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    Les subventions canadiennes aux énergies fossiles ont atteint 3,3 milliards en 2015

    <p>Le document souligne ainsi que le gouvernement offre différentes formes de soutien financier à l’industrie des énergies fossiles, dont divers crédits d’impôts, des réductions de redevances et des aides pour les projets d’exploration et d’exploitation.</p>
    Photo: Karen Bleier Agence France-Presse

    Le document souligne ainsi que le gouvernement offre différentes formes de soutien financier à l’industrie des énergies fossiles, dont divers crédits d’impôts, des réductions de redevances et des aides pour les projets d’exploration et d’exploitation.

    Les subventions publiques aux entreprises pétrolières et gazières du Canada ont atteint 3,3 milliards de dollars l’an dernier, et ces mesures nuisent aux efforts de tarification du carbone mis de l’avant pour lutter contre les changements climatiques. C’est ce que conclut un rapport publié mardi par des groupes environnementaux, dont Équiterre.

     

    Le document souligne ainsi que le gouvernement fédéral et ceux des provinces offrent différentes formes de soutien financier à l’industrie des énergies fossiles, dont divers crédits d’impôts, des réductions de redevances et des aides pour les projets d’exploration et d’exploitation.

     

    En combinant l’ensemble des mesures, l’étude en vient à une « estimation prudente » de 3,3 milliards de dollars, et ce, uniquement pour l’année 2015. Selon les calculs des groupes environnementaux, ce montant équivaut au financement de plus de 44 000 lits supplémentaires dans les hôpitaux du pays.

     

    Fin des subventions

     

    Cette évaluation est beaucoup plus faible que celle formulée en 2015 par le Fonds monétaire international (FMI), qui évoquait le chiffre de 60 milliards de dollars pour cette seule année, en définissant ces « subventions » en comparant essentiellement les prix payés par les consommateurs pour leur énergie et son coût « réel » pour l’ensemble de la société.

     

    Pendant la campagne électorale de l’an dernier, les libéraux de Justin Trudeau s’étaient engagés à éliminer les subventions directes à l’industrie. Mais en raison des difficultés que connaît actuellement le secteur pétrolier et gazier au Canada, le gouvernement fédéral promet maintenant de respecter sa promesse « à moyen terme », soit possiblement d’ici 2025.

     

    Le Canada n’est toutefois pas le seul à soutenir ce secteur, puisque le FMI évaluait l’an dernier que les subventions publiques mondiales consacrées au secteur des énergies fossiles dépassaient les 5300 milliards de dollars.

     

    Taxe carbone

     

    Le rapport produit par Équiterre, Environmental Defence et Oil Change International conclut par ailleurs que le soutien aux pétrolières et aux gazières mine les efforts de tarification du carbone au Canada, et donc tout le plan national de lutte contre les changements climatiques.

     

    En se basant sur des subventions totalisant 3,3 milliards de dollars, on estime que cela revient à offrir aux entreprises 19 $ pour chaque tonne de gaz à effet de serre émise. Cela réduit donc fortement l’efficacité de mesures comme la taxe sur le carbone que le gouvernement Trudeau veut imposer d’ici 2018.

     

    « À moins que le Canada ne supprime progressivement les subventions massives qu’il accorde aux sociétés d’exploitation pétrolière et gazière, la tarification du carbone au Canada ne sera pas efficace pour encourager les pollueurs à réduire leurs émissions de carbone », estime d’ailleurs Dale Marshall, porte-parole du groupe Environmental Defence.

     

    COP 22

     

    Dans le contexte de la 22e Conférence des Parties (COP 22) qui se tient présentement au Maroc pour discuter de la mise en oeuvre de l’Accord de Paris sur le climat, Équiterre juge donc que le Canada devrait accélérer l’élimination des subventions à l’industrie des énergies fossiles.

     

    « Le ministre des Finances Bill Morneau se doit d’annoncer un échéancier précis pour l’élimination progressive des traitements fiscaux préférentiels au secteur de l’exploitation pétrolière et gazière dans le budget 2017 », a réclamé mardi Annie Bérubé, directrice des relations gouvernementales de l’organisme.

     

    Même le secrétaire des Nations unies, Ban Ki-moon, a plaidé mardi au Maroc en faveur d’une élimination de ces subventions à l’échelle internationale, une promesse formulée par le G20 dès 2009. Selon lui, les États doivent viser « l’élimination des subventions aux énergies fossiles afin d’accélérer la transition vers des énergies propres ».













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