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    Environnement

    Non au piège Énergie Est

    Un large front commun d’environnementalistes se mobilise contre le projet d’oléoduc

    28 avril 2016 | Éric Pineault, avec la fondation Coule pas chez nous ! * - Auteur de «Le piège Énergie Est. Sortir de l’impasse des sables bitumineux» (Écosociété) | Actualités sur l'environnement
    «Nous appelons la population québécoise, ses représentants et représentantes politiques à former un front commun pour barrer la route à cette menace aux écosystèmes, à notre santé ainsi qu’au climat de la planète.»
    Photo: Olivier Zuida Le Devoir «Nous appelons la population québécoise, ses représentants et représentantes politiques à former un front commun pour barrer la route à cette menace aux écosystèmes, à notre santé ainsi qu’au climat de la planète.»

    Aujourd’hui, nous disons NON à Énergie Est. C’est un refus catégorique et sans compromis que nous affichons à l’endroit du projet d’oléoduc de la compagnie TransCanada, de même qu’à toute tentative d’expansion du complexe des sables bitumineux. Nous appelons la population québécoise, ses représentants et représentantes politiques à former un front commun pour barrer la route à cette menace aux écosystèmes, à notre santé ainsi qu’au climat de la planète. Le rejet d’Énergie Est repose sur notre mobilisation collective. Avec le livre Le piège Énergie Est. Sortir de l’impasse des sables bitumineux, nous voulons fournir aux citoyens et citoyennes un outil pour que ce projet ne voie jamais le jour.

     

    La conférence de Paris en décembre 2015 a abouti à un constat clair : le climat de la planète est « au bord d’un point de rupture ». De cette urgence découle un impératif de transition qui implique et interpelle toutes les nations, tous les êtres humains. Nous devons tourner le dos aux énergies fossiles qui appartiennent au passé. L’histoire exige de nous un avenir où d’autres formes d’énergie, d’autres logiques de production et de consommation prédomineront. Cet impératif écologique implique d’abord que nos gouvernements respectent les engagements qu’ils ont signés à New York ce 22 avril et refusent tout projet qui nous éloigne de ce défi climatique.

     

    Un piège écologique, économique et social

     

    L’oléoduc de TransCanada est bien plus qu’un simple tuyau où couleraient 2000 litres de pétrole à la seconde. C’est un piège écologique, économique et social qui nous enfermerait pour plusieurs décennies dans la dépendance à une croissance dopée aux hydrocarbures extrêmes. Autoriser Énergie Est, c’est s’exposer à des risques majeurs pour des retombées qui affaibliraient à terme notre économie. Au Québec, plus de 860 cours d’eau seraient traversés, dont le fleuve Saint-Laurent. En cas de déversement majeur, les conséquences envisageables sont 36 fois supérieures à celles du déraillement de Lac-Mégantic, menaçant l’eau potable de plus de 5 millions de personnes… Voulons-nous risquer une marée noire dans le fleuve ?

     

    Au-delà des risques qu’il pose en matière d’environnement et de sécurité, accepter Énergie Est, c’est aussi nous soumettre au diktat d’une industrie qui n’a qu’un objectif : extraire le maximum possible de pétrole en saccageant la forêt boréale de l’Ouest canadien et acheminer ce liquide vers les côtes afin de l’exporter sur les marchés internationaux. Il n’y a pas de demande suffisante pour ce pétrole ici au Québec ou dans les provinces maritimes, et ce pétrole n’est pas destiné à nos raffineries, déjà bien approvisionnées. Accepter Énergie Est revient aussi à permettre une augmentation considérable et définitive de l’extraction du pétrole des sables bitumineux pour au moins un demi-siècle ! En un mot, Énergie Est symbolise notre enfermement collectif dans un modèle de société qui nie les dangers que représentent les changements climatiques.

     

    Transition énergétique immédiate

     

    La science des changements climatiques est formelle : 85 % des réserves d’hydrocarbures des sables bitumineux doivent rester dans le sol d’ici 2050 afin d’éviter un dérèglement du climat. Nous ne pouvons faire fi de ce signal d’alarme en ouvrant les vannes à l’industrie pétrolière. Nous ne pouvons ignorer l’impératif de la transition énergétique. C’est là que nous devons investir nos énergies et canaliser notre inventivité. Il faut impérativement éviter une hausse de la température du globe de 2 °C. Le Canada s’est lui-même engagé à poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C pour éviter un emballement climatique et les conséquences néfastes qui en découleraient. Or, arrivé à la pompe, chaque litre de pétrole issu de ce pipeline a déjà contribué à émettre dans l’atmosphère jusqu’à quatre fois plus de CO2 et autres gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel. Au point où, bien avant de manquer de pétrole, nous risquons de nous retrouver à court de ciel pour stocker le CO2 que génère son usage ! Voilà pourquoi il faut bloquer Énergie Est.

