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    La surpêche en croissance dans le monde

    Un rapport de la FAO affirme que la grande majorité des stocks de poissons sont exploités à leur maximum

    Un pêcheur recueille les prises d’un bateau, dans un port de Chennai, en Inde.
    Photo: Arun Sankar Agence France-Presse Un pêcheur recueille les prises d’un bateau, dans un port de Chennai, en Inde.

    La situation des pêcheries mondiales ne s’améliore pas, conclut un nouveau rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Pas moins de 90 % des stocks de poissons sont désormais exploités au maximum, ou alors carrément surexploités.

     

    L’édition 2016 de « La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture » démontre ainsi que la surpêche continue de croître, quoique plus lentement au cours des dernières années. Globalement, 31,4 % des stocks de poissons sont actuellement surexploités. C’est trois fois plus qu’il y a 40 ans. Le rapport traite aussi de la « situation alarmante » qui prévaut en mer Méditerranée et en mer Noire, où 59 % des stocks évalués ont été pêchés à des niveaux biologiquement non viables.

     

    D’un rapport à l’autre, on constate d’ailleurs que la situation des pêcheries semble avoir atteint un seuil critique. Le Programme des Nations unies pour l’environnement a ainsi souligné dès 2010 que les océans auront été complètement vidés de leurs ressources halieutiques d’ici 2050. Preuve de l’hécatombe en cours, pas moins de 90 % des gros poissons ont disparu entre 1950 et 2010. On peut citer en exemple la morue, dont les stocks ont été réduits de 99 % dans certaines zones des eaux canadiennes jadis extrêmement poissonneuses.

     

    Au-delà des problèmes liés à la surpêche, le nouveau rapport de la FAO indique qu’une autre part importante des stocks des océans du globe, soit près de 60 % du total, sont « exploités au maximum » de leur capacité, et ce, dans un contexte de croissance continue de la demande mondiale. Le rapport de la FAO indique en effet que la consommation annuelle de poisson par habitant a dépassé pour la première fois les 20 kilos en 2014 (contre 14 kilos en moyenne dans les années 1990), année de référence pour les données publiées cette semaine.

     

    Aquaculture en hausse

     

     

    Cette consommation record a été rendue possible grâce à une croissance « impressionnante » de l’offre de poisson destiné à la consommation humaine provenant de l’industrie de l’aquaculture, souligne la FAO. Alors que le secteur aquacole représentait seulement 7 % de l’offre en 1974, sa proportion est passée à 26 % en 1994 et à 39 % en 2004. En 2014, la production d’animaux aquatiques issus de l’aquaculture s’est établie à 73,8 millions de tonnes, dont un tiers de mollusques, crustacés et autres animaux hormis les poissons.

     

    La croissance du secteur de l’aquaculture doit d’ailleurs se poursuivre, selon l’organisme onusien, au point de représenter 52 % de la production mondiale en 2025. Cette production, qui pourrait alors dépasser les 100 millions de tonnes annuellement, devrait permettre de satisfaire une demande « en très forte hausse ».

     

    « L’énorme potentiel de l’aquaculture est capable d’améliorer l’alimentation humaine et de soutenir les moyens d’existence avec des emplois productifs », souligne le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, en rappelant que l’humanité devrait compter neuf milliards d’habitants en 2050. Déjà, le poisson fournit plus de 20 % de l’apport quotidien en protéines à 3,1 milliards de personnes.

     

    Pêche de capture

     

    Pour le moment, les captures continuent toutefois de représenter la majorité de la production. En 2014, la production mondiale de la pêche de capture s’élevait à 93,4 millions de tonnes, ce qui comprend notamment les prises issues de la pêche continentale, légèrement en hausse ces deux dernières années. Un total de 81,5 millions de tonnes ont été prélevées en mer.

     

    À elles seules, les dix espèces les plus productives ont représenté 27 % environ de la production des pêches de capture marines mondiales. Cependant, « la majeure partie de leurs stocks sont exploités au maximum et n’offrent pas de possibilité d’augmentation de la production ».

     

    Le portrait n’est toutefois pas complet, puisque la pêche illégale représenterait pas moins de 26 millions de tonnes de poisson par an, soit plus de 15 % de la production totale de la pêche de capture dans le monde. « Outre les dégâts sur le plan économique, ces pratiques peuvent menacer la biodiversité et la sécurité alimentaire locales dans de nombreux pays », déplore d’ailleurs la FAO.

     

    Qui plus est, les prises non désirées, et le plus souvent rejetées mortes à la mer, représenteraient grosso modo 10 % de toutes les captures dans le monde. Dans le cas du recours à des techniques destructrices comme le chalutage, ce taux peut grimper jusqu’à 40 %.

     

    Les produits issus de la pêche représentent 1 % du commerce mondial de marchandises en matière de valeur et plus de 9 % du total des exportations agricoles. En 2014, les exportations mondiales s’élevaient à 148 milliards de dollars. Les exportations des produits de la pêche des pays en développement ont rapporté 80 milliards de dollars, « générant ainsi des revenus commerciaux nets plus élevés que ceux liés à la viande, au tabac, au riz et au sucre, tous réunis ».

     

    La FAO insiste donc sur l’importance de développer des pêches plus durables, notamment dans un contexte de bouleversements climatiques. Or la destruction des espèces marines provoquée par l’activité humaine est telle que celles-ci ont reculé de moitié en à peine plus de 40 ans, concluait l’an dernier un rapport du Fonds mondial pour la nature. La surpêche, la pollution et l’impact des changements climatiques constituent les principaux facteurs d’anéantissement de la vie dans les océans de la planète.

     

    Consultez le rapport 2016 de la FAO sur les pêcheries mondiales












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