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    Rapport de groupes environnementaux

    Les subventions aux énergies fossiles vont contrecarrer la tarification du carbone

    16 novembre 2016 |La Presse canadienne, Hervé Asquin - Agence France-Presse, Catherine Hours - Agence France-Presse | Actualités sur l'environnement
    Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a demandé aux États participant à la COP22 à Marrakech d’éliminer toute subvention aux énergies fossiles.
    Photo: Fadel Senna Agence France-Presse Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a demandé aux États participant à la COP22 à Marrakech d’éliminer toute subvention aux énergies fossiles.

    Si le Canada continue de subventionner les énergies fossiles, il minera ses efforts de tarification du carbone, préviennent des groupes environnementaux dans un rapport publié mardi. Ces organisations somment Ottawa et les provinces de cesser de distribuer aux compagnies pétrolières et gazières un montant qu’elles évaluent à 3,3 milliards en 2015.

     

    Cette étude survient le jour même où le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a demandé aux États participant à la COP22 à Marrakech d’éliminer toute subvention aux énergies fossiles. Dans le rapport signé notamment par Équiterre et Environmental Defence, on estime que ces subventions stimulent la production de combustibles fossiles à hauteur de 19 $ la tonne de carbone. Ces subventions auront pour effet de contrecarrer la tarification du carbone, annoncée avec enthousiasme au début d’octobre par Justin Trudeau, selon ces groupes. À partir de 2018, Ottawa imposera aux provinces et territoires un prix minimal de 10 $ la tonne de CO2. La taxe grimpera de 10 $ par an pour atteindre 50 $ la tonne en 2022.

     

    Promesse libérale

     

    Les libéraux avaient promis d’éliminer progressivement les subventions aux combustibles fossiles, un engagement qui ne s’est toutefois pas concrétisé lors du dépôt du budget au printemps. En mêlée de presse à Marrakech, mardi, la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, a rappelé l’engagement de son gouvernement, tout en signalant que cela devait se faire « d’une manière qui est intelligente », avec la collaboration des différents paliers de gouvernement.

     

    Mardi, le chef de l’ONU a lancé un vibrant appel à renforcer la lutte contre le réchauffement climatique aux chefs d’État réunisà Marrakech, mais aussi au futur président américain Donald Trump, dans tous les esprits depuis le début de la COP22. Ban Ki-moon, qui assistait à sa 10e et dernière conférence sur le climat, a « appelé tous les pays à renforcer leurs ambitions » en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. « Nous n’avons pas le droit de jouer avec le sort des générations futures ou de mettre en péril la survie des autres espèces qui partagent notre planète », a-t-il martelé, en ouverture de la réunion des chefs d’État ou de gouvernement.

     

    Les engagements actuels, pris par les États, « ne nous sortent pas de la zone de danger », a souligné M. Ban. Pour cela, les « émissions mondiales devront atteindre leur pic d’ici à 2020, puis décliner rapidement », a-t-il rappelé, appelant notamment à « l’élimination des subventions aux énergies fossiles pour accélérer la transition vers des énergies propres ». Ces subventions (allégements fiscaux, soutiens à l’activité pétrolière, etc.) dépassent annuellement 500 milliards de dollars (2010), selon l’OCDE et l’Agence internationale de l’énergie.

     

    Donald Trump

     

    Le secrétaire général avait auparavant exprimé, devant la presse, son espoir que Donald Trump « comprenne l’urgence de l’action sur le climat ».

     

    Devant ses homologues, le président français François Hollande a également appelé les États-Unis à respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris scellé fin 2015. « Ce n’est pas simplement leur devoir, c’est leur intérêt, celui de la population américaine », a-t-il dit à la tribune, très applaudi, sous le regard de Laurent Fabius, l’ancien ministre des Affaires étrangères, qui présida la COP21 dans la capitale française.

     

    Quelque 80 chefs d’État ou de gouvernement avaient fait le déplacement mardi à la 22e conférence sur le climat de l’ONU, une semaine après l’élection du très climatosceptique Donald Trump. Parmi eux, la présidente chilienne Michelle Bachelet, les émirs du Koweit et du Qatar et de nombreux Africains, accueillis par M. Ban et par le roi du Maroc Mohammed VI.

     

    Le réchauffement est « le plus grand défi de notre temps et nous attendons que les États-Unis continuent à conduire » ce combat, a exhorté Taneti Maamau, président de Kiribati, archipel du Pacifique menacé par l’élévation des océans. « Nous sommes à un carrefour et nous ne pouvons revenir en arrière », a prévenu le président des Seychelles, Danny Rollen Faure : « le changement climatique affecte tout le monde, de Marrakech à Miami, de Port Victoria à Paris ».

     

    Mercredi, le secrétaire d’État américain John Kerry prononcera un « discours soulignant l’urgence de l’action climatique », selon son entourage.

     

    Pour le moment, 110 États, dont les Etats-Unis, la Chine, l’Union européenne, l’Inde et le Japon, ont ratifié l’accord qui a vu la communauté internationale s’engager à réduire ses émissions de GES (issues pour l’essentiel des énergies fossiles : gaz, pétrole, charbon). Une dizaine, dont l’Australie, l’ont fait depuis la désignation de Donald Trump. Parmi les grands émetteurs, la Russie manque encore à l’appel.

      
    L’élan est « irrésistible » selon McKenna L’élan international pour la réduction des émissions de GES est « irrésistible », malgré Donald Trump, a laissé entendre la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna. Selon elle, le mouvement a atteint un « point de non-retour » notamment parce que les entreprises et des firmes d’investissement y voient des possibilités de croissance et de profits. Le train est en marche et rien ne l’arrêtera, a fait savoir Mme McKenna, sans jamais prononcer le nom du nouveau président désigné, ni au cours d’un briefing technique ni au cours d’une mêlée de presse. « Ce n’est pas seulement l’affaire de gouvernements nationaux. C’est plus grand que les gouvernements. Ce sont aussi les entreprises, les grandes, les petites, qui sont ici parce que c’est une grande occasion d’affaires, on voit que le marché reconnaît ça. » Elle a aussi mis en valeur le rôle des jeunes, des autochtones, des municipalités et des États fédérés, comme les provinces et les États américains, qui prennent le relais des États nationaux dans la lutte aux changements climatiques.

    Jamais elle ne s’est non plus aventurée à dire comment elle allait convaincre l’allié américain de rester signataire de l’accord de Paris et de faire sa part. « On travaille de près avec les États-Unis, on a une relation unique, cela va se poursuivre », s’est-elle bornée à répéter. Cependant, le gouvernement Trudeau pourrait jouer la carte économique. « C’est une occasion d’affaires, pour les États-Unis et pour le monde », a-t-elle dit en faisant miroiter des emplois du futur et des milliards de dollars en chiffre d’affaires.












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