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    Au Guatemala, une lagune disparaît, victime du changement climatique

    13 mai 2017 | Carlos Mario Marquez - Agence France-Presse à Atescatempa | Actualités sur l'environnement
    Un garçon est assis sur un bateau abandonné sur ce qu'il reste du lac Atescatempa, qui a séché en raison de la sécheresse et des températures élevées.
    Photo: Marvin Recinos Agence France-Presse Un garçon est assis sur un bateau abandonné sur ce qu'il reste du lac Atescatempa, qui a séché en raison de la sécheresse et des températures élevées.

    Des coquillages asséchés qui émergent du sol craquelé par le soleil : c’est tout ce qui reste de la lagune d’Atescatempa au Guatemala, autrefois vaste plan d’eau turquoise, victime du changement climatique.

     

    La vague de chaleur qui a frappé cette région d’Amérique centrale en 2016 et les faibles précipitations, qui empêchent deux rivières de l’alimenter, ont eu raison de ce lac de 5,5 kilomètres carrés, jadis destination touristique du sud-est du pays, affectant la vie des habitants de la zone.

     

    « Nous n’avons plus de rentrées d’argent, ni où travailler, notre espoir pour manger du poisson et entretenir la famille, c’était la lagune », confie Juan Guerra, 56 ans, qui a toujours vécu sur ces rives, désormais parsemées d’embarcations à l’abandon.

     

    Wilman Estrada, jeune de 17 ans en short en jean et t-shirt qui a commencé à pêcher à neuf ans, est au chômage technique, assis au bord d’une des dernières flaques de la lagune. Cette dernière s’est « séchée car les hivers n’ont pas été bons », se lamente-t-il en référence au manque de pluie.

     

    « Ca donne envie de pleurer », admet Wilman, en jetant un regard vers le ciel.

    Photo: Marvin Recinos Agence France-Presse Un jeune pêcheur local, Wilman Estrada, se trouve à côté de l'une des quelques flaques d'eau laissées par le lac Atescatempa.

    Les habitants disent avoir remarqué l’assèchement de cette étendue d’eau il y a trois ans.

     

    Et les pronostics du forum du climat d’Amérique centrale ne sont guère optimistes : à partir du mois de juillet, El Niño pourrait à nouveau se faire sentir. Ce phénomène météorologique irrégulier provoque des hausses de températures dans le Pacifique, accompagné de sécheresses dans certaines zones.

     

    Malnutrition

     

    « Le changement climatique est réellement en train d’affecter la vie et l’avenir de ces pays et nombre de nos enfants en Amérique centrale », prévient Hector Aguirre, le coordinateur de la Mancomunidad trinacional, regroupement de communes du Guatemala, du Salvador et du Honduras, dans cette région frontalière.

     

    Le « couloir sec » d’Amérique centrale, zone du littoral Pacifique qui court du Guatemala jusqu’au Panama, est touché par une sécheresse sévère provoquée par El Niño. Le phénomène, particulièrement prononcé en 2016, a laissé 3,5 millions de personnes dans l’attente d’une assistance humanitaire, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

    El Niño, renforcé par le changement climatique, a fait du couloir sec une des zones les plus vulnérables de la planète
    Hector Aguirre, coordinateur de la Mancomunidad trinacional

    Pour limiter l’impact climatique, cet organisme a formé 2145 agriculteurs afin de « diversifier » leur production en vue de « garantir » la sécurité alimentaire de la région.

     

    Cette malnutrition était particulièrement visible dans le hameau de La Ceiba Talquezal, à l’est du Guatemala, où vivaient de la culture du café 114 familles indigènes de l’ethnie maya des chorti.

    Photo: Marvin Recinos Agence France-Presse Des femmes autochtones mayas des chorti tiennent leurs enfants, qui souffrent de malnutrition aiguë, dans le village de La Ceiba Talquezal, dans la municipalité de Jocotan, dans l'est du Guatemala.

    Mais cette communauté a été affectée en 2013 par la rouille, un champignon qui a ravagé les plantations alentours, tarissant leur source de revenus.

     

    Avec l’aide de l’intercommunalité, qui reçoit notamment le soutient financier de l’Union européenne, cette communauté indigène perçoit des rations de farine, de riz, de haricots et d’huile.

     

    En outre, des nutritionnistes leur donnent des conseils pour réaliser des plats avec ces ingrédients, agrémentés de tomate, d’herbes aromatiques et de différentes plantes locales.

     

    « Avec les plats que nous faisons à base de haricots, de riz et de plantes, nous avons réussi à ce que les petits reprennent du poids », se réjouit Marina Aldana, 36 ans, mère de huit enfants.

     

    « Ces problèmes de malnutrition sont plus aigus là où il y a des communautés indigènes pour une raison simple : elles ne sont pas la priorité des États », accuse M. Aguirre.













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