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    Rapport

    Plus de 70% des GES émis par une centaine d’entreprises

    Un Indien transporte du charbon extrait de la mine du district de Dhanbad dans l’État du Jharkhand, en Inde.
    Photo: Sanjib Dutta Agence France-Presse Un Indien transporte du charbon extrait de la mine du district de Dhanbad dans l’État du Jharkhand, en Inde.

    À peine une centaine d’entreprises du secteur des énergies fossiles sont responsables de plus de 70 % des émissions de gaz à effet de serre imputables à l’activité humaine, conclut un rapport publié lundi par l’organisation britannique Carbon Disclosure Project.

     

    Selon ce qu’ont constaté les chercheurs qui ont passé en revue les données sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) de plusieurs entreprises, les cent plus grandes émettrices ont été à l’origine de 70 % des émissions totales, mais aussi de plus de 91 % des émissions de GES du secteur industriel en 2015.

     

    Depuis le début de la révolution industrielle, c’est même plus de la moitié des émissions de tout le secteur industriel qui leur sont attribuables. Selon le rapport, ces données démontrent que « l’ampleur des émissions historiques associées à ces producteurs est assez importante pour avoir contribué au changement climatique de manière significative ».
     

     

    L’étude prend aussi la mesure des émissions produites par les entreprises — publiques, privées et détenues par des États — dans le secteur des énergies fossiles depuis 1988, soit depuis que le bouleversement climatique dû à l’activité humaine a été officiellement reconnu, avec la mise sur pied du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

     

    Ainsi, une centaine d’entreprises pétrolières, gazières et du secteur du charbon ont été à l’origine de 71 % de toutes les émissions de GES industriels entre 1988 et 2015. Les 25 plus grandes pollueuses comptent à elles seules pour 51 % du total. Parmi celles-ci, on retrouve Total, ExxonMobil, BP, Chevron et Gazprom. On compte aussi de gros producteurs de charbon, dont certains détenus par l’État chinois, alors que le secteur a connu une « grande expansion » au cours des 15 dernières années.

     

    Réchauffement

     

    Les émissions de gaz à effets de serre comptabilisées par l’organisation britannique sont dues soit directement à l’extraction de pétrole, gaz et charbon (pour 10 %), soit indirectement aux produits issus de ces énergies fossiles et émetteurs de gaz à effet de serre (pour 90 %).

     

    Le rapport souligne en outre que les multinationales du secteur des énergies fossiles ont augmenté « de façon prodigieuse » leur production totale au cours des 28 dernières années, au point de doubler leur contribution au réchauffement planétaire. Et si la tendance se maintenait au cours des 28 prochaines années, « le réchauffement climatique pourrait atteindre quatre degrés Celsius ».

     

    Une telle situation représente plus du double de l’objectif minimal de l’Accord de Paris sur le climat, soit de limiter le réchauffement à deux degrés. Cela signifie que le fait de continuer à exploiter les énergies fossiles au niveau actuel aurait des conséquences extrêmement sévères pour l’ensemble de l’humanité, selon le Carbon Disclosure Project.

     

    Transition

     

    Les constats du Carbon Majors Report 2017 démontrent par ailleurs que le secteur des énergies fossiles « devra démontrer du leadership » dans la « transition » énergétique qui s’annonce, a insisté lundi le directeur technique du Carbon Disclosure Project, Pedro Faria.

     

    Cette transition, a-t-il souligné, ira de pair avec une transformation en profondeur du secteur énergétique. Cela signifie que d’importantes réserves de pétrole, de charbon et de gaz naturel ne seront jamais exploitées, si on souhaite limiter les bouleversements du climat.

     

    Dans son rapport Perspectives pour la transition énergétique, publié plus tôt cette année, l’Agence internationale de l’énergie soulignait que la consommation de pétrole devra être au moins divisée par deux d’ici 2050, par rapport au niveau actuel. Un tel recul signifierait « l’arrêt » pur et simple de l’utilisation du pétrole de l’Arctique, mais aussi des sables bitumineux du Canada.

     

    Malgré l’ampleur du virage nécessaire, les experts de l’Agence affirment que celui-ci peut-être fait de façon « abordable », mais aussi qu’il pourrait « alimenter la croissance » de l’économie, en créant des emplois et en « améliorant la santé humaine et le bien-être ».













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