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    Développement durable

    L’Université Laval se démarque

    25 février 2017 | Claude Lafleur - Collaboration spéciale | Actualités sur l'environnement
    Outre l’obtention de l’Étoile d’or pour ses initiatives en développement durable, l’Université Laval s’engage dans une démarche d’investissement responsable qui devrait l’amener à déplacer les investissements de ses fonds de dotation dans les énergies fossiles vers d’autres types de placements.
    Photo: Université Laval Outre l’obtention de l’Étoile d’or pour ses initiatives en développement durable, l’Université Laval s’engage dans une démarche d’investissement responsable qui devrait l’amener à déplacer les investissements de ses fonds de dotation dans les énergies fossiles vers d’autres types de placements.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    L’Université Laval vient d’accomplir le prodige de se classer deuxième au monde en matière de développement durable. Elle se place ainsi derrière la Colorado State University, mais devant quelque 800 autres universités.


    Ce classement lui a été conféré par l’Association for the Advancement of Sustainability in Higher Education (AASHE). Cette organisation américaine lui a attribué la note de 82,53 sur 100 selon un ensemble de 150 critères de développement durable. L’Université Laval s’est par conséquent vu attribuer une « Étoile d’or », ou plutôt une « Gold STARS » pour Sustainability Tracking, Assessment Rating System.

     

    « J’applique ma formation sur le fonctionnement des écosystèmes à un écosystème universitaire », lance Éric Bauce, vice-recteur exécutif à l’Université Laval. M. Bauce est en outre entomologiste, spécialiste des insectes forestiers. « Je travaille notamment sur les mécanismes d’évolution plante-insecte, sur le développement de biopesticides et autres méthodes de lutte, etc. », explique-t-il.

     

    Nommé vice-recteur en 2007, il s’est alors vu confier la responsabilité d’implanter le développement durable sur le campus de l’Université Laval. « Ce qui est très intéressant pour moi, souligne-t-il, c’est d’appliquer ma formation d’entomologiste à l’intégration des éléments sociaux, économiques et environnementaux — comme je le fais dans mes recherches — à un ensemble universitaire. L’université, voyez-vous, c’est un grand laboratoire vivant ! »

     

    Notons que le développement durable, tel qu’il est évalué par l’AASHE, prend en compte bien davantage que la gestion écologique des matières résiduelles et l’utilisation de l’énergie et des matériaux renouvelables. Pour cette association, cela englobe des notions aussi variées que le mode de vie et le milieu de vie, la formation, l’enseignement et la recherche, la gouvernance et les opérations de l’université, ainsi que l’engagement de celle-ci et la mobilisation de son personnel et des étudiants envers la communauté, etc.

     

    Contaminer la planète…

     

    « À l’université, ce qui est épatant, c’est qu’on a le droit de rêver, déclare le vice-recteur Bauce. En 2009, j’ai donc lancé à mes collègues : “ On va réaliser un rêve, nous allons devenir carboneutres ! ” Évidemment, on m’a regardé de travers en me disant que j’étais dans les nuages là… » Mais voilà que Laval est devenue la première université canadienne à atteindre la carboneutralité de manière volontaire.

     

    « L’idée pour moi, c’est que bien que nous ne constitutions qu’une toute petite parcelle de la planète, si par la suite d’autres appliquent notre recette pour devenir à leur tour carboneutre, on contaminera ainsi graduellement la planète », rêve encore M. Bauce.

     

    Rendre tout un campus carboneutre implique un vaste train de mesures, à commencer par réduire de toutes les façons possibles la consommation d’énergie et appliquer les principes du développement durable chaque fois qu’on rénove un bâtiment.

     

    « On a aussi mené des campagnes de sensibilisation auprès de tout notre monde, ajoute Éric Bauce. Nous avons aussi créé la plus grande forêt expérimentale du monde. »

    Le succès du développement durable, c'est de faire en sorte que tous deviennent des agents contributeurs à son développement durable
    Éric Bauce, vice-recteur exécutif à l'Université Laval et entomologiste, spécialiste des insectes forestiers

    Ainsi, grâce à de nouvelles méthodes, les chercheurs de l’Université Laval sont parvenus à accroître la captation du carbone dans cette forêt bien au-delà de ce qui se fait normalement. « C’est un gigantesque terrain de jeux où on génère des gains de carbone », résume le professeur Bauce.

     

    L’Université a aussi mis sur pied des programmes où on amène des enfants du primaire à changer le comportement de leurs parents et favoriser le transport actif.

     

    De cette façon, elle est parvenue à se hisser au deuxième rang mondial en mobilisant toute sa communauté, explique M. Bauce. « Essentiellement, le succès du développement durable, c’est de faire en sorte que tous deviennent des agents contributeurs au développement durable », note-t-il. « On a en fait convaincu tout le monde que, tous ensemble, on contaminera la planète ! Globalement, notre secret, c’est pas mal ça. Et tout ce que j’ai fait, ajoute-t-il en riant, c’est d’appliquer ce que j’enseigne. »

     

    60 000 « étoiles » qui espèrent

     

    La STARS d’or que l’association américaine AASHE a attribuée à son université, « c’est pour nous un indicateur qui nous dit que nous sommes sur la bonne voie, précise M. Bauce. C’est surtout à cela que ça nous sert. Et ça nous dit aussi qu’il nous manque encore une position ! »

     

    Par conséquent, l’Université Laval cherchera à s’améliorer encore davantage, ce qui s’inscrit parfaitement dans la philosophie prônée par l’association AASHE qui attribue les STARS. Dans cet esprit, l’Université posera des gestes concrets afin de bonifier deux volets de sa démarche : l’alimentation responsable et l’investissement responsable.

     

    Ainsi, elle entend travailler avec ses partenaires exploitant les services alimentaires afin d’améliorer tous les aspects de ces services, notamment par la réduction à la source des déchets et des pertes alimentaires, par l’offre de produits responsables (locaux, etc.) et par l’optimisation des ressources requises (eau, électricité, etc.).

     

    Elle s’engage également dans une démarche d’investissement responsable qui devrait l’amener à déplacer les investissements de ses fonds de dotation dans les énergies fossiles vers d’autres types de placements, notamment vers des énergies renouvelables. Selon M. Bauce, Laval serait ainsi la première université au Canada à s’engager en ce sens.

     

    « Notre objectif est avant tout de développer des outils qui pourront éventuellement servir à l’ensemble de la planète pour faire avancer le développement durable, indique Éric Bauce. Nous voulons être un exemple de ce qu’il est possible de faire à l’échelle du globe. Et nous voulons que le développement durable devienne une philosophie présente dans l’esprit de tous. »

     

    « À l’Université Laval, nous sommes 60 000 personnes qui croient au développement durable, conclut-il, 60 000 étoiles qui brillent et qui espèrent amorcer une roue pour le bien des générations présentes et futures. »













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