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    Urbanisme

    Un indice virtuel qui mesure le verdissement des villes

    Les derniers relevés aériens effectués en 2007 fixent à environ 20% le couvert végétal à Montréal.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les derniers relevés aériens effectués en 2007 fixent à environ 20% le couvert végétal à Montréal.

    Tout le monde s’entend pour classer Paris parmi les plus belles villes du monde. Mais sait-on qu’il s’agit d’une des métropoles touristiques les moins vertes de la planète ? À l’inverse, Singapour, Toronto et Vancouver sont parmi les plus verdoyantes au monde, selon un indice virtuel de « verdure » récemment mis au point par un laboratoire du célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT).

     

    Grâce à une technologie d’imagerie virtuelle similaire à celle développée par Google Street View, le MIT Senseable City Lab vient de mettre au point une banque de données sur les canopées urbaines de diverses villes du monde qui recense en détail la densité du couvert arboricole de chaque rue et de chaque quartier de diverses villes du monde.

     

    Surnommée Treepedia, l’outil immersif permet de savoir que le pourcentage de verdure atteint presque 40 % dans le quartier North York de Toronto et de pénétrer virtuellement dans le dédale de ses rues ombragées.

     

    Vue sur la rue

     

    Depuis une décennie, on peut visiter virtuellement une ville, parcourir une rue, arpenter un quartier et même visiter musées, parcs nationaux et trésors sous-marins grâce à la technologie immersive développée par Google. Les chercheurs du MIT Senseable Lab ont choisi d’utiliser les caméras 360 degrés pour transposer la perception que le visiteur déambulant dans les rues a des arbres, plutôt que de quantifier la verdure d’une ville à partir de photos aériennes.

     

    Inédite, la toute récente démarche permet ainsi de comparer une quinzaine de villes entre elles et de partir à la découverte des îlots de verdure de plusieurs métropoles. À l’inverse, elle permet aussi d’explorer les zones « brunes », bref de lever le voile sur les déserts de bitume que cachent plusieurs agglomérations. Le but avoué de l’exercice : permettre aux citoyens de connaître le vrai visage des quartiers de leurs villes et de montrer où les besoins en verdissement sont les plus criants.

     

    En balade sur Treepedia

     

    Une brève incursion dans l’outil immersif permet de constater que Paris, avec 8,8 % de couvert végétal dans ses rues, arrive bonne dernière dans le palmarès urbain de l’indice vert. Si la canopée couvre près de 20 % des perspectives autour du Champ-de-Mars et jusqu’à 35 % le long de la Seine, la verdure dégringole à moins de 1 % dans plusieurs rues du 10e arrondissement. Londres se place aussi en piètre position, avec une moyenne de seulement 13 % de rues arborées, devancée par New York (13,2 %) et Los Angeles (15 %).

     

    Les villes canadiennes recensées jusqu’ici caracolent en tête des mieux cotées en matière de verdure en bord de rue, l’indice vert affichant 26 % pour Vancouver et 19,5 % pour Toronto. Hormis Boston (20 %), Seattle et Sacramento, sur la côte ouest, se distinguent des autres villes américaines avec des scores dépassant les 20 %. En Europe, c’est à Genève (21 %) et à Francfort que les rues empruntées par les piétons sont les plus vertes.

     

    Montréal, une canopée bien fournie

     

    Difficile de dire où se situe Montréal dans ce panorama des canopées mondiales puisque la métropole n’a pas encore été visitée par les caméras de Treepedia. Par contre, d’autres outils ont été retenus pour visualiser l’étendue du couvert végétal montréalais.

     

    Selon Daniel Bédard, chef d’équipe de Forêt au service des grands parcs et du verdissement de la Ville de Montréal, Treepedia est un « outil intéressant », mais totalement différent de celui utilisé par la Ville de Montréal.

     

    « Il s’agit d’une imagerie latérale et horizontale prise en bordure de rue à partir du sol, alors que nos données dépendent de photographies aériennes. Treepedia ne calcule pas les arbres qui se trouvent à l’intérieur des parcs, dans les zones boisées ou même derrière les bâtiments, mais calcule tout ce qui est vert aux abords des rues, y compris les pelouses », explique ce dernier.

     

    Les photos aériennes, elles, mesurent le couvert végétal grâce à la projection des arbres au sol et ne recensent que les arbres et arbustes de plus de trois mètres de hauteur. Dans ce contexte, on ne peut comparer les données de la Ville de Montréal à celles de Treepedia.

     

    Les relevés aériens effectués en 2007 fixent à environ 20 % le couvert végétal à Montréal. Cela comprend les grands espaces boisés de l’île de Montréal, mais aussi les parcs et les arbres en bordure de rue.

     

    Les traces de l’histoire

     

    Selon Daniel Bédard, plusieurs facteurs géographiques et historiques, outre les décisions politiques, influencent la présence des arbres en milieu urbain. « Chaque ville est différente par son histoire. Les villes très anciennes et plus densément bâties, comme Paris, comportent souvent moins d’espaces verts. Les arbres y sont peu présents. À Toronto, la géographie fait en sorte qu’il y a beaucoup de canyons qui sont très verts. Montréal, elle, comporte une montagne, et cela la distingue grandement d’autres villes. »

    Montréal veut augmenter sa canopée Le Plan d’action canopée de Montréal, adopté en 2012, veut porter à 25 % le couvert arboricole, ou « l’indice canopée », sur le territoire montréalais d’ici 2020. Pour hausser cette canopée de 5 %, il faudra augmenter d’ici 2020 de 2388 hectares la superficie couverte par des arbres dans la métropole, soit l’équivalent de 65 fois celle du parc La Fontaine. Bref, l’effort sera colossal.

    « On sait, en plus, que l’agrile du frêne est venu ralentir ces objectifs », signale M. Bédard. Selon le Plan d’action canopée, les destructions causées par l’insecte ravageur pourraient faire reculer de 2 % la canopée dans la métropole au cours des 16 prochaines années.

    Selon certaines données collectées par la Ville, Montréal compterait 675 000 arbres « publics » sur son territoire, dont 225 000 en bordure de rue. Des registres accessibles dans la base de données ouverte de la Ville compilent le nombre des arbres et des espèces présents dans les rues et dans les parcs de plusieurs des arrondissements montréalais.

    Pour faire grimper l’indice canopée au seuil voulu, il faudra assurer la saine croissance des arbres actuels et sauvegarder les boisés présents, surtout ceux qui sont dans la mire de promoteurs immobiliers. Le plan prévoit en sus la plantation de 300 000 arbres d’ici 2020, au coût de 158 millions de dollars, dont 60 % seront plantés sur des terrains privés ou institutionnels, 33 % par la Ville de Montréal et 7 % par les autres villes situées sur l’île de Montréal. Réaliste ?

    « L’important n’est pas tant de se comparer avec d’autres villes, estime Daniel Bédard, mais de pouvoir “s’autocomparer” dans le temps. Les prochaines photographies aériennes seront prises en 2017, et cela nous donnera une bonne idée de notre progression. »












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