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    La pollution des rivières, une menace grandissante

    Quelque 320 millions de personnes sont menacées par des agents pathogènes en Asie, en Afrique et en Amérique latine

    Jusqu’à 90 % de la population, dans certains pays, a recours directement aux eaux de surface pour couvrir ses besoins en eau. Ci-dessus, une rivière contaminée par un rejet d'eaux usées près du <em>township</em> Alexandra, à Johannesburg.
    Photo: Gianluigi Guercia Agence France-Presse Jusqu’à 90 % de la population, dans certains pays, a recours directement aux eaux de surface pour couvrir ses besoins en eau. Ci-dessus, une rivière contaminée par un rejet d'eaux usées près du township Alexandra, à Johannesburg.

    Paris — Les rivières d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique sont de plus en plus polluées, menaçant directement la santé de plus de 300 millions de personnes et indirectement la production alimentaire dans de nombreux pays, met en garde un rapport de l’ONU publié mardi.

     

    « La quantité de plus en plus importante d’eaux usées rejetées dans les eaux de surface est très préoccupante », estime dans un communiqué Jacqueline McGlade, responsable scientifique au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). « L’accès à une eau de qualité est essentiel pour la santé et pour le développement, l’un et l’autre étant en danger si nous ne stoppons pas cette pollution », ajoute l’experte.

     

    Selon ce nouveau rapport du PNUE, quelque 320 millions de personnes sont directement menacées par des agents pathogènes responsables de maladies comme le choléra ou la typhoïde : 164 millions en Afrique, 134 millions en Asie et 25 millions en Amérique latine.

     

    Eaux de surface contaminées

     

    Cette pollution par des agents pathogènes, dont la hausse est principalement due au rejet dans les eaux de surface des eaux usées non traitées, affecte environ la moitié des rivières en Asie, un quart en Amérique latine et 10 à 25 % en Afrique.

     

    Cette situation pose problème car une grande partie des populations de ces régions — jusqu’à 90 % dans certains pays — a recours directement aux eaux de surface pour couvrir ses besoins en eau.

     

    Quelque 3,4 millions de personnes meurent chaque année de maladies associées à des agents pathogènes se trouvant dans l’eau, telles que le choléra, la typhoïde, certains hépatites, la polio, des diarrhées aiguës, etc., rappelle le PNUE.

     

    Autres pollutions

     

    Le rejet des eaux usées n’est pas la seule source de pollution, souligne toutefois le rapport. Sont également mises en avant la pollution organique (diminution de l’oxygène présent dans l’eau due à la décomposition de matières d’origine humaine, animale ou industrielle), une salinité accrue (activités minières, agricoles) et l’augmentation des rejets de phosphate présent dans les engrais et les pesticides.

     

    La pollution organique est une menace pour la faune marine, une forte salinité diminue les rendements agricoles et les rejets de phosphate facilitent le développement de certaines plantes au détriment d’autres.

     

    Heureusement, il n’est pas trop tard pour inverser la tendance, estime le PNUE.

     

    « Il est possible de commencer à restaurer l’état des rivières qui ont été fortement polluées et il est encore largement possible d’éviter que plus de cours d’eau soient contaminés », avance Jacqueline McGlade.

     

    Système de contrôle de la qualité des eaux, traitement des eaux usées, utilisation des zones humides comme filtres, etc. « Nous avons les outils pour s’attaquer à ce problème » et « il est temps de les utiliser pour combattre ce qui devient peu à peu une des plus grandes menaces pour la santé et le développement à travers le monde », conclut la spécialiste.













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