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    Québec a bon espoir d’atteindre ses objectifs de protection des milieux marins

    Un expert estime néanmoins que protéger une proportion de 10 % des eaux d’ici 2020 sera difficile

    Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent est le seul du genre au Québec. Il a été établi d'abord pour protéger l'habitat des cétacés.
    Photo: Alexandre Shields Le Devoir Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent est le seul du genre au Québec. Il a été établi d'abord pour protéger l'habitat des cétacés.

    Même s’il devra multiplier par dix la superficie des milieux marins protégés au Québec d’ici 2020 pour atteindre ses objectifs, le gouvernement Couillard a bon espoir d’y parvenir. Un expert de la question doute toutefois fortement de la possibilité d’atteindre une telle cible.

     

    Au moment de dévoiler sa Stratégie maritime, en 2015, le gouvernement Couillard a promis de protéger 10 % de la superficie de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent d’ici 2020, contre 1,3 % à l’heure actuelle. Une augmentation équivaudrait à créer sept fois le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, et ce, en à peine cinq ans.

     

    Les libéraux se sont alors engagés à créer « un réseau représentatif » d’aires marines, notamment pour répondre « aux enjeux de biodiversité et d’espèces à statut précaire du Saint-Laurent, dont le béluga ».

     

    Efforts nécessaires

     

    Deux ans plus tard, aucune nouvelle aire protégée n’a vu le jour et aucune n’est prévue pour cette année. Mais le gouvernement Couillard demeure optimiste quant à la possibilité d’accroître de 900 % la protection des milieux marins de la province d’ici 2020. « Tous les efforts nécessaires seront consacrés afin datteindre les objectifs de protéger 10 % du territoire marin du Saint-Laurent d’ici 2020 », assure le cabinet du ministre de l’Environnement, David Heurtel.

     

    « Les gouvernements du Québec et du Canada sont à pied d’œuvre et collaborent présentement à l’élaboration d’une entente intergouvernementale en vue de faciliter l’établissement du réseau d’aires marines protégées et la mise en œuvre de projets conjoints », précise le bureau du ministre.

     

    Québec espère en priorité faire aboutir le projet de zone de protection marine du banc des Américains, un territoire de 1000 km2 situé à l’est de la péninsule gaspésienne. On compte aussi poursuivre les « travaux » en vue de l’implantation d’une aire marine protégée qui engloberait le territoire des Îles-de-la-Madeleine. La zone à l’étude couvre près de 17 000km2.

     

    Le gouvernement Couillard ne mentionne toutefois pas le projet de zone de protection marine de l’estuaire du Saint-Laurent. Ce territoire de 6000 km2 a été délimité dès 1998 en vue d’accroître la protection de l’estuaire au-delà du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.

     

    Objectif inatteignable

     

    Ce projet de l’estuaire serait pourtant « relativement facile » à mettre en place, selon Jean-Claude Brêthes, titulaire de la Chaire UNESCO en analyse intégrée des systèmes marins à l’Université du Québec à Rimouski. Il souligne ainsi que le territoire est bien connu, mais aussi que les activités à réglementer dans le cadre de la réglementation de protection, dont la pêche, sont assez limitées dans cette zone.

     

    M. Brêthes estime toutefois que le projet d’aire marine protégée des Îles-de-la-Madeleine pourrait être plus complexe à mettre en place, en raison de l’intensité des activités de pêche des insulaires, sans oublier la chasse au phoque.

     

    Mais surtout, il estime que l’atteinte de la cible de protection de 10 % des eaux québécoises d’ici 2020 semble hors d’atteinte. « Ce sera difficile, parce qu’il y a beaucoup d’activités le long des rives du Saint-Laurent. Et c’est un processus relativement lent, qui nécessite des négociations. Même s’il y a une volonté politique ferme, ça prend du temps. »

     

    Jean-Claude Brêthes insiste toutefois sur l’importance d’accroître la protection des milieux marins. « C’est en quelque sorte une “police d’assurance” qui permet d’obtenir une meilleure résilience des milieux, notamment si des écosystèmes des environs sont affectés par des changements divers, en raison de l’influence de l’activité humaine. »

     

    De telles zones de protection permettent par exemple de préserver des secteurs névralgiques, comme des sites importants pour la reproduction de différentes espèces de poissons. Et même si la protection des milieux marins ne peut à elle seule contrer les impacts des bouleversements climatiques, M. Brêthes juge que cette conservation peut contribuer au maintien de la biodiversité.

    Cacouna: une étude scientifique sur le béluga avant le développement Le gouvernement Couillard a fait savoir la semaine dernière qu’il souhaiterait mettre la main sur le port de Cacouna, dans le cadre du programme de cession des infrastructures portuaires du gouvernement fédéral. Mais selon ce que précise le cabinet du ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D’Amour, Québec compte lancer une étude sur l’espèce avant d’envisager le développement de cette infrastructure portuaire inscrite dans leur Stratégie maritime. Le gouvernement souhaite ainsi savoir « comment le développement économique peut se faire tout en respectant le béluga ».












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