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    Environnement

    Québec envisage d’investir davantage pour repousser la carpe asiatique

    Une carpe de roseau, l’espèce désormais présente au Québec
    Photo: Wrangel Getty Images Une carpe de roseau, l’espèce désormais présente au Québec

    Aux prises avec une présence avérée de la carpe asiatique au Québec, le gouvernement Couillard n’écarte pas l’idée de bonifier le budget consacré à la lutte contre cette espèce invasive particulièrement dommageable.

     

    « Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs suit la situation de la carpe asiatique de près et entend consacrer les sommes nécessaires à la lutte contre cette espèce envahissante à même ses budgets de fonctionnement », a indiqué mardi le porte-parole du ministère, Jacques Nadeau, en réponse aux questions du Devoir.

     

    « Les budgets consacrés à la lutte devraient permettre au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs de remplir sa mission, mais ils pourraient être ajustés en fonction des besoins », a-t-il ajouté.

     

    Pour le moment, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs dispose d’une enveloppe de 1,7 million de dollars répartie sur trois ans, en vertu de ce qui a été inscrit dans le dernier budget provincial.

     

    Efforts supplémentaires

     

    Selon ce qu’a fait valoir Véronik de la Chenelière, de la direction de l’expertise sur la faune du ministère, ce budget avait toutefois été établi en vue d’une phase « préparatoire ». Le plan budgétaire gouvernemental précise en effet que cette enveloppe doit permettre de réaliser une « analyse de risques pour le Québec », de développer « une expertise » sur la carpe asiatique et des partenariats avec, notamment, le gouvernement fédéral.

     

    La confirmation mardi de la présence de la carpe asiatique à 16 endroits le long du Saint-Laurent et dans deux rivières force cependant le ministère à « déployer plus d’efforts », a précisé Véronik de la Chenelière. « Le meilleur allié dans ce genre de situation, c’est de disposer de plus de temps, donc d’agir tôt. »

     

    « On travaille à réorienter notre programmation pour l’été prochain, afin de travailler plus concrètement à documenter la situation, à préciser certains risques et à faire des recommandations pour des actions concrètes. »

     

    Comme les carpes peuvent voyager sur plusieurs centaines de kilomètres, elles pourraient parcourir de grandes distances au Québec en peu de temps. Selon ce qu’a expliqué Véronik de la Chenelière, les carpes peuvent aussi nager en eaux salées, afin d’atteindre d’autres cours d’eau douce. Cela signifie que l’estuaire du Saint-Laurent pourrait éventuellement servir de lieu de transit pour cette espèce invasive.

     

    Quant à savoir si l’espèce pourrait se reproduire dans le fleuve, la spécialiste du ministère a expliqué que la carpe pêchée à Contrecoeur en 2016 était en fait une femelle qui contenait « des oeufs viables ». Qui plus est, l’écosystème du fleuve possède des caractéristiques similaires à l’habitat naturel de la carpe de roseau, l’espèce désormais présente au Québec.

     

    Fonds nécessaires

     

    Dans ce contexte de craintes d’une propagation à grande échelle, le directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Québec, Alain Branchaud, estime qu’il est essentiel de débloquer des fonds supplémentaires. « Dans le contexte de la mise en place d’un plan d’action concret pour lutter contre l’envahissement de la carpe asiatique, il est évident que la somme de 1,7 million de dollars est insuffisante. »

     

    Selon M. Branchaud, il importe en outre d’agir le plus rapidement possible. « Souvent, on regarde la situation en se disant qu’il n’y a rien à faire. Mais si on met en place des mesures de lutte contre la carpe de roseau, on pourrait ne pas se retrouver avec une population qui explose et qui provoque des dommages importants. »

     

    Du côté américain, les autorités ont tardé à agir. Résultat : des centaines de cours d’eau ont été envahis par les carpes asiatiques au fil des ans. Et malgré les 200 millions de dollars injectés dans la lutte contre l’espèce en 2013, elle a pu poursuivre sa propagation, notamment vers le Canada.













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