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    Les fleuves, autoroutes des déchets de plastique vers les océans

    122 fleuves contribuent à environ 90% des apports de plastique dans les océans. Quelque 103 d’entre eux sont situés en Asie.
    Photo: Anthony Wallace Archives Agence France-Presse 122 fleuves contribuent à environ 90% des apports de plastique dans les océans. Quelque 103 d’entre eux sont situés en Asie.

    Les fleuves du monde transporteraient chaque année plus de deux millions de tonnes de plastique vers les océans, conclut une étude publiée dans Nature Communications. Une situation qui ne fait qu’aggraver un problème de pollution de plus en plus important à l’échelle de la planète.

     

    Selon les conclusions de l’étude, les fleuves déversent entre 1,15 et 2,41 millions de tonnes de plastique chaque année dans les océans, soit un rythme d’environ 50 kilos par seconde. Un chiffre jugé par ailleurs « prudent », puisqu’il ne prend pas en compte l’ensemble des débris transportés jusqu’aux océans.

     

    Les 20 fleuves qui contribuent le plus à la dissémination de cet héritage toxique, surtout situés en Asie, comptent pour 67 % des apports en plastique. Et 86 % de l’ensemble des détritus de plastique sont issus des cours d’eau asiatiques, selon les chercheurs, affiliés notamment à la fondation Ocean Cleanup, qui tentent de développer de nouvelles technologies pour nettoyer les océans de ces déchets.

     

    Fleuves d’Asie

     

    Situé en Chine, le Yang Tsé, l’un des plus grands fleuves du monde, « est le bassin hydrographique qui contribue le plus » à la pollution océanique mondiale, déversant pas moins de 330 000 tonnes de plastique dans la mer de Chine orientale. Viennent ensuite le Gange en Inde, ainsi que les fleuves Xi, Dong et Zhu Jiang en Chine, et les fleuves indonésiens Brantas, Solo, Serayu et Progo.

     

    Plus largement, 122 fleuves contribuent à environ 90 % des apports de plastique. Quelque 103 d’entre eux sont situés en Asie, huit en Afrique, mais aussi huit en Amérique du Sud et en Amérique centrale.

     

    Cela « accentue le besoin de concentrer les efforts de contrôle et de réduction dans les pays d’Asie connaissant un développement économique rapide et une faible gestion des déchets », ont souligné les chercheurs jeudi, cités par l’Agence France-Presse. « Les concentrations relativement élevées de plastique retrouvées à la surface de l’océan Pacifique, où peuvent s’accumuler des plastiques flottants venant d’Asie, suggèrent que nos suppositions sont plausibles », ont-ils précisé.

     

    Problème croissant

     

    Le problème de la pollution de plastique est tel qu’il est inscrit à l’ordre du jour de la première conférence mondiale des Nations unies sur les océans, qui se tient cette semaine à New York.

     

    Selon les données du Programme des Nations unies pour l’environnement, cette matière très peu dégradable constituerait plus de 80 % des débris qu’on retrouve dans ces vastes étendues d’eau. La grande majorité provient de la terre ferme et est transportée au gré des bassins versants.

     

    Il s’agit pour l’essentiel de microparticules, qui voyagent dans tous les océans du globe. Cette substance s’immisce donc dans toute la chaîne alimentaire. Dans les poissons, qui en ingurgitent des morceaux en les confondant avec leur nourriture. Dans les oiseaux, qui mangent des poissons ou qui nourrissent leur progéniture carrément avec du plastique.

     

    Continents de plastique

     

    Comme l’utilisation de ce matériau — dont la fabrication engloutit près de 10 % de la production pétrolière mondiale — est relativement récente, sa présence n’est mieux documentée que depuis quelques années.

     

    En fait, on s’y intéresse davantage depuis que l’océanographe américain Charles Moore a découvert au début des années 2000 « le continent de déchets » du Pacifique. Cette zone, située entre Hawaï et la Californie, concentre des millions de tonnes de détritus amenés là par les courants marins. On sait maintenant qu’il existe huit de ces « continents » dans le monde.

     

    Le Québec n’est pas épargné par ce problème. Des chercheurs de l’Université McGill ont déjà découvert que le fleuve Saint-Laurent est lourdement contaminé par le plastique, surtout sous la forme de microbilles utilisées dans des produits de beauté.

     

    Avec l’Agence France-Presse













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