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    Développement durable

    L’Université de Montréal voit sa démarche récompensée

    25 février 2017 | Claude Lafleur - Collaboration spéciale | Actualités sur l'environnement
    À la suite d’une demande faite depuis des années par les diverses associations étudiantes et syndicales, les bouteilles d’eau ont été éliminées du campus.
    Photo: Jacques Grenier Le Devoir À la suite d’une demande faite depuis des années par les diverses associations étudiantes et syndicales, les bouteilles d’eau ont été éliminées du campus.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Comme une foule d’autres organisations ces dernières années, l’Université de Montréal s’est inscrite dans une démarche de développement durable. Ce faisant, elle a découvert que cela englobe bien davantage que des préoccupations écoénergétiques ou de recyclage des matières résiduelles.

     

    « Lorsqu’on parle de développement durable, on pense immédiatement à la gestion des édifices, confirme Stéphane Béranger, coordonnateur en développement durable à l’Université de Montréal. Mais c’est beaucoup, beaucoup plus que cela. [...] Il y a aussi tout ce qui touche aux ressources humaines ainsi qu’à la gouvernance de l’université. Il y a beaucoup, beaucoup à faire ! »

     

    En effet, le développement durable ne comporte pas seulement un volet environnemental, précise-t-il, il amène aussi à réfléchir à plusieurs façons de faire. « Surtout, ça nous amène à aller beaucoup plus loin, comme parler de diversités — dont la diversité sexuelle —, de perfectionnement des employés et d’équité, des autochtones, etc., ajoute-t-il. Ce sont en effet des questions dont on traite lorsqu’on parle de développement durable. »

     

    De l’eau embouteillée

     

    Au début, raconte Stéphane Béranger, celui-ci était tout bonnement perçu comme l’« écolo de service ». « Toi, tu es juste là pour répondre à une mode… », lui disait-on à l’époque. « On me voyait comme l’écolo qui rêve de planter des arbres », se souvient-il. Mais on s’est rendu compte que, lorsqu’on parle de développement durable, cela implique bien davantage que le volet environnemental.

     

    Ainsi, sa fonction consiste à implanter le développement durable d’un bout à l’autre de l’université. Il s’agit de vérifier quelle forme cela peut prendre dans les divers services et fonctions de l’université et, en même temps, de déterminer les bonnes pratiques à suivre. « Je propose donc à nos différents services des façons de travailler et des procédures qui permettent d’inclure les principes du développement durable partout dans le fonctionnement de l’université », résume-t-il.

     

    Dans un premier temps, M. Béranger a élaboré une politique qui fixe les grands objectifs à atteindre. « Il s’agissait d’indiquer dans un document approuvé par l’Assemblée universitaire les grandes lignes de réflexion sur le développement durable à l’université », précise-t-il.

     

    Par la suite, il s’est attaqué à une demande faite depuis des années par les diverses associations étudiantes et syndicales : éliminer les bouteilles d’eau dans l’établissement. « Nous avons ensemble mené une étude pour établir les avantages et les désavantages de l’eau embouteillée, explique-t-il, pour finalement décider de la bannir de notre campus. »

     

    Une démarche transparente

     

    En 2015, l’Université de Montréal a décidé de procéder à une évaluation objective de ses pratiques et réalisations en développement durable. « Nous voulions sortir de l’autocongratulation, explique Stéphane Béranger. C’est facile de se dire qu’on est bons, mais nous voulions savoir ce qu’en pensait quelqu’un de l’extérieur. »

     

    « Nous voulions aussi poursuivre une démarche d’amélioration continue et transparente, ajoute-t-il, et montrer que nous sommes une bonne entreprise citoyenne. »

     

    À cette fin, l’UdeM a souscrit à l’évaluation offerte par l’Association for the Advancement of Sustainability in Higher Education (AASHE), réservée aux établissements d’enseignement supérieur et qui comporte quelque 70 critères de développement durable.

     

    L’association américaine attribue des étoiles, dites STARS (pour Sustainability Tracking, Assessment Rating System), selon le niveau d’excellence atteint en matière de développement durable.

     

    « Ce qui est intéressant avec STARS, indique Stéphane Béranger, c’est qu’on nous amène à progresser, à améliorer nos pratiques dans une foule de domaines. Ainsi, en nous inscrivant au programme de l’AASHE, nous pensions obtenir le bronze pour ensuite chercher à nous améliorer constamment selon un cadre de référence et une méthode de travail conçus par quelqu’un d’autre et déjà utilisés par des centaines d’universités au Québec, au Canada et aux États-Unis. »

     

    Autre avantage aux yeux de l’UdeM, c’est qu’il s’agit d’un processus d’accréditation transparent. « On rend publique toute l’information que nous avons, explique M. Béranger, et par la suite, si quelqu’un n’est pas d’accord avec nous, il peut nous lancer un défi et nous aurons alors à prouver notre bonne foi. »

     

    « Étoile d’argent » pour l’UdeM

     

    Au terme du processus d’évaluation de l’AASHE, l’Université de Montréal s’est vu attribuer une étoile d’argent. « Voilà quelqu’un qui nous dit qu’on est bons, de lancer le coordonnateur au développement durable de l’UdeM. J’en suis ravi puisque je me disais qu’on obtiendrait au moins le bronze. Mais je ne m’attendais pas vraiment à l’argent. »

     

    « Et tandis que j’étais jusqu’alors perçu comme l’écolo de service, on me demande à présent de siéger à différents comités, poursuit-il. Désormais, un réflexe s’est installé à travers toute la communauté universitaire qui se préoccupe du développement durable. Tous ont pris conscience qu’il nous faut en faire davantage. »

     

    D’ailleurs, voilà que l’UdeM vise à présent l’or en développement durable d’ici trois ans. « C’est la commande officielle qu’on a reçue de la part de la direction, rapporte fièrement M. Béranger. C’est un super défi qu’on va relever ! »

     

    À cette fin, l’Université envisage, entre autres, de développer un réseau de transport actif sur son campus. « C’est quelque chose qu’on nous réclame depuis des années. Il s’agit de mettre en place un réseau de pistes cyclables et de sentiers pédestres afin de faciliter les déplacements entre les pavillons », explique le coordonnateur.

     

    « Plus globalement, nous sommes en réflexion sur l’aménagement de nos espaces extérieurs, ajoute-t-il. C’est une vision du campus que nous développons pour les dix ou quinze ans à venir ! »













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