Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Hausse des mortalités chez les bélugas du Saint-Laurent en 2017

    Un béluga adulte faisant surface. On voit bien un de ses yeux, sous le fil de l'eau.
    Photo: Alexandre Shields Le Devoir Un béluga adulte faisant surface. On voit bien un de ses yeux, sous le fil de l'eau.

    Les années noires se suivent et se ressemblent pour les bélugas du Saint-Laurent, puisque déjà 16 carcasses ont été retrouvées jusqu’à présent en 2017, dont au moins 7 nouveau-nés. Un bilan provisoire, mais qui dépasse déjà celui de l’an dernier.

     

    « Pour nous, il est clair que la série se poursuit, alors qu’on espère chaque année qu’elle puisse enfin se terminer, résume le directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Robert Michaud. Tous les indicateurs sont au rouge. »

     

    Le bilan qui vient d’être publié s’inscrit en effet dans la tendance à la hausse des mortalités annuelles observée chaque année depuis 2010, par rapport aux années précédentes.

     

    Nouveau-nés

     

    La situation pour les nouveau-nés est particulièrement inquiétante pour les chercheurs. Cette année, le chiffre se situe pour le moment à sept, tandis que les données concernant une huitième carcasse sont toujours en analyse.

     

    Il est également possible que d’autres jeunes bélugas nés cette année s’ajoutent au bilan, selon M. Michaud, mais la saison des naissances est, pour l’essentiel, déjà complétée. Pour le moment, les mortalités chez les très jeunes animaux se situent donc dans la moyenne observée entre 2013 et 2016.

     

    Au total, le nombre de carcasses est cependant plus élevé que l’année passée, avec déjà 16 bélugas retrouvés morts. Ce chiffre, qui vient d’être publié, est plus élevé que le bilan final de 14 individus rendu public à la fin octobre pour l’année 2016.

     

    Causes inconnues

     

    Même si ces mortalités compromettent le rétablissement de cette espèce « en voie de disparition », on cherche toujours à en préciser les causes, souligne Robert Michaud.

     

    « Cette saison, deux carcasses ont été retrouvées en bon état et pourront être étudiées en entier à la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal par notre collègue Stéphane Lair et son équipe. Ces nécropsies sont essentielles pour apporter des éléments de réponses à cette situation préoccupante .»

     

    Selon M. Michaud, qui étudie l’espèce depuis plus de 30 ans, il est « urgent » de mettre en place davantage de mesures pour venir en aide aux bélugas. Une meilleure protection de leur habitat essentiel, promise par le gouvernement Trudeau, serait selon lui une priorité.

     

    Le cofondateur du GREMM souligne toutefois que certaines mesures ont été prises, dont un nouveau règlement qui impose une réduction de la vitesse des bateaux dans l’embouchure du Saguenay, un secteur fréquenté assidûment par les bélugas.

     

    Il subsiste moins de 900 bélugas dans le Saint-Laurent, alors que la population dépassait les 10 000 individus à la fin du 19e siècle. Outre la chasse intensive dont ils ont été victimes, ces cétacés qui passent toute l’année dans le Saint-Laurent sont victimes du dérangement causé par la navigation, de la pollution sonore de leur habitat essentiel et des impacts de la contamination des eaux de l’estuaire.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.