Des risques pour la prise d'eau de Montréal
L'abaissement d'un mètre du niveau de l'eau du fleuve Saint-Laurent coûterait des millions de dollars à la Ville
Si le réchauffement climatique ou un creusage additionnel du chenal maritime devaient abaisser d'un mètre le niveau du Saint-Laurent, les prises d'eau de Montréal, Verchères et Lavaltrie seraient menacées et il faudrait les relocaliser à grands frais.
Dans le cas de Montréal, les travaux de déplacement de la prise d'eau principale dans le fleuve pourraient coûter jusqu'à 20 millions, travaux qui seraient nécessaires même s'il existe une prise d'eau dite d'urgence.
C'est ce que révèle une étude réalisée par des chercheurs de l'École polytechnique de l'Université de Montréal, Benoît Barbeau et Annie Carrière, aidés par Denis Péloquin, de la CMM, et Ed Eryuzlu, de la Commission mixte internationale (CMI). Cette étude a été dévoilée lors du cinquième Salon des technologies environnementales au Centre des congrès de Québec.
Cette étude indique que trois autres prises d'eau municipales seraient aussi menacées si le niveau du Saint-Laurent devait s'abaisser d'un mètre. En effet, elles se retrouveraient très près de la surface, ce qui pourrait déclencher un effet de vortex ou de siphon.
Ces trois villes sont Pointe-Claire, Candiac et Saint-Lambert. Dans le cas de Candiac, précisait hier un porte-parole de cette municipalité, il existe une prise d'eau dite d'urgence en bordure du chenal maritime, ce qui mettrait cette municipalité à l'abri d'une dépense supplémentaire.
Si jamais le niveau du Saint-Laurent s'abaissait d'un mètre et demi, une hypothèse assez peu probable à l'heure actuelle, trois autres municipalités devraient alors entreprendre des travaux correcteurs, soit Varennes, Bécancour et l'Île-Perrot. Cette dernière municipalité est d'ailleurs doublement menacée par les hauts et les bas du Saint-Laurent: en effet, elle est déjà vulnérable aux inondations, ayant été antérieurement noyée lors d'une crue printanière. Cela porterait à un total de neuf sur seize le nombre de municipalités riveraines menacées.
Mais le réchauffement du climat pourrait avoir d'autres impacts encore plus coûteux sur les villes situées plus en aval, soit dans le tronçon Trois-Rivières-Québec, car le relèvement du niveau des mers à cause de la fonte des glaciers pourrait alors faire pénétrer l'eau salée jusqu'à Trois-Rivières. À l'heure actuelle, le «coin salé» s'arrête à l'île d'Orléans.
L'intrusion de l'eau de mer dans le tronçon Trois-Rivières-Québec priverait d'eau douce en tout premier lieu les villes de Sainte-Foy, Lauzon et Lévis. La Vieille Capitale serait cependant épargnée car elle puise son eau potable à l'intérieur des terres.
Les modifications nécessaires aux usines d'eau potable seraient beaucoup plus coûteuses, explique Benoît Barbeau, car il faudrait soit désaliniser l'eau du fleuve, soit approvisionner ces villes à même les nappes souterraines régionales si celles-ci n'ont pas été contaminées par l'activité agricole, voire dans les lacs et cours d'eau voisins.
Quant aux villes du tronçon Valleyfield-Trois-Rivières, les baisses de niveau du Saint-Laurent que prévoit Environnement Canada d'ici 50 à 100 ans selon les modèles prévisionnels pourraient les acculer à d'autres dépenses importantes. En effet, même plus concentrés, les contaminants toxiques demeureraient en deçà des normes, affirme Benoît Barbeau, ce qui n'impliquerait pas de coûts additionnels en traitement des eaux brutes. Mais les changements de goût et d'odeur pourraient obliger plusieurs villes à traiter leur eau au charbon activé ou par ozonation, une augmentation des coûts de traitement de 10 à 15 %.
