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    L’environnement toujours central dans la contestation

    La convergence des luttes devrait avoir, cette année, une touche locale avec la critique des projets de pipeline de TransCanada et du pétrole d’Anticosti.
    Photo: Alexandre Shields Le devoir La convergence des luttes devrait avoir, cette année, une touche locale avec la critique des projets de pipeline de TransCanada et du pétrole d’Anticosti.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    L’édition 2016 du Forum social mondial (FSM) ne fera pas exception à la tradition de ces rencontres citoyennes internationales : l’environnement y tiendra toujours un rôle central. Malgré les avancées notables du sujet dans les sphères politiques et diplomatiques, l’environnement demeure une force de mobilisation de la société civile incontournable. La convergence des luttes devrait d’ailleurs avoir, cette année, une touche locale avec la critique des projets de pipeline de TransCanada et du pétrole d’Anticosti.

     

    Un thème incontournable du FSM

     

    Chico Whitaker, l’un des organisateurs du tout premier Forum social mondial, à Porto Alegre, au Brésil, retient de cette rencontre les balbutiements de la convergence des luttes, combinant environnement et causes sociales. L’intégration des droits autochtones, par exemple, est caractéristique de ce « nouvel écologisme » du XXIe siècle. « Avant, ce n’était que les excentriques qui parlaient de ça », se souvient l’intellectuel brésilien, joint à son domicile de São Paulo.

     

    Force est de constater que le monde a changé au fil des années et des Forums sociaux. L’environnement s’invite de plus en plus dans les campagnes électorales et dans les grandes discussions des chefs d’État internationaux. La société civile est plus que jamais mobilisée sur cette question, à en croire la multiplication des organisations de défense de l’environnement et l’émergence de conférences thématiques sur l’environnement qui ont découlé du FSM. Roger Rashi, militant social et coordonnateur des campagnes chez Alternatives, a participé à plusieurs de ces conférences. L’environnement n’est pas, selon lui, près de disparaître du débat public. « Je crois que le thème est plus central que jamais. »

     

    Selon lui, les gouvernements ne sont pas au diapason de l’opinion publique concernant l’environnement, citant pour preuve le projet de pipeline Énergie Est, appuyé par Justin Trudeau, et les forages à Anticosti, projet du gouvernement du Québec. « La COP21 [conférence de Paris de 2015 sur le climat] a officialisé certaines avancées, comme l’idée d’une limite sur le réchauffement, l’ambition d’aller vers un monde sans hydrocarbures et le concept de “transition juste”. Mais on n’y accorde pas de moyens financiers sérieux », analyse Roger Rashi. Il avance que la question de l’environnement est liée à de nombreuses causes, des conflits mondiaux jusqu’à la lutte pour la justice sociale, en passant par les revendications autochtones. « Bien sûr, [le Forum] parle d’autres causes. Mais l’environnement reste un thème central qui relie toutes ces autres causes. »

     

    Comme le théorise la journaliste canadienne Naomi Klein dans son dernier documentaire engagé, Tout peut changer, le problème environnemental est intimement lié au système capitaliste. Naomi Klein sera d’ailleurs du Forum en tant qu’invitée d’honneur de la grande conférence intitulée « Changer le système, pas le climat ». Dans un courriel, elle se réjouit du « grand honneur » de pouvoir participer au Forum social mondial dans sa ville natale, 16 ans après sa toute première participation. « Depuis une décennie et demie, le FSM a été un espace vibrant et déterminant pour que les mouvements sociaux du monde puissent partager des idées et des stratégies sur nos plus pressants défis. C’est là où nous pouvons tous nous rencontrer. »

     

    Pleins feux sur les environnementalistes québécois

     

    Depuis plus d’un an, Sarah Sultani s’implique dans différents groupes de travail et dans le comité environnement. « C’est comme un deuxième travail, affirme l’éducatrice en environnement. Pour moi, le Forum social mondial est déjà en cours. » Elle a été témoin des rencontres entre les groupes environnementaux du Québec pour préparer le FSM. « Déjà, la convergence au Québec s’est accélérée grâce au Forum. C’est magique en ce moment, parce que ça nous démontre qu’on peut se rencontrer, s’organiser autrement. »

     

    Les causes environnementales d’ici, en premier lieu la lutte contre les sables bitumineux, le pétrole de schiste et les pipelines, risquent d’accaparer une part importante des discussions au Forum, dont les participants parviendront en majorité du Québec et du Canada. Ces enjeux trouvent d’ailleurs écho chez nombre de militants engagés dans d’autres causes, dont les causes syndicales, croit Roger Rashi, d’Alternatives. « Le mouvement syndical québécois souhaite tenir des discussions communes sur des questions environnementales, avance-t-il, notant que c’est en particulier le cas pour les jeunes travailleurs. Les mouvements ouvriers pourront profiter de cette convergence des luttes, notamment pour renouveler leur message et pour gagner en popularité auprès d’une nouvelle génération. »

     

    Cofacilitatrice du groupe de travail Mobilisation et relations internationales, Sarah Sultani souligne l’importance d’intégrer l’environnement dans les autres thèmes qui animeront les discussions du Forum. « Le but est de faire le pont entre les causes. On ne veut pas travailler en vase clos ! » Près du quart des 1200 activités du FSM sera d’ailleurs à caractère environnemental, soit abordé de manière principale ou transversale avec d’autres sujets. « Les gens vont se connaître, ça va rendre la lutte environnementale plus intéressante au Québec. C’est comme une école pour changer le monde », conclut Sarah Sultani.

     

    Les citoyens qui souhaitent voir de plus près les activités du Forum en matière d’environnement sont d’ailleurs invités à passer par la place Pasteur, sur la rue Saint-Denis, près de l’UQAM, dans le cadre d’un espace festif et créatif que les organisateurs comparent à un festival ayant pour thème « Les peuples et la planète avant le profit ». Des tables de présentation seront mises à la disposition des participants qui désirent présenter leur organisation ou leurs projets.













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