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    40 cm séparent l’UPA et Pike River du gazoduc TransCanada

    Devant le «refus» catégorique de TransCanada de discuter de la profondeur d’enfouissement de son gazoduc, un projet de 30 millions de dollars, Pike River et l’UPA Montérégie ont dit ne pas vouloir poursuivre ce processus, qui aurait pu mener à une «entente à l’amiable».
    Photo: iStock Devant le «refus» catégorique de TransCanada de discuter de la profondeur d’enfouissement de son gazoduc, un projet de 30 millions de dollars, Pike River et l’UPA Montérégie ont dit ne pas vouloir poursuivre ce processus, qui aurait pu mener à une «entente à l’amiable».

    TransCanada refuse catégoriquement d’enfouir un nouveau gazoduc plus profondément, de façon à répondre à une demande de la municipalité et des producteurs agricoles touchés par son projet, conçu pour exporter du gaz naturel vers les États-Unis. Devant l’impasse, confirmée par un nouveau rapport du BAPE, le ministre de l’Environnement David Heurtel pourrait être forcé d’intervenir.

     

    La pétrolière albertaine, qui exporte du gaz naturel de l’Ouest canadien en passant par le territoire québécois, souhaite augmenter la capacité de son réseau en construisant une conduite supplémentaire d’une longueur de quatre kilomètres, dans le sud du Québec. Celle-ci traverserait uniquement des terres agricoles cultivées.

     

    L’Union des producteurs agricoles de la Montérégie (UPA Montérégie) demande à TransCanada d’enfouir ce nouveau gazoduc à 1,6 mètre. Une requête formulée également par la municipalité de Pike River, touchée par le projet. Il s’agit d’ailleurs de la norme imposée par la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) pour les nouveaux gazoducs.

     

    Or, malgré des mois de négociations entre l’UPA Montérégie et TransCanada, l’entreprise refuse de répondre positivement à cette demande. La pétrolière compte plutôt enfouir sa nouvelle conduite à une profondeur de 1,2 mètre, soit la même que son gazoduc situé tout près, mais construit au début des années 1960. La multinationale fait valoir que cette proposition, qui constitue une différence de 40 centimètres de profondeur, est conforme aux pratiques établies depuis plusieurs décennies.

     

    Impasse

     

    L’UPA Montérégie et la municipalité de Pike River ont donc déposé une demande d’audience publique pour ce projet, comme le prévoit la législation québécoise. Le ministre David Heurtel a toutefois mandaté le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) afin qu’il tente de mener un processus de « médiation ».

     

    Le rapport, publié mardi, ne fait cependant que confirmer l’impasse. Devant le « refus » catégorique de TransCanada de discuter de la profondeur d’enfouissement de son gazoduc, un projet de 30 millions de dollars, Pike River et l’UPA Montérégie ont dit ne pas vouloir poursuivre ce processus, qui aurait pu mener à une « entente à l’amiable ».

     

    Pour le président de l’UPA Montérégie, Christian Saint-Jacques, il est nécessaire de respecter la profondeur de 1,6 mètre, de façon à assurer la sécurité des producteurs agricoles et la poursuite des activités sur ces terres d’une « grande productivité », selon les normes canadiennes. Le premier vice-président de l’UPA, Pierre Lemieux, s’explique d’ailleurs mal « l’entêtement » de TransCanada. « Puisqu’ils auront déjà de la machinerie sur place, on leur demande simplement de donner un coup de pelle de plus », résume-t-il.

     

    Du côté de la pétrolière, le porte-parole Tim Duboyce n’a pas expliqué mardi pourquoi l’entreprise refuse d’accéder à la demande de Pike River et des producteurs agricoles. « Nous sommes disposés à discuter des aménagements possibles au cours du développement de nos projets, dans la mesure où la sécurité des installations ne sera pas compromise », a-t-il seulement indiqué.

     

    Décision ministérielle ?

     

    Maintenant que le BAPE a déposé son rapport, le ministre David Heurtel peut intervenir et mandater l’organisme pour mener une audience publique. Qu’est-ce qu’il entend faire ? « La procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement suit son cours et une décision à ce sujet sera prise prochainement », a répondu son attachée de presse, Émilie Simard.

     

    Est-ce que le ministre entend exiger un enfouissement à 1,6 mètre de profondeur ? « Le prolongement du gazoduc entre Saint-Sébastien et Pike River est actuellement soumis à la procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement. Le processus n’est pas terminé », a-t-elle indiqué.

     

    Le dossier se transportera également devant la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ), qui doit donner son autorisation pour la construction du gazoduc. Dans un document présentant une « orientation préliminaire », la Commission souligne qu’elle exigera une profondeur de 1,2 mètre. Même si elle reconnaît que la norme « pour les nouveaux gazoducs » est de 1,6 mètre, elle dit que ce cas « apparaît différent ».

     

    « L’ajout d’une conduite parallèle à une conduite existante s’inscrit dans un contexte différent de celui d’une nouvelle conduite, note la CPTAQ. Cette particularité fait en sorte qu’il serait impossible de justifier sur la base des critères d’application de la Loi, une profondeur de recouvrement différente pour deux conduites espacées de seulement 10 mètres. »

     

    L’Office national de l’énergie a approuvé le projet, tel que présenté par TransCanada, en août 2016.













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