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    Protection de la biodiversité

    Le sort de trois îles de Laval reste inconnu

    D’une superficie totale de 200 hectares, les trois îles situées au nord de Laval sont au cœur d’une campagne citoyenne visant leur protection depuis 2008.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir D’une superficie totale de 200 hectares, les trois îles situées au nord de Laval sont au cœur d’une campagne citoyenne visant leur protection depuis 2008.

    Plus de quatre ans après avoir mis en réserve trois îles de la rivière des Mille-Îles abritant une très riche biodiversité, le gouvernement du Québec n’est toujours pas en mesure de confirmer si les îles seront achetées et protégées, a appris Le Devoir. Laval et la Communauté métropolitaine de Montréal sont pourtant prêts à aller de l’avant alors que la mise en réserve prenait fin jeudi.

     

    Les trois îles en question sont situées au nord de Laval, dans le secteur de Terrebonne. Il s’agit des îles Saint-Joseph, aux Vaches et Saint-Pierre. D’une superficie totale de 200 hectares, elles sont au coeur d’une campagne citoyenne visant leur protection, et ce, depuis 2008. Le gouvernement a d’ailleurs décrété une mise en réserve en février 2012, réserve qui a été prolongée jusqu’au 5 mai 2016, sans possibilité de renouvellement.

     

    Discussions en cours

     

    Or, les démarches du Devoir auprès du gouvernement n’ont pas permis de savoir si le rachat de ces îles à leurs propriétaires actuels était garanti, afin d’assurer leur protection contre le développement immobilier. Au ministère de l’Environnement, le cabinet du ministre David Heurtel a simplement répondu que « les discussions ont toujours lieu entre les propriétaires et le gouvernement ».

     

    Le cabinet du ministre n’a pas été en mesure de dire si on accorderait bel et bien un statut de protection aux trois îles. « L’étape préalable sera d’abord la préparation d’un plan de conservation. Selon les objectifs de protection, diverses options de statut en matière de conservation sont possibles », a-t-on précisé par courriel.

     

    Du côté du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, le cabinet de Martin Coiteux a également été avare de commentaires sur ce dossier. « Le gouvernement poursuit les engagements qu’il a déjà pris et les discussions se poursuivent entre les partenaires », a simplement répété l’attachée de presse du ministre, Marie-Ève Pelletier. Elle a toutefois réitéré que l’objectif était d’« acquérir » les trois îles.

     

    Question d’argent

     

    Lors de l’étude des crédits de son ministère, le 13 avril dernier, le ministre David Heurtel avait lui aussi indiqué que le gouvernement songeait toujours à une « acquisition de gré à gré », et donc que Québec souhaitait « négocier » avec les propriétaires actuels. « Il est clair que notre objectif, du côté du ministère de l’Environnement, est de voir à ce que ces trois îles, ou du moins des parties de ces trois îles, soient protégées », avait conclu le ministre.

     

    Le hic, avait toutefois souligné M. Heurtel, c’est que les propriétaires réclameraient plus de 90 millions de dollars, alors que le « budget » prévu pour le rachat des îles avoisinerait les « 21 millions de dollars ». Il avait d’ailleurs évoqué « un certain gouffre » sur la question financière.

     

    En entrevue au Devoir, Stéphane Boyer, élu municipal à Laval et président de la Commission de l’environnement de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), a plutôt dit que les propriétaires réclameraient environ 50 millions. Chose certaine, une partie des sommes requises est déjà disponible, puisque Laval est prête à injecter sept millions. Le même montant serait disponible du côté de la CMM. Avec un ajout de sept millions de Québec, le montant de 21 millions équivaudrait approximativement à la valeur foncière actuelle des terrains.

     

    Selon M. Boyer, il revient donc au gouvernement Couillard de poser des gestes. « La balle est dans le camp du gouvernement provincial. Nous sommes toujours en attente d’une réponse de leur part. Nous avons reçu récemment des indications du gouvernement provincial, qui dit être désireux de poursuivre dans ce dossier. Mais il est minuit moins cinq et nous avons eu très peu de signes concrets de négociations. »













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