     

    Un refus sans compromis possible

     

    Notre non est ferme et sans compromis ; il n’y a pas de « peut-être, on verra ». Énergie Est n’est pas un projet au bénéfice des populations qui habitent le territoire. Certes, il nous lie, de l’Alberta au Nouveau-Brunswick, en passant par le Québec et l’Ontario. Mais le seul véritable lien qu’il représente, c’est le risque que l’on partage de voir nos rivières, nos champs et nos forêts souillés à tout jamais pas un déversement le long du tracé. Il ne constitue en aucun cas un projet de société, à part celui de ne pas être à la hauteur de nos responsabilités et devoirs collectifs envers le climat et les générations futures. Il nous rend complices du programme économique de quelques grandes entreprises détenant des droits d’extraire et dont l’intention se résume à l’expansion de leurs profits.

     

    Notre refus ne relève pas d’une quelconque posture du « pas dans ma cour » ; ses assises sont plus larges et profondes. Il se fonde sur un devoir envers le climat qui prime tout droit à l’extraction. Nous n’en avons pas contre le pétrole, mais l’extraire et le consommer de façon aussi insouciante est désormais une position insoutenable pour l’avenir de la planète. Certains gisements doivent rester sous terre, et les sables bitumineux entrent dans cette catégorie.

     

    Notre irresponsabilité doit cesser.

     

    Le monde nous regarde.

     

    C’est un piège écologique, économique et social qui nous enfermerait pour plusieurs décennies dans la dépendance à une croissance dopée aux hydrocarbures extrêmes.



    * Ont également signé celle lettre: Fondation Coule pas chez Nous!, Écosociété, Nature Québec, Greenpeace, Équiterre, Fondation David Suzuki, Eau Secours, Association québécoise contre la pollution atmosphérique (AQLPA), Alternatives, Fondation Rivières, Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE), Confédération des syndicats nationaux (CSN), Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, Conseil central du Montréal métropolitain, ENvironnement JEUnesse, Regroupement vigilance hydrocarbure Québec, AmiEs de la Terre de Québec, Union paysanne, Stop oléoduc Capitale-Nationale, Stop oléoduc Montmagny-L’Islet, Stop oléoduc Portneuf–Saint-Augustin, Stop oléoduc Kamouraska, Stop oléoduc Bellechasse-Lévis, Mur de femmes contre les oléoducs et les sables bitumineux, Mobilisation environnement Ahuntsic-Cartierville, Enjeux énergies et environnement, Regroupement citoyen contre les bitumineux et pour le développement durable, Justice climatique Montréal, Alerte pétrole Rive-Sud, Environnement Vert Plus, Comité citoyen environnemental de l’est de Montréal, Villeray en transition, Prospérité sans pétrole, Oléoduc Laval en amont (OLEA), Marche des peuples pour la Terre Mère, NON à une marée noire dans le Saint-Laurent, Coalition Vigilance Oléoducs (CoVO), L’Association madelinienne pour la sécurité énergétique et environnementale, Regroupement citoyen Saint-Marc-sur-Richelieu, Collectif moratoire alternatives vigilance intervention, Les citoyens au courant, Action Environnement Basses-Laurentides, Collectif moratoire alternatives vigilance intervention, Mobilisation Environnement Ahuntsic-Cartierville, Action Climat Montréal, Saint-Antoine-de-Tilly-Milieu de vie, Conseil des Canadiens, chapitre Montréal, Syndicat des étudiants et étudiantes salarié-e-s de l’Université du Québec à Rimouski (SEES-UQAR), Association madelinienne pour la sécurité énergétique et environnementale, Association générale des étudiant-e-s du campus de Rimouski (AGECAR), Le Regroupement des étudiantes et étudiants en biologie (REEB) de l’UQAR, Manon Massé, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques et porte-parole en matière environnementale pour Québec solidaire, Craig Sauvé, conseiller de la ville Saint-Henri–Petite-Bourgogne–Pointe-Saint-Charles, Projet Montréal, Xavier Barsalou-Duval, député fédéral de Pierre-Boucher-Les Patriotes-Verchères (Bloc québécois), Gérard Jean, maire de Lanoraie, Widia Larivière, Idle No More, Mélissa Mollen Dupuis, Idle No More, Laure Waridel, Annie Roy (ATSA), Dominic Champagne, Ianik Marcil, Christian Vanasse, Jean Baril, professeur de droit au Département des sciences juridiques de l’UQAM, Lucie Sauvé, Directrice du Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté de l’UQAM, Robert Laplante, IREC, Eve Lamont, réalisatrice du film Pas de pays sans paysan, Olivier D. Asselin, réalisateur du film Pipelines, pouvoir et démocratie, Andrés Fontecilla, président et coporte-parole de Québec solidaire, Camil Bouchard, militant












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