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Kyoto a force de loi en Europe

Le protocole de Kyoto est entré en vigueur hier en Europe, prenant effet juridique pour la première fois dans une partie du globe qui se définit désormais comme le leader environnemental de la planète.

La commissaire européenne à l'environnement, Margot Wallstrom, a félicité hier les membres de la communauté européenne pour avoir décidé de ne pas attendre le reste de la planète pour donner force de loi chez eux au traité international, lequel n'attend plus que la ratification de la Russie pour prendre effet.

Les signataires du protocole de Kyoto ont décidé que le traité entrera en vigueur quand il aura été ratifié par 55 pays totalisant 55 % des émissions planétaires de gaz à effet de serre (GES). Depuis que le Canada l'a ratifié, il manque une seule ratification importante pour que le traité prenne effet, même si les États-Unis, les principaux destructeurs du climat planétaire avec 25 % des émissions annuelles, s'en sont désolidarisés en 2001 au profit d'une politique qui justifie l'augmentation globale de leurs émissions à long terme.

Les membres de l'Union européenne ont par contre adopté des lois qui autorisent la mise en vigueur plus rapide du protocole de Kyoto avec toutes ses obligations, comme celles de faire rapport des progrès ou de l'échec des politiques en place. En janvier, la commissaire à l'environnement avait vilipendé la commissaire à l'énergie de l'UE, Loyola de Palacio, qui avait évoqué la possibilité que l'Espagne, alliée de l'administration Bush en Irak, puisse reconsidérer son adhésion à Kyoto. La semaine dernière, un représentant de l'Italie s'est demandé publiquement s'il était sage d'engager juridiquement l'Europe avant que la Russie n'ait engagé la mise en application du traité au niveau international.

Il faut dire que l'Europe est beaucoup plus avancée que l'Amérique dans les moyens de réduire ses émissions de GES.

Un exemple

Alors que les consommateurs nord-américains achètent de plus en plus de véhicules utilitaires, de plus en plus énergivores, l'Europe, grâce à des politiques fiscales de relèvement des prix des carburants, a réussi à réduire de 10 % la consommation globale de son parc automobile entre 1995 et 2002. Une entente récente mais strictement volontaire passée avec l'industrie automobile vise à ramener de 186 grammes par kilomètre à 140 g les émissions de GES des véhicules neufs. Seuls les constructeurs européens, japonais et coréens ont signé l'entente. Pas les Américains, qui ne détiennent que 1 % du marché européen. Présentement, les constructeurs européens et japonais ont dépassé cet objectif dans plusieurs cas, ayant mis sur le marché des voitures neuves émettant aussi peu que 120 g de GES au kilomètre, une réduction de 35 % par rapport à la norme de 1995. Cette performance a cependant été réalisée sur des moteurs diesels, qui émettent des particules fines réputées cancérigènes. L'industrie tente de régler le problème avec de nouveaux convertisseurs catalytiques.

Mais la véritable révolution qui s'annonce viendra du fait que les taxes imposées à l'achat des véhicules et le coût de leur immatriculation annuelle risquent fort d'être ajustés dès l'an prochain au taux d'émissions de GES, partout en Europe. Le projet de loi sur cette question est à l'étude depuis l'an dernier au niveau de l'UE.
 
 
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