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    TransCanada lance des bourses d’études tributaires du tracé d’Énergie Est

    Pour être admissibles, les jeunes doivent notamment démontrer à l’entreprise qu’ils résident dans une communauté située <em>«à proximité de projets proposés par TransCanada, de projets en construction ou d’actifs d’exploitation»</em>.
    Photo: Jeff McIntosh Archives La Presse canadienne Pour être admissibles, les jeunes doivent notamment démontrer à l’entreprise qu’ils résident dans une communauté située «à proximité de projets proposés par TransCanada, de projets en construction ou d’actifs d’exploitation».

    L’entreprise TransCanada vient de lancer un nouveau programme de bourses d’études qui s’adresse notamment aux jeunes Québécois qui vivent « à proximité » du tracé du futur pipeline Énergie Est, a constaté Le Devoir. La pétrolière offre ainsi 150 bourses totalisant 250 000 $. Et la moitié de cette somme est destinée à des jeunes issus des communautés autochtones.

     

    Avec son programme de bourses « Habiliter les communautés de TransCanada », la pétrolière albertaine affirme qu’elle souhaite aider les étudiants « à atteindre leurs objectifs pédagogiques et professionnels », mais aussi « encourager le développement d’une main-d’oeuvre bien formée » et « renforcer les capacités dans les communautés ».

     

    Pour être admissibles, les jeunes doivent notamment démontrer à l’entreprise qu’ils résident dans une communauté située « à proximité de projets proposés par TransCanada, de projets en construction ou d’actifs d’exploitation ».

     

    Sur le site mis en ligne en français, la pétrolière propose justement de consulter une carte qui présente tous ses pipelines et ses gazoducs actifs, mais aussi les projets « en développement ». C’est d’ailleurs ainsi qu’est présenté le projet de pipeline Énergie Est, qui doit traverser le territoire québécois sur une distance de 625 kilomètres.

     

    Trois types de bourses

     

    Les 150 bourses offertes au Canada se déclinent en trois types distincts. La catégorie « Bourse Héritage autochtone » comprend ainsi un total de 25 bourses de 5000 $ chacune. Celles-ci sont destinées à des étudiants des Premières Nations qui font partie d’une « collectivité autochtone » située à proximité d’un projet actif ou en développement de TransCanada.

     

    La « Bourse des dirigeants communautaires », offerte à 50 étudiants pour un montant de 1000 $ chacune, « vise à récompenser les étudiants qui font preuve d’un engagement solide à l’égard de leur communauté, par le travail bénévole, la participation communautaire, le leadership ou diverses autres activités ».

     

    Enfin, la « Bourse des métiers de TransCanada », offerte à 75 étudiants pour un montant de 1000 $ chacune, est destinée aux jeunes qui étudient dans un domaine qui touche aux « compétences requises par l’industrie de l’énergie ».

     

    Étudiants québécois

     

    Le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, explique que l’entreprise souhaite que des étudiants québécois postulent pour obtenir une de ces bourses. Il précise qu’il est possible que l’entreprise fasse la promotion de son programme au cours des prochaines semaines, notamment sur les réseaux sociaux.

     

    Mais, insiste-t-il en entrevue au Devoir, ce programme n’est pas lié au projet Énergie Est. L’information concernant ce nouveau programme de bourses a néanmoins été partagée sur le site en français consacré au pipeline Énergie Est, mais aussi dans un courriel envoyé par « l’équipe d’Énergie Est ».

     

    Pour le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, « ces bourses sont une tentative vaine de s’acheter l’acceptabilité sociale au Québec, alors que la majorité de la population, les agriculteurs, les Premières Nations et un grand nombre de municipalités rejettent déjà son pipeline de sables bitumineux ».

     

    Cette nouvelle stratégie s’ajoute selon lui à la campagne de lobbying en cours. En plus des 16 lobbyistes de TransCanada inscrits au registre québécois, l’entreprise a embauché 12 lobbyistes-conseils pour des mandats liés à la construction du pipeline Énergie Est.

     

    Par ailleurs, toujours dans le cadre du projet de pipeline Énergie Est, des discussions avaient été entreprises en 2014 avec l’Université du Québec à Rimouski en vue de financer une chaire de recherche sur le Saint-Laurent axée sur l’étude du béluga.

     

    Le projet, mis en avant alors que la pétrolière souhaitait construire un port d’exportation à Cacouna, a finalement été abandonné. Une telle idée avait été décrite dans un « plan stratégique » développé pour TransCanada par la firme de relations publiques Edelman.

     

    Pétrolières actives

     

    Ce n’est pas la première fois qu’une entreprise pétrolière est prête à débourser des milliers de dollars dans des communautés du Québec où elle souhaite développer un projet controversé.

     

    Au moment où elle faisait la promotion de son projet d’inversion du flux pétrolier de son pipeline 9B, l’entreprise Enbridge avait offert plusieurs milliers de dollars de financement à des municipalités, mais aussi à des événements, dont un festival de la pêche.

     

    D’autres entreprises liées au secteur des énergies fossiles, et déjà implantées au Québec, offrent des bourses d’études sur une base régulière. C’est le cas de Suncor, un joueur important du secteur des sables bitumineux, mais aussi le propriétaire de la seule raffinerie de Montréal. Valero, propriétaire de la raffinerie de Lévis, finance aussi des programmes liés au milieu scolaire.













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