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    New Delhi peine à respirer dans la pollution

    7 novembre 2017 15h31 | Agence France-Presse à New Delhi | Actualités sur l'environnement
    Dès le réveil, mardi, les larges artères de New Delhi se sont voilées de gris.
    Photo: Prakash Singh Agence France-Presse Dès le réveil, mardi, les larges artères de New Delhi se sont voilées de gris.

    La capitale indienne New Delhi était envahie mardi par l’un de ces brouillards polluants qui lui valent sa sinistre réputation de mégapole parmi les plus polluées au monde.

     

    Depuis le réveil, les larges artères de la ville étaient voilées de gris. Les appartements ressemblaient à des fumoirs. Des petits commerçants de rue s’étaient noué un chiffon sur le visage, protection bien dérisoire.

     

    Des situations comme celles de New Delhi, agglomération d’une vingtaine de millions d’habitants, mettent en question la durabilité des modes de vie humains dans des zones aussi peuplées. Et ce à l’heure où l’empreinte de l’homme sur la planète bleue est au coeur de la COP23 qui se déroule actuellement en Allemagne.

     
    Delhi est devenu invivable, particulièrement pour les enfants
    Vipin Malhotra, un homme d’affaires de New Delhi
     

    En milieu d’après-midi, heure où les concentrations de particules en suspension sont pourtant plus basses, les différents compteurs de Delhi affichaient des niveaux dangereux de particules ultra-fines (PM2,5), entre 300 et 650 microgrammes/m3.

     

    L’OMS recommande de ne pas dépasser 25 microgrammes/m3 en moyenne journalière pour la santé.

     

    « Au moment où je suis sorti de chez moi, j’ai commencé à tousser et mes yeux se sont mis à me brûler. C’est insupportable », a déclaré à l’AFP Naresh Yadav, un employé de banque.

     

    Inconscients de la pollution, nombre de Delhiites pensent que cette brume est uniquement d’origine naturelle.

     

    Alarmée, l’association médicale indienne a estimé que la capitale se trouvait en « état d’urgence de santé publique » et appelé les décideurs à réagir.

     

    « Delhi est devenu invivable, particulièrement pour les enfants », a réagi Vipin Malhotra, un homme d’affaires.

     

    En raison de la mauvaise visibilité, une piste de l’aéroport international a dû être fermée. Les autorités locales réfléchissent aussi à fermer les écoles.

     

    En effet, les prévisions météorologiques augurent d’une situation identique pour les jours à venir.

     
    2,5 millions
    C'est le nombre de décès attribués à la pollution en Inde en 2015.
     

    Les épisodes de smog sont récurrents en automne et hiver à New Delhi, que l’OMS avait classée en 2014 comme ville la plus polluée au monde.

     

    Le froid et l’absence de vent plaquent au sol les émissions polluantes des véhicules, usines et centrales énergétiques, les empêchant de se dissiper.

     

    Ces particules en suspension accentuent les risques de maladies cardiovasculaires et de cancer des poumons.

     

    Les plus petites d’entre elles (PM2,5), grandes comme un trentième d’un diamètre de cheveu humain, parviennent à passer à travers les poumons et à s’infiltrer dans l’organisme et le sang.

     

    De l’autre côté de la frontière pakistanaise, à 400 km de New Delhi, les habitants de Lahore font aussi face à un épisode important de smog, certains portant masque et lunettes pour se protéger.

     

    Muhammad Talha, un étudiant rencontré dans un bouchon, a admis souffrir d’« infection des yeux ». « Le docteur m’a prescrit du collyre et m’a conseillé d’utiliser un casque quand je fais de la moto », a-t-il raconté à l’AFP, le casque à la main, les yeux injectés de sang.

     

    Muhammad Siddique, un petit commerçant, qui porte un masque vert pâle, a également dit « ressentir des douleurs », difficultés respiratoires et problèmes oculaires, qu’il a affirmé soigner « sans médicaments, en mettant de l’eau du robinet sur ses yeux ».

     

    La pollution est un problème de santé publique majeur pour l’Inde, nation de 1,25 milliard d’habitants en plein développement et aux besoins de croissance immenses.

     

    En 2015, la contamination atmosphérique, terrestre et aquatique était présumée responsable de 2,5 millions de décès dans ce pays, plus lourd bilan humain de la planète, a estimé une récente étude publiée dans la revue The Lancet.

     













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