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    Bras de fer entre l’Australie et le Japon sur la chasse à la baleine

    Tokyo défend ses campagnes «scientifiques» en Antarctique

    Un baleinier japonais à son départ du port de Shimonoseki, en décembre 2015. Pour certains groupes environnementaux, la chasse menée par Tokyo est «illégale». 
    Photo: Jiji Press / Agence France-Presse Un baleinier japonais à son départ du port de Shimonoseki, en décembre 2015. Pour certains groupes environnementaux, la chasse menée par Tokyo est «illégale». 

    Même si l’année 2016 marque le 30e anniversaire du moratoire international sur la chasse à la baleine, le sujet sera au coeur de l’assemblée annuelle de la Commission baleinière internationale, qui débute sur fond d’affrontement politique entre l’Australie, opposée à toute chasse, et le Japon, qui défend ses campagnes dites « scientifiques ».

     

    La Cour internationale de justice a déjà statué, à la suite d’une plainte déposée par l’Australie en 2010, que la chasse annuelle menée par le Japon en Antarctique n’avait aucune valeur scientifique. Une décision qui n’a pas empêché Tokyo de reprendre ses campagnes l’an dernier, tuant un total de 333 petits rorquals, une espèce qu’on peut par ailleurs observer dans le Saint-Laurent.

     

    La table est donc mise pour un nouvel affrontement dans le cadre de l’assemblée de la Commission baleinière internationale (CBI), une institution fondée en 1946, qui compte 88 pays membres — dont le Canada ne fait pas partie — et se réunit jusqu’au 28 octobre en Slovénie.

     

    Chasse scientifique

     

    L’Australie a prévenu qu’elle « supportera le moratoire sur la chasse et continuera de travailler pour la fin de toute forme de chasse commerciale ou prétendument scientifique », selon ce qu’a fait valoir vendredi son ministre de l’Environnement, Josh Frydenberg, cité par The Guardian.

     

    Canberra souhaiterait dans un premier temps que le Japon soit obligé de faire approuver ses quotas de chasse « scientifique » par la CBI, ce que Tokyo refuse. Il faut savoir que depuis l’entrée en vigueur du moratoire international sur la chasse commerciale, en 1986, un pays peut invoquer un motif de recherche scientifique afin de justifier la chasse. C’est ce que fait le Japon depuis 1987. Il a ainsi tué un peu plus de 10 000 baleines, essentiellement des petits rorquals.

     

    Pour certains groupes environnementaux, cette chasse serait toutefois « illégale ». L’organisation animaliste Sea Shepherd a d’ailleurs mené plusieurs campagnes d’opposition aux baleiniers japonais en Antarctique. Ces campagnes, qui ont souvent débouché sur des confrontations violentes en pleine mer, ont incité Tokyo à intenter des recours en justice pour interdire à Sea Shepherd d’approcher les baleiniers.

     

    La justice a donné raison au Japon. L’organisation animaliste vient toutefois de se doter d’un navire flambant neuf dans le but de lancer une nouvelle campagne contre la chasse cette année.

     

    Viande à vendre

     

    Tokyo a pour sa part annoncé son intention de soumettre une résolution à l’assemblée de la CBI afin de pouvoir lancer un programme de chasse dans ses eaux territoriales, un projet qui a déjà été rejeté par les membres de la CBI. Mais selon le Japon, une telle chasse serait possible sans mettre en péril les stocks de baleines.

     

    Le pays défend aussi son droit de commercialiser la viande de baleine, qui est déjà vendue au Japon. Le hic, c’est que les stocks invendus s’accumulent, au point où certains estiment que le commerce international devrait être de nouveau autorisé. Le Ghana, la Côte d’Ivoire et la Guinée comptent d’ailleurs profiter de la rencontre de la CBI pour présenter une résolution en faveur de la vente de cette viande aux pays en développement.

     

    Outre ses débats, la CBI doit aussi voter sur une proposition de « sanctuaire » dans l’Atlantique Sud, un projet qui interdirait toute forme de chasse sur un très vaste territoire maritime. Mais le projet est bloqué depuis plusieurs années, puisque son approbation requiert un vote favorable de 75 % des pays membres.

     

    Par ailleurs, si le Japon est la cible de nombreuses critiques en raison de son programme de chasse « scientifique », deux pays, l’Islande et la Norvège, rejettent carrément le moratoire international sur la chasse commerciale. Les deux États pratiquent cette chasse.













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