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    Transition énergétique

    S’inspirer de l’audace lilloise

    Lille compte déployer, dès ce printemps, un important réseau de bornes de recharge comme celle-ci sur l’ensemble de son territoire.
    Photo: Source Métropole européenne de Lille Lille compte déployer, dès ce printemps, un important réseau de bornes de recharge comme celle-ci sur l’ensemble de son territoire.

    Propulser les voitures et les autobus qui circulent sur leur territoire grâce aux énergies renouvelables, c’est le pari qu’entendent faire les élus et les fonctionnaires de la Métropole européenne de Lille, dans le nord de la France. La clé pour y arriver ? Miser sur différents modes de production d’énergie, afin de maximiser le potentiel de chacun d’eux au quotidien.


    «Chez nous, nous sommes convaincus que chaque type d’énergie renouvelable a un rôle précis à jouer, lance sans ambages Erwan Lemarchand, maître d’oeuvre de la nouvelle politique énergétique de la Métropole européenne de Lille. De passage à Montréal en mars dernier dans le cadre de la Rencontre internationale des municipalités efficaces, le directeur Énergie, réseau et services de la région décrit avec enthousiasme les projets en cours et à venir dans les quelque 85 communes de son coin de pays.

     

    Nichée dans le nord de la France, à environ 200 kilomètres de Paris, la Métropole européenne de Lille a pris un virage vert, il y a un peu plus de cinq ans. Ancien fief des deux premières révolutions industrielles, la région a longtemps été le coeur économique et énergétique du pays. Or, à l’ère des changements climatiques, alors que l’attrait des énergies fossiles est en perte de vitesse, la région a choisi de sauter à pieds joints dans la production d’énergies renouvelables, notamment dans l’optique de devenir « une pionnière de la troisième révolution industrielle » et une locomotive des transports durables.

     

    « D’une certaine façon, si nous voulions demeurer dans la course, nous n’avions pas vraiment le choix de nous renouveler », explique Erwan Lemarchand en entrevue avec Le Devoir. Pour y arriver, la métropole a investi massivement — et continuera de le faire au cours des prochaines décennies — dans l’électrification des transports et dans le développement d’un réseau de transformation des déchets organiques dans l’optique de faire du biogaz.

    611,5 km2
    C’est la superficie du territoire de la Métropole européenne de Lille, ce qui représente environ un sixième du territoire couvert par la Communauté métropolitaine de Montréal.

    Source : Métropole européenne de Lille, 2016
     

    Indépendance énergétique ?

     

    Erwan Lemarchand rêve d’indépendance énergétique depuis déjà quelques années. Ces transitions ne se feront toutefois pas du jour au lendemain, explique le responsable de la politique énergétique. « Ce sont des changements qui prennent du temps, mais qui, à terme, donneront d’importants résultats pour la région, estime-t-il. Il faut juste être patients, s’accorder le droit à l’erreur et ne pas mettre tous nos efforts au même endroit. Selon nous, la clé du succès repose justement sur un monde multiénergétique. »

     

    En ce sens, c’est vers le gaz naturel, plutôt que vers l’électricité, que la métropole s’est tournée quand est venu le temps de renouveler sa flotte d’autobus. Ce dernier, principalement importé de Russie et d’Algérie pour le moment, parcourt cependant des kilomètres avant de pouvoir propulser les quelque 400 bus qui desservent les quatre coins de la région. « À long terme, ce que nous voulons, dans un premier temps, c’est mettre fin — du moins le plus possible — à cette dépendance aux énergies étrangères », avance l’ingénieur de formation avec sérieux.

    Et pour y arriver, la métropole entend miser sur la biométhanisation. Déjà, depuis 2011, un premier site régional permet de transformer une petite partie des déchets organiques produits sur le territoire. Bien que limitée, cette première production locale, qui représente environ 10 % de la consommation de gaz de la région, a tout de même permis à Lille de devenir le premier réseau de gaz avec injection de biométhane en France.

     

    Fort de ce succès, l’administration métropolitaine entend ouvrir au moins cinq autres centres de valorisation de ces excédents agricoles et domestiques au cours des prochaines années. « Ce n’est que le début, insiste Erwan Lemarchand. D’ici 2050, nous voulons remplacer au minimum 75 % de notre consommation de gaz naturel par du biogaz. »

    1,1 million
    C’est le nombre d’habitants vivant sur le territoire de la Métropole européenne de Lille. À titre de comparaison, la Ville de Montréal en compte un peu plus de deux millions.

    Électrification individuelle

     

    L’autre pan majeur de la politique énergétique défendue par la Métropole européenne de Lille repose sur une électrification rapide du parc automobile de la région. Les choses ne sont toutefois pas gagnées, reconnaît-il, la métropole ne comptant, pour le moment, qu’environ 1000 véhicules électriques. « Cette flotte connaît cependant une constante croissance », insiste celui qui occupe le poste de directeur Énergie, réseau et services depuis un peu plus de deux ans.

     

    Pour inciter davantage de Lillois à troquer leur voiture thermique pour un modèle électrique, la métropole compte déployer, dès ce printemps, un important réseau de bornes de recharge sur l’ensemble de son territoire. Déjà, toutes les constructions privées collectives qui voient le jour aujourd’hui — que ces dernières soient des projets d’appartements ou de nouvelles entreprises — sont maintenant dans l’obligation de se doter d’un certain nombre de bornes électriques. Idem pour les supermarchés qui font, eux aussi, partie intégrante de la stratégie d’électrification actuellement mise en branle dans la région.

     

    « L’idée est de limiter le plus possible l’angoisse qui est liée à la conduite d’un véhicule électrique, note l’ingénieur de formation. Nous voulons que les gens sachent que, peu importe où ils vont, ils auront toujours de la facilité à trouver une borne pour recharger leur véhicule, qu’ils ne risquent pas de tomber en panne. » Dans cette optique, les bornes installées par les pouvoirs publics se retrouveront, pour leur part, principalement sur rue, dans les quartiers résidentiels, afin de limiter les problèmes de recharge qui se posent habituellement dans ces secteurs plus denses.

     

    L’administration métropolitaine entend également développer, à compter du mois de mai prochain, un service de bornes alimentées par des panneaux solaires photovoltaïques directement installés dans des stationnements incitatifs, une première en France. Les « électromobilistes » qui décideront d’y laisser leur voiture, en plus de la recharger gratuitement, auront aussi droit à un ticket d’autobus gratuit. « Le but est de favoriser l’intermodalité, mais aussi d’encourager plus de gens à acheter un véhicule électrique. »

     

    Si tout se passe bien, ce projet-pilote devrait être déployé dans tous les stationnements incitatifs de la région. « Comme vous voyez, nous avons plusieurs projets en cours, dit Erwan Lemarchand. Reste maintenant à voir ceux qui fonctionneront le mieux et qui nous permettront d’amorcer réellement notre transition énergétique à une plus large échelle. »


    Utiliser le numérique Pour optimiser l’ensemble de ses décisions énergétiques, la Métropole européenne de Lille entend doter l’ensemble des édifices et des pôles de recharge énergétiques présents sur son territoire de compteurs intelligents. L’objectif ? Récolter, en temps réel, les données d’utilisation d’énergie pour optimiser la consommation de cette dernière par les usagers. À terme, ces collectes de données devraient permettre aux pouvoirs publics d’adapter la production d’énergie en fonction de la demande réelle.












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