particularité d’utiliser des voitures-taxis.

     

    « Son utilisation monte en flèche, affirme M. Bellavance, notamment chez les étudiants, les aînés et les immigrants. À Victoriaville, nous n’avons plus de trajet de bus, car la demande n’était pas là. Sans doute que l’offre n’était pas la bonne. Nous devons y réfléchir. Peut-être qu’un service de minibus électriques sera plus efficace. »

     

    En attendant, le maire affirme que sa ville fait beaucoup en matière de développement durable. Il souligne que les habitants de Victoriaville disposent de bacs de compostage depuis près de vingt ans et que la Ville consacre beaucoup d’énergie à sensibiliser les entrepreneurs aux bienfaits du tri sélectif.

     

    En septembre dernier, la municipalité organisait également son quatrième forum du développement durable. Vingt-huit villes venues d’un peu partout au Québec ont fait le déplacement pour proposer un projet écoresponsable et repartir, après une journée de travail avec des experts, des chercheurs et des étudiants, avec un plan d’affaires.

     

    « Nous avons lancé les invitations et, en quelques jours, l’événement était complet, rapporte M. Bellavance. La preuve que c’est un sujet qui mobilise au sein des municipalités. Les enjeux étaient très divers : la mobilité, mais aussi la ville intelligente, la gestion des déchets ou encore de l’eau potable, l’aménagement des centres-villes ou encore le verdissement. L’un des projets a été sélectionné par un jury. La Ville de Saint-Jérôme est ainsi repartie avec une bourse. Elle souhaite mettre en place un système de récompenses pour ses citoyens qui parviennent à réduire leur consommation d’eau. »

     

    Qui paie ?

     

    La protection de l’environnement est un autre des grands enjeux des villes en matière de développement durable. À Sainte-Julie, la municipalité a par exemple protégé plusieurs secteurs ces dernières années. « Nous venons de classer une aire naturelle protégée à perpétuité, précise la mairesse. Mais le problème derrière cela, ce sont nos finances, ajoute-t-elle. Toute la fiscalité municipale, qui représente 80 % de nos revenus, est basée sur l’impôt foncier. En protégeant des aires, non seulement nous nous privons de taxes, mais en plus nous avons des frais pour l’entretien. »

     

    Et Suzanne Roy de conclure que les municipalités pourront mettre toute la bonne volonté du monde à tenir leurs engagements, pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, il faudra travailler de concert avec les autres ordres de gouvernement.













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