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    Québec devra payer la décontamination d’un dépotoir privé à Bécancour

    Le ministère de l’Environnement n’a pas de plan pour venir à bout de cet héritage toxique.

    Le site en question a servi à l’enfouissement de matières dangereuses de 1986 à 2003.
    Image: Le Devoir Le site en question a servi à l’enfouissement de matières dangereuses de 1986 à 2003.

    Le ministère de l’Environnement sait depuis plus de 12 ans qu’un important site contaminé situé à Bécancour pollue les sols et les eaux souterraines, révèle un rapport commandé par le ministre David Heurtel. Mais le gouvernement n’a pas de plan pour venir à bout de cet héritage toxique, qui devrait coûter des dizaines de millions de dollars à l’État québécois.

     

    Le site en question a servi à l’enfouissement de matières dangereuses de 1986 à 2003. Selon les données officielles, pas moins de 360 000 tonnes de résidus de production d’aluminium y ont été enfouies au fil des ans par l’ancien propriétaire du site, Recyclage d’Aluminium Québec.

     

    Même si le problème de contamination remonte à plusieurs années, la situation n’a été connue publiquement qu’à la suite de révélations dans les médias, à l’automne 2016.

    Une meilleure idée des coûts réels pourra être avancée à la suite des tests et études à réaliser
    Cabinet du ministre David Heurtel
     

    Le ministre Heurtel a alors dit qu’il ignorait l’existence de ce site, avant de confier un mandat d’enquête administrative sur la « gestion » du dossier par la direction régionale du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC).

     

    Contamination connue

     

    Le rapport, daté de mai 2017, a finalement été rendu public vendredi après-midi.

     

    Ce document démontre que le problème de propagation de la contamination était connu avant même la fermeture du site, en 2003. Et au début de 2005, un consultant embauché par l’entreprise confirmait au ministère de l’Environnement que la contamination atteignait la nappe souterraine.

     

    Les résultats d’une étude hydrogéologique commandée par Québec en 2012 indiquent même que « la contamination des eaux souterraines s’est propagée sur une distance d’environ 700 mètres du lieu de dépôt, et qu’une certaine stabilisation semble s’installer », note le rapport.

     

    Ce site a pourtant été inscrit au répertoire des terrains contaminés seulement en 2013, soit neuf ans après que le gouvernement eut été mis au fait du « problème de contamination », précise le rapport. Entre-temps, le ministère a eu « de nombreux échanges » avec le propriétaire, lui demandant de « faire cesser le rejet de contaminants ».

     

    Toutes les démarches se sont avérées vaines.

     

    Néanmoins, aucune action en justice n’a été entreprise contre les responsables de cette contamination, inscrite au « passif environnemental du gouvernement » depuis maintenant 2008.

     

    « La probabilité que le ministère devienne responsable de la réhabilitation de ce terrain est considérée comme élevée, soit à plus de 70 % », soulignent les auteurs du rapport.

     

    « Étant donné l’ampleur des coûts des travaux pour faire corriger les problématiques environnementales du site, le ministère est d’avis que ni Recyclage d’Aluminium Québec ni les propriétaires subséquents n’ont la capacité financière pour régler la problématique environnementale. »

     

    Aucun plan

     

    Il n’existe toutefois aucun plan de décontamination ni aucune évaluation des coûts des travaux à venir. « Au moment de nos travaux, le ministère évaluait toujours la situation dans le but d’identifier une solution pour régler la problématique environnementale du site contaminé de Bécancour », peut-on lire dans le rapport publié vendredi.

     

    Pour le moment, les coûts sont estimés entre 40 et 80 millions, selon les informations disponibles. Mais pour avoir l’heure juste, il faudra attendre les résultats de l’« étude de faisabilité » commandée par le gouvernement en octobre 2016, afin d’évaluer l’option d’extraire les matières dangereuses du site.

     

    Au cabinet du ministre David Heurtel, on précise que « le site est sous contrôle, mais la solution finale à mettre en place dépendra du résultat des études réalisées. La problématique du site est complexe de par la nature des matériaux enfouis ainsi que du milieu dans lequel ils se trouvent ».

     

    Quant aux coûts des travaux à venir, ils sont « très variables en fonction de l’option qui sera considérée. Une meilleure idée des coûts réels pourra être avancée à la suite des tests et études à réaliser ».













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