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    Le béluga est officiellement désigné «en voie de disparition»

    Les bélugas du Saint-Laurent étaient environ 1000 individus au début des années 80. Ils ne sont plus qu’environ 880 aujourd’hui.
    Photo: Source GREMM Les bélugas du Saint-Laurent étaient environ 1000 individus au début des années 80. Ils ne sont plus qu’environ 880 aujourd’hui.

    C’est maintenant officiel. Le béluga, espèce emblématique du Saint-Laurent, sera désormais classé « en voie de disparition » en vertu de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral. Un signe de plus de la situation critique de ces mammifères marins, dans un contexte où de nouveaux projets risquent d’avoir des impacts sur leur habitat essentiel.

     

    En acceptant de faire passer le statut du béluga de « menacé » à « en voie de disparition », le ministre de Pêches et Océans, Dominic LeBlanc, donne suite aux recommandations des scientifiques, qui ont constaté un déclin dans cette petite population de cétacés.

     

    Les bélugas du Saint-Laurent étaient environ 1000 individus au début des années 80. Mais alors qu’une telle population protégée par la loi aurait dû doubler au fil des ans, leur nombre a plutôt connu un déclin, au point où ils ne sont plus qu’environ 880 aujourd’hui. Et encore cette année, comme au cours des dernières années, les chercheurs ont constaté des mortalités élevées chez ces animaux, notamment chez les femelles et les jeunes.

     

    Habitat perturbé

     

    En plus des effets de certains polluants et des bouleversements dans l’écosystème du Saint-Laurent, le dérangement continuel dont sont victimes les bélugas pourrait expliquer en partie les problèmes vécus par l’espèce.

     

    Le gouvernement fédéral a toutefois promis en mai dernier qu’il protégerait finalement l’habitat essentiel de ces mammifères. L’habitat essentiel du béluga s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres carrés de l’estuaire du Saint-Laurent. Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, qui couvre à lui seul plus de 1245 km2, a d’ailleurs été établi d’abord pour protéger les eaux fréquentées par cette population.

         

    Lorsque cet habitat jugé « indispensable au maintien des fonctions biologiques » de l’espèce sera officiellement désigné, le gouvernement aura l’obligation de le protéger, et donc d’évaluer les projets susceptibles de nuire aux bélugas.

     

    Un tel statut légal pourrait donc entrer en conflit avec des projets économiques majeurs. C’est le cas d’Énergie Saguenay, un projet de liquéfaction et d’exportation maritime de gaz naturel évalué à 7,5 milliards de dollars qui serait construit à La Baie, près de Chicoutimi. Les imposants navires méthaniers passeraient en effet par le seul parc marin du Québec.

     

    Qui plus est, selon les plans de la Stratégie maritime des libéraux, des secteurs cruciaux pour les bélugas seront soumis à un trafic maritime accru au cours des prochaines années. Québec compte en effet développer une zone industrialo-portuaire à Saguenay et une autre à Cacouna, une région maritime considérée comme la pouponnière des bélugas.













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