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    Protection des baleines: vitesse réduite dans le Pacifique, mais pas dans le golfe

    La population de baleines noires ne compte plus que 500 individus à travers le monde.
    Photo: Center for Coastal Studies La population de baleines noires ne compte plus que 500 individus à travers le monde.

    Le gouvernement fédéral impose une réduction de la vitesse des navires dans le détroit de Haro, bordant l’est de l’île de Vancouver, mais n’applique pas cette mesure dans le golfe du Saint-Laurent, où une dizaine de carcasses de baleines noires ont été retrouvées depuis deux mois.

     

    Cet « essai de réduction de la vitesse » annoncé mardi à Vancouver par le secrétaire parlementaire Terry Beech, du ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, servira aussi à documenter les impacts de la circulation maritime sur cet épaulard.

     

    Deux avis de réduction volontaire de vitesse ont été donnés il y a deux semaines pour certaines zones du golfe du Saint-Laurent et de la baie de Fundy.

     

    À l’approche des secteurs visés, les navires sont priés par la Garde côtière de réduire leur allure à 10 noeuds, une vitesse suggérée, mais « non obligatoire », lit-on sur le site de Pêches et Océans. La mortalité des baleines noires a été décrite comme « désastreuse » alors qu’il ne reste qu’environ 500 spécimens dans le monde.

     

    Les mesures sont donc « similaires » aux yeux d’Alice de Swarte, chargée de projets en conservation à la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP). L’annonce de mardi lui a semblé toutefois bien mince au regard des actions considérées comme prioritaires par le même ministère : « On sait ce qu’il faut faire, il faut maintenant agir vite », a réitéré Mme de Swarte.

     

    Afin de solliciter les commentaires du public, Ottawa a en effet rendu accessibles trois rapports scientifiques sur trois espèces de baleines en péril : l’épaulard résident du sud, le béluga et la baleine noire (ou franche).

     

    « Ces rapports disent clairement que fermer la pêche et éliminer la circulation maritime dans l’habitat essentiel sont des actions prioritaires », souligne la chargée de projets à la SNAP.

     

    Le gouvernement fédéral a décrété le 14 juillet dernier un moratoire temporaire sur la pêche au crabe des neiges dans une vaste zone du golfe, mais la circulation maritime continue d’être une préoccupation importante.

     

    Du temps pour comprendre

     

    « L’exercice [de réduction de la vitesse des navires] a été fait dans le parc marin du Saguenay et on a diminué les probabilités de collision de façon très significative », expose Robert Michaud, directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM).

     

    Doit-on attendre des résultats plus probants pour agir ? M. Michaud se garde de presser Pêches et Océans Canada : « Les mortalités de cet été montrent l’urgence de la situation, mais on a besoin de la meilleure science possible pour éclairer nos choix. »

     

    En plus des collisions avec les navires et de l’empêtrement dans les filets de pêche, deux éléments tenus en partie responsables de la mortalité des baleines noires, ce sont les perturbations acoustiques qui doivent aussi être examinées, affirme-t-il.

     

    Le bruit a un impact important sur les trois espèces de baleines visées, notamment dans le stress ressenti par ces animaux et dans leur quête de nourriture. Or, réduire la vitesse des navires allonge le temps de transit, et donc le temps de « dérangement » des baleines. La déviation des routes maritimes pourrait aussi être envisagée.

     

    Les conclusions de l’étude commandée mardi par Pêches et Océans Canada pour les eaux au large de Vancouver serviront à faire des choix de ce côté-ci du pays, salue-t-il.

     

    Il faut en outre, mieux connaître les endroits cruciaux pour la baleine noire, dont la présence en aussi grand nombre dans le golfe est nouvelle. La SNAP invite quant à elle Ottawa à créer un réseau d’aires protégées.

     

    La liste des actions prioritaires maintenant établie — et publiée —, le plus grand défi reste à concilier « l’objectif de protection avec les modèles de développement actuels », cite M. Michaud. Un défi que ne cache pas Pêches et Océan Canada : « Nous reconnaissons aussi que la mise en oeuvre de ces mesures ne sera peut-être pas aisée », écrit une porte-parole du ministère.













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