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    Coupes forestières en territoire autochtone: Québec a manqué à ses devoirs

    L’entreprise qui a obtenu les droits de coupes de la part du gouvernement Couillard a toutefois déjà fait valoir sa volonté d’obtenir une compensation financière.
    Photo: Conseil des Atikamekw d’Opitciwan L’entreprise qui a obtenu les droits de coupes de la part du gouvernement Couillard a toutefois déjà fait valoir sa volonté d’obtenir une compensation financière.

    Le gouvernement du Québec n’a pas mené de consultations adéquates des Atikamekw d’Opitciwan avant d’autoriser une compagnie forestière à couper 200 000 m3 de bois dans une forêt mature située sur le territoire de la communauté. C’est ce que vient de statuer un juge de la Cour supérieure du Québec, qui ordonne l’arrêt des travaux.

     

    Dans son jugement, rendu mercredi, le juge Thomas Davis souligne notamment que l’information transmise aux occupants du territoire était insuffisante, de même que les délais dont ils disposaient pour en prendre connaissance. Il ajoute que la décision d’autoriser les coupes a été prise par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) avant de tenter de consulter et de donner un avis.

     

    Le juge Davis a donc ordonné la suspension des coupes forestières déjà bien entamées sur le territoire ancestral, et ce, jusqu’au 15 septembre. La suspension des travaux a été accordée afin que le gouvernement et l’entreprise mènent des consultations sur l’objectif du plan spécial de coupes forestières prévu.

     

    Demande d’injonction

     

    Cette décision a été rendue à la suite de la demande d’injonction déposée le 21 août dernier par le Conseil d’Opitciwan afin de stopper une opération spéciale de récupération de 200 000 m3 de bois de chablis — qui sont normalement des arbres déracinés — situés sur un territoire comptant une forêt mature.

     

    « Le jugement rendu ce matin démontre le bien-fondé de nos démarches visant à protéger la pérennité de nos activités traditionnelles par la préservation de la dernière portion de forêt mature du territoire de la famille Weizineau », a réagi Christian Awashish, Chef du Conseil des Atikamekw d’Opitciwan.

     

    Mode de vie

     

    « C’est notre mode de vie et nos valeurs qui sont en jeu. L’industrie forestière et le gouvernement du Québec n’ont aucunement conscience de ces aspects », a-t-il ajouté. M. Awashish dit pourtant avoir rencontré ce mois-ci le ministre des Forêts, Luc Blanchette, ainsi que le premier ministre Philippe Couillard, pour leur expliquer la situation.

     

    Interpellé par Le Devoir mercredi, le cabinet du ministre Blanchette s’est contenté d’une brève réponse. «Nous ne commenterons pas le dossier tant qu’il est judiciarisé, il ne s’agit pas de la décision finale mais d’un arrêt temporaire.»

     

    Le Groupe Remabec n’a pas répondu aux demandes du Devoir concernant le jugement rendu. L’entreprise, qui a obtenu les droits de coupes de la part du gouvernement Couillard, a toutefois déjà fait valoir sa volonté d’obtenir une compensation financière, en cas d’arrêt des travaux.













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