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    Le caribou migrateur du Québec est «en voie de disparition»

    Le comité fédéral sur les espèces en péril constate un déclin majeur de la population

    Le caribou migrateur est particulièrement vulnérable aux impacts de l’activité humaine et des changements climatiques sur son environnement.
    Photo: Walter Anderson Associated Press Le caribou migrateur est particulièrement vulnérable aux impacts de l’activité humaine et des changements climatiques sur son environnement.

    Le comité fédéral sur la situation des espèces en péril vient de recommander d’inscrire le caribou migrateur du Québec comme étant « en voie de disparition ». Un geste qui témoigne de l’ampleur du déclin de ce cervidé, encore très abondant il y a à peine 20 ans.

     

    Pour la première fois, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évalué le cas du caribou migrateur de l’Est. Il a ainsi constaté un déclin majeur de la population de ce cervidé au cours des dernières années.

     

    À titre d’exemple, le comité cite le cas de la harde de la rivière George au Québec et au Labrador. Ses effectifs, qui atteignaient « plus de 800 000 individus en 1993 », « ont maintenant chuté à un niveau sans précédent, soit à quelques milliers d’animaux ». Une deuxième harde importante connaît également « un grave déclin », note le COSEPAC.

     

    Le comité a donc recommandé le statut « en voie de disparition » pour ce cervidé nordique. La décision concernant la situation du caribou migrateur revient toutefois au gouvernement fédéral, qui doit évaluer les recommandations du COSEPAC.

     

    Fait à noter, « le caribou migrateur n’est pas concerné par un statut ou une désignation » en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec, selon les informations inscrites sur le site du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

     

    Vulnérabilité de l’espèce

     

    Coprésident du sous-comité des mammifères terrestres du COSEPAC, Graham Forbes a insisté lundi sur la vulnérabilité du caribou aux activités humaines, mais aussi de plus en plus aux impacts des bouleversements climatiques. « Les arbustes couvrent de plus en plus des paysages autrefois dominés par le lichen, source de nourriture principale du caribou en hiver ; et la surexploitation se poursuit. Nous sommes préoccupés par le fait que ces facteurs puissent rendre très difficile le rétablissement des hardes », a-t-il souligné, au nom du comité fédéral.

     

    Comme son nom l’indique, ce type de caribou parcours de grandes distances entre le Nord québécois et le Labrador, selon un cycle migratoire annuel de plusieurs milliers de kilomètres. En plus des risques liés au climat changeant dans le Nord, le caribou migrateur est donc particulièrement vulnérable aux impacts de l’activité humaine, dont l’exploitation minière et la construction de routes.

     

    Développement du Plan Nord

     

    Le problème, selon la Société pour la nature et les parcs (SNAP), c’est que le territoire du cervidé est aussi celui où le gouvernement du Québec souhaite développer le Plan Nord. Un projet qui va de pair avec des projets miniers, routiers et éventuellement ferroviaires.

     

    Dans ce contexte, a insisté la SNAP, il serait important d’assurer une meilleure protection de ce territoire convoité. Or, malgré la promesse de protéger 50 % du territoire du Plan Nord d’ici 2050, le gouvernement Couillard tarde toujours à atteindre la première cible, fixée à 20 % d’ici 2020. À l’heure actuelle, à peine 11 % de ce vaste territoire est protégé.

     

    Par ailleurs, la nouvelle recommandation du COSEPAC signifie que tous les écotypes de caribous qui vivent au Québec sont désormais menacés de disparition.

     

    C’est notamment le cas du caribou forestier, une espèce qui fait parler d’elle depuis que le gouvernement Couillard a décidé de capturer les derniers survivants de la harde de Val-d’Or pour les envoyer en captivité, au zoo de Saint-Félicien. Une pétition d’opposition à cette décision, lancée par des groupes écologistes vendredi dernier, a déjà recueilli plus de 10 000 signatures.













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