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    Accord de Paris: les États-Unis isolés après le ralliement de la Syrie

    8 novembre 2017 | Catherine Hours - Agence France-Presse à Bonn | Actualités sur l'environnement
    À l'occasion de la COP23, les pays membres étaient réunis à Bonn, en Allemagne, mardi.
    Photo: Oliver Berg Associated Press À l'occasion de la COP23, les pays membres étaient réunis à Bonn, en Allemagne, mardi.

    La Syrie a annoncé mardi lors de la COP23 à Bonn son intention de se joindre à l’Accord de Paris contre le réchauffement planétaire, laissant les États-Unis seuls désormais en marge de la coalition climatique mondiale.

     

    Selon l’ONU, l’annonce est venue par le biais d’un délégué syrien, Wadah Katmawi, vice-ministre au ministère syrien de l’Administration locale et de l’Environnement. Il a fait cette déclaration devant ses collègues négociateurs de la 23e conférence de l’ONU sur les changements climatiques, selon plusieurs observateurs.

     

    « Ils ont dit qu’ils allaient rejoindre l’Accord de Paris », a indiqué Safa al-Jayoussi, directrice de l’ONG IndyAct, qui a le statut d’observateur dans ce processus de négociation, évoquant cette intervention, en arabe, en plénière.

     

    « Nous comprenons que le gouvernement de Syrie a annoncé aujourd’hui son intention de rejoindre l’Accord de Paris », a confirmé un porte-parole de la Convention climat des Nations unies.

     

    Selon lui, Damas devra désormais déposer ses instruments de ratification auprès de l’ONU à New York.

     

    Le pays sera ainsi le 197e et dernier État à rejoindre l’accord, à ce stade ratifié par 169 États et entré en vigueur moins d’un an après son adoption à Paris fin 2015. L’accord a aussi été porté, signé puis ratifié par le gouvernement Obama, avant d’être dénoncé par le président Donald Trump, élu fin 2016.

     

    Selon le site du Parlement syrien, un projet de loi a été adopté le 22 octobre afin de ratifier l’Accord de Paris, « conformément à la Constitution syrienne qui stipule la protection de l’environnement ».

     

    À Bonn, le représentant syrien a « souligné que tous les pays avaient une responsabilité, mais aussi évoqué l’intention [de la Syrie] de se consacrer à [ses] priorités nationales, notamment la reconstruction après la guerre », a précisé Cynthia Elliott, du think tank américain WRI, organisation ayant également rang d’observateur.

     

    « C’est super ! Ils sont la dernière partie à la convention-climat de l’ONU à signer l’Accord de Paris », a réagi Chai Qimin, négociateur pour la Chine. « Ce qui n’en laisse qu’un à avoir annoncé son retrait », a-t-il ajouté, sans nommer Washington.

     

    Réaction américaine

     

    En revanche, la porte-parole du département d’État américain Heather Nauert a « trouvé cela ironique ».

     

    « Franchement, la Syrie s’inquiète vraiment ? », « c’est risible », a-t-elle lancé à des journalistes à Washington. « Si le gouvernement syrien se préoccupe autant de ce qu’il y a dans l’air, alors qu’il commence par ne pas gazer son propre peuple. »

     

    Le président Trump a annoncé le 1er juin sa décision de retirer son pays de l’Accord de Paris. « À moins que le président puisse trouver des termes qui soient plus favorables aux entreprises, aux travailleurs et aux contribuables américains », avait indiqué le gouvernement, sans jamais donner de précisions.

     

    L’Accord de Paris vise à limiter le réchauffement mondial bien en deçà de 2 °C par rapport à la Révolution industrielle.

     

    Avec la décision du Nicaragua de signer un accord qu’il avait d’abord jugé insuffisant et avec le ralliement de la Syrie, Washington se retrouve seul à dénoncer le pacte. Les statuts du texte ne lui permettent cependant pas d’en sortir concrètement avant le 4 novembre 2020.

     

    « Les États-Unis sont isolés, souligne mardi Alden Meyer, expert du think tank américain Union of Concerned Scientists. Sur ce sujet du climat, personne ne veut être en compagnie de Donald Trump, qui se retrouve dans un splendide isolement. »

     

    « Quand, même la Syrie, avec tous ses problèmes, peut saisir l’importance d’un accord climatique mondial, cela montre combien le Parti républicain aux États-Unis est idéologiquement marié avec le déni climatique », a réagi Mohamed Adow, de l’ONG Christian Aid.

     

    Les États-Unis sont aujourd’hui le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, et historiquement le premier.

     

    À la COP23, qui se tient jusqu’au 17 novembre, une délégation américaine est présente pour participer aux débats sur les règles d’application de l’accord « afin de protéger les intérêts » américains, selon le département d’État.

     

    Après le ralliement de la Syrie, les États-Unis sont seuls en marge de l’accord climat.


    Macron n’invite pas Trump à Paris L’isolement des États-Unis sur le front climatique mondial se confirme. La France a annoncé mardi que le président Donald Trump n’a pas été invité au sommet international qui se tiendra à Paris le 12 décembre pour faire progresser les dossiers économiques liés à la mise en oeuvre de l’Accord de Paris. Ce sommet, que la France organise à l’occasion des deux ans de la conclusion de l’Accord de Paris sur le climat, réunira 2000 participants issus d’une centaine de pays invités, mais aussi plus de 800 organisations et acteurs publics et privés. «Pour l’instant, le président Donald Trump n’est pas invité», car les chefs d’État invités sont les «États engagés dans la mise en oeuvre de l’Accord», a toutefois annoncé mardi la présidence française, en dévoilant les détails du «One Planet Summit». Il faut dire que Donald Trump a annoncé en juin le retrait des États-Unis de l’Accord, retrait qui ne sera toutefois effectif qu’à l’automne 2020.












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