Aussi, a ajouté le chercheur, les villes du Saint-Laurent seraient certainement obligées d'améliorer l'épuration de leurs eaux usées pour ne pas contaminer davantage les prises d'eau potable situées en aval.
Dans le cas de Montréal, les travaux de déplacement de la prise d'eau principale dans le fleuve pourraient coûter jusqu'à 20 millions, travaux qui seraient nécessaires même s'il existe une prise d'eau dite d'urgence.
C'est ce que révèle une étude réalisée par des chercheurs de l'École polytechnique de l'Université de Montréal, Benoît Barbeau et Annie Carrière, aidés par Denis Péloquin, de la CMM, et Ed Eryuzlu, de la Commission mixte internationale (CMI). Cette étude a été dévoilée lors du cinquième Salon des technologies environnementales au Centre des congrès de Québec.
Cette étude indique que trois autres prises d'eau municipales seraient aussi menacées si le niveau du Saint-Laurent devait s'abaisser d'un mètre. En effet, elles se retrouveraient très près de la surface, ce qui pourrait déclencher un effet de vortex ou de siphon.
Ces trois villes sont Pointe-Claire, Candiac et Saint-Lambert. Dans le cas de Candiac, précisait hier un porte-parole de cette municipalité, il existe une prise d'eau dite d'urgence en bordure du chenal maritime, ce qui mettrait cette municipalité à l'abri d'une dépense supplémentaire.
Si jamais le niveau du Saint-Laurent s'abaissait d'un mètre et demi, une hypothèse assez peu probable à l'heure actuelle, trois autres municipalités devraient alors entreprendre des travaux correcteurs, soit Varennes, Bécancour et l'Île-Perrot. Cette dernière municipalité est d'ailleurs doublement menacée par les hauts et les bas du Saint-Laurent: en effet, elle est déjà vulnérable aux inondations, ayant été antérieurement noyée lors d'une crue printanière. Cela porterait à un total de neuf sur seize le nombre de municipalités riveraines menacées.
Mais le réchauffement du climat pourrait avoir d'autres impacts encore plus coûteux sur les villes situées plus en aval, soit dans le tronçon Trois-Rivières-Québec, car le relèvement du niveau des mers à cause de la fonte des glaciers pourrait alors faire pénétrer l'eau salée jusqu'à Trois-Rivières. À l'heure actuelle, le «coin salé» s'arrête à l'île d'Orléans.
L'intrusion de l'eau de mer dans le tronçon Trois-Rivières-Québec priverait d'eau douce en tout premier lieu les villes de Sainte-Foy, Lauzon et Lévis. La Vieille Capitale serait cependant épargnée car elle puise son eau potable à l'intérieur des terres.
Les modifications nécessaires aux usines d'eau potable seraient beaucoup plus coûteuses, explique Benoît Barbeau, car il faudrait soit désaliniser l'eau du fleuve, soit approvisionner ces villes à même les nappes souterraines régionales si celles-ci n'ont pas été contaminées par l'activité agricole, voire dans les lacs et cours d'eau voisins.
Quant aux villes du tronçon Valleyfield-Trois-Rivières, les baisses de niveau du Saint-Laurent que prévoit Environnement Canada d'ici 50 à 100 ans selon les modèles prévisionnels pourraient les acculer à d'autres dépenses importantes. En effet, même plus concentrés, les contaminants toxiques demeureraient en deçà des normes, affirme Benoît Barbeau, ce qui n'impliquerait pas de coûts additionnels en traitement des eaux brutes. Mais les changements de goût et d'odeur pourraient obliger plusieurs villes à traiter leur eau au charbon activé ou par ozonation, une augmentation des coûts de traitement de 10 à 15 %.
Aussi, a ajouté le chercheur, les villes du Saint-Laurent seraient certainement obligées d'améliorer l'épuration de leurs eaux usées pour ne pas contaminer davantage les prises d'eau potable situées en aval.